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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2005766

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2005766

vendredi 20 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2005766
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantMALBERT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 13 novembre 2020, 24 novembre 2020, 22 juin 2022 et le 21 juillet 2022, un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 28 juillet 2023, et un mémoire du 8 septembre 2023, Mme C J, M. I L et Mme Q H, M. B A, Mme M E, Mme K E, M. N F, M. P G, représentés par Me Moly, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de prendre acte du retrait de l'arrêté du 30 janvier 2020 par lequel le maire de la commune d'Albi a autorisé la société O à construire un parking pour bus, un atelier de réparation et d'entretien de bus, une station de lavage et à implanter une cuve à fuel sur un terrain situé au R à Albi, par arrêté du 8 février 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Albi et de la société O une somme de 11 655 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le projet, qui consiste en la construction d'un bâtiment de type entrepôt de plus de 200 m² destiné à la réparation et à l'entretien de bus, destiné à une activité industrielle, méconnaît les dispositions de l'article Ua1-1 du plan local d'urbanisme (PLU) qui interdit la construction de bâtiments industriels ;

- le projet est incompatible avec la destination de la zone ;

- la notice du volet paysager du dossier de demande n'a pas permis à l'autorité administrative de se prononcer sur le projet dès lors qu'il était insuffisant et omettait de mettre en évidence l'habitation existante située en limite séparative du projet, les activités de loisir impliquant l'accueil du public ;

- les différentes pièces du dossier révèlent des mesures différentes qui ne permettront pas au projet d'être conforme au permis et rendent impossible la délivrance d'une déclaration d'achèvement et de conformité des travaux ;

- le dossier est incomplet et ne décrit pas les clôtures et aménagements paysagers ;

- il comporte des lacunes s'agissant des places de parking et des obligations qui en découlent, mal définies dans le dossier alors que les espaces de manœuvres ne peuvent être respectés à la lecture des plans ;

- la définition des accès comporte également des lacunes et éléments contradictoires entre un accès occasionnel et principal dont les dimensions ne correspondent pas à l'activité ;

- l'étude hydrologique obligatoire n'est pas jointe au dossier de demande, lui conférant un caractère incomplet ;

- le dossier ne comporte aucun élément relatif à la gestion des eaux usées issues de la centrale de lavage ;

- le dossier ne comporte aucun élément relatif à la capacité et l'installation de la cuve de carburant ;

- l'avis rendu par le préfet sur le projet portait sur une ancienne demande et n'était pas relatif à ce projet dont la demande a été déposée le 19 novembre 2019 alors que le décret du 28 octobre 2019 est entré en vigueur depuis ;

- l'article Ua1-11-2 du PLU qui impose des clôtures proportionnées aux constructions en bordure des limites séparatives a été méconnu ;

- l'emplacement du bassin de rétention d'eau et du filtre à carburant qui engendrent des risques pour l'environnement n'ont pas permis de respecter l'article Ua1-11-3 qui prescrit des impératifs liés aux aspects extérieurs et aménagements des abords n'a pas été respecté, s'agissant de la plantation de haies vives ;

- les seize places de stationnement de bus impliquaient la plantation d'un arbre de haute tige tous les quatre emplacements en application de l'article Ua1-13 du PLU ;

- le projet comporte un risque d'inondation dès lors que le réseau public des eaux pluviales n'est pas adapté ;

- le réseau d'assainissement et de gestion des eaux usées est inadapté pour recevoir une centrale de lavage de bus ;

- l'installation de la cuve de carburant aurait dû faire l'objet, a minima, d'une déclaration au sens de l'article R. 511-9 du code de l'environnement qui aurait dû être jointe au dossier de demande de permis de construire conformément aux dispositions de l'article R. 431-20 du code de l'urbanisme ;

- les emplacements du bassin de rétention et de la cuve de carburant en limites parcellaires sont contraires au plan de prévention des risques approuvé le 13 janvier 2009 par le préfet du Tarn.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 mars 2022, le 6 juillet 2022, et le 5 septembre 2023, la commune d'Albi, représentée par Me Lecarpentier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'autorisation a été retirée par arrêté du 8 février 2022 ;

- la requête est tardive ;

- l'article UA1/11 est inopérant ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 5 juillet 2022 et le 13 septembre 2023, la société O, représentée par Me Malbert, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'autorisation a été retirée par arrêté du 8 février 2022 ;

- la requête est irrecevable faute pour les requérants de justifier d'un intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par lettre datée du 24 novembre 2020, Me Moly a indiqué qu'en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, Mme J a été désignée comme étant la représentante unique des signataires de la requête n° 2005766.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Matteaccioli, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Moly, représentant les requérants, de Me Lecarpentier pour la commune d'Albi, et de Me Malbert pour la société O.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 30 janvier 2020, le maire de la commune d'Albi a autorisé la société O à construire un parc de stationnement pour bus et un atelier de réparation et d'entretien de ces bus sur des parcelles cadastrées sous les n°s , situées au S B T à Albi. Mme J et d'autres voisins ont exercé un recours gracieux contre cette autorisation, rejeté implicitement par le maire d'Albi. Ils demandent l'annulation de ce permis de construire.

2. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 8 février 2022, communiqué dans le cadre de la présence instance, par la commune d'Albi, dans son mémoire du 5 septembre 2023, le maire d'Albi a retiré, sur la demande du pétitionnaire, le permis de construire accordé le 30 janvier 2020. Il ressort également des pièces du dossier qu'à la date du présent jugement, cet arrêté est définitif. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ce permis de construire sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune d'Albi et de la société O présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu en revanche, de mettre à la charge solidaire de la commune d'Albi et de la société O, une somme de 3 000 euros à verser aux requérants sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation du permis de construire délivré à la société O par arrêté du 30 janvier 2020 du maire d'Albi.

Article 2 : La commune d'Albi et la société O verseront solidairement une somme de 3 000 euros aux requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C J, à la commune d'Albi et à la société O.

Délibéré après l'audience du 9 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lequeux, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 octobre 2023.

La rapporteure,

A. LEQUEUX

Le président,

P. GRIMAUDLa greffière,

M. D

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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