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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2505342

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2505342

mercredi 17 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2505342
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDORIER-SAMMUT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes a été saisi par M. A... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester un avis de saisie administrative à tiers détenteur émis pour le recouvrement d’amendes forfaitaires majorées. Le juge a rejeté la requête comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, estimant que les litiges relatifs aux amendes forfaitaires pour infractions au code de la route relèvent de la compétence des tribunaux judiciaires, en application des articles 521 et 707-1 du code de procédure pénale et du décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Nicole Dorier-Sammut demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis de saisie administrative à tiers détenteur du 13 mars 2025 dont il fait l'objet pour le recouvrement d'amendes forfaitaires majorées, ensemble le rejet de son recours gracieux ;

2°) de condamner la direction départementale des finances publiques du Gard à lui verser la somme de 1 500 euros au titre des sommes prélevées sur son compte ainsi qu'une somme de 2 000 euros à titre de procédure abusive ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 16 octobre 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

En vertu de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif sont habilités à rejeter par ordonnance les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative.

Aux termes de l’article L. 121-5 du code de la route : « Les règles relatives à la procédure de l'amende forfaitaire applicable à certaines infractions au présent code sont fixées aux articles 495-17 à 495-25 et 529-7 à 530-4 du code de procédure pénale (…) ». Aux termes de l’article 521 du code de procédure pénale : « Le tribunal de police connaît des contraventions. ». Aux termes de l’article 707-1 du code de procédure pénale : « (…) les poursuites pour le recouvrement des amendes et l’exécution des confiscations en valeur sont faites au nom du procureur de la République, par le comptable public compétent (…) ». Aux termes de l’article 2 du décret du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables directs de la direction générale des finances publiques : « (…) / 4° La mise en recouvrement des amendes forfaitaires majorées est effectuée dans les conditions et selon les modalités prévues par les articles R. 49-5, R. 49-6 et R.49-6-1 du code de procédure pénale ». Aux termes de l’article 6-1 du même décret : « Lorsque le débiteur d’amendes ou de condamnations pécuniaires ne s’est pas acquitté spontanément de sa dette (…), ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées (…) par voie de saisie administrative à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales dépositaires, détentrices ou débitrices de sommes appartenant ou devant revenir au débiteur ».

Les litiges relatifs à la contestation d’amendes forfaitaires infligées à raison d’infractions au code de la route concernent la procédure pénale et relèvent, en conséquence, de la compétence des tribunaux de l’ordre judiciaire et non de celle des tribunaux administratifs. Par conséquent, il n’appartient qu’aux juridictions judiciaires de se prononcer sur la présente requête. Il y a donc lieu de rejeter la requête susvisée par application des dispositions précitées du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....



Fait à Nîmes, le 17 décembre 2025.


Le président de la 3ème chambre,




P. PERETTI



La République mande et ordonne au préfet du Gard et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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