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AccueilJurisprudence administrativeN° TA30-2505444

Tribunal Administratif de Nîmes — Décision N° TA30-2505444

mardi 23 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nîmes
SectionTribunal Administratif de Nîmes
N° DossierTA30-2505444
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nîmes, par une ordonnance du 23 décembre 2025, a rejeté la requête de Mme A... et Mme C... contestant la décision de la caisse d'allocations familiales du Gard concluant à la non-décence de leur logement. Le juge a estimé que ce litige, fondé sur la loi du 6 juillet 1989 relative aux rapports locatifs, relève de la compétence du tribunal judiciaire et non de la juridiction administrative. En application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, la requête a été rejetée pour incompétence manifeste de la juridiction administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 décembre 2025, Mme D... A... et Mme E... C... demandent au tribunal d'annuler la décision du 17 juillet 2025 de la caisse d'allocations familiales du Gard concluant à la non décence de leur logement situé 57, quai Colbert au Grau du Roi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 2( Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (...). ».

2. Aux termes de l’article 32 du décret du 27 février 2015 : « Lorsqu'une juridiction de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. (…) ».

3. Aux termes de l’article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs : « Si le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6, le locataire peut demander au propriétaire sa mise en conformité sans qu'il soit porté atteinte à la validité du contrat en cours. A défaut d'accord entre les parties ou à défaut de réponse du propriétaire dans un délai de deux mois, la commission départementale de conciliation peut être saisie et rendre un avis dans les conditions fixées à l'article 20. La saisine de la commission ou la remise de son avis ne constitue pas un préalable à la saisine du juge par l'une ou l'autre des parties. L'information du bailleur par l'organisme payeur de son obligation de mise en conformité du logement, telle que prévue à l'article L. 843-1 du code de la construction et de l'habitation, tient lieu de demande de mise en conformité par le locataire. Le juge saisi par l'une ou l'autre des parties détermine, le cas échéant, la nature des travaux à réaliser et le délai de leur exécution. Il peut réduire le montant du loyer ou suspendre, avec ou sans consignation, son paiement et la durée du bail jusqu'à l'exécution de ces travaux. Le juge transmet au représentant de l'Etat dans le département l'ordonnance ou le jugement constatant que le logement loué ne satisfait pas aux dispositions des premier et deuxième alinéas de l'article 6 ».
4. Aux termes de l’article R. 221-38 du code de l’organisation judiciaire : « Le tribunal d'instance connaît des actions dont un contrat de louage d'immeubles à usage d'habitation ou un contrat portant sur l'occupation d'un logement est l'objet, la cause ou l'occasion, ainsi que des actions relatives à l'application de la loi n° 48-1360 du 1er septembre 1948 portant modification et codification de la législation relative aux rapports des bailleurs et locataires ou occupants de locaux d'habitation ou à usage professionnel et instituant des allocations de logement. »

5. La décision rendue par la caisse d’allocations familiales du Gard a été prise sur le fondement des dispositions de la loi du 6 juillet 1989, fixant les modalités selon lesquelles l’organisme payeur des allocations de logement cesse de verser toute aide au locataire d’un logement qui ne répond pas aux conditions de décence. Or ce litige ne ressortit pas à la compétence de la juridiction administrative, mais de celle du tribunal judiciaire. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A... et de Mme C... doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête n°2505444 de Mme A... et de Mme C... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... A... et Mme E... C....


Fait à Nîmes, le 23 décembre 2025.


Le président de la 3ème chambre,




P. PERETTI


La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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