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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2100036

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2100036

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2100036
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 janvier 2021, le 4 août 2021, le 31 janvier 2022, le 21 décembre 2022 et le 4 juillet 2023, Mme B E, M. G A et Mme C F, représentés par Me Larrouy-Castéra, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 novembre 2019 par lequel le maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat a accordé à M. et Mme D un permis de construire pour la création d'une maison d'habitation avec garage non attenant sur un terrain situé 28 b route de Barranquet, ensemble les décisions de rejet de leurs recours gracieux ;

2°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat a accordé à M. et Mme D un permis de construire modificatif portant sur ce même projet ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Lapeyrouse-Fossat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

Sur la légalité du permis de construire initial :

- le dossier de demande de permis de construire comprend plusieurs contradictions sur la superficie du terrain d'assiette du projet, sur son insertion dans un lotissement et sur sa déclivité ;

- il est incomplet, en méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, dès lors que la notice descriptive du projet ne mentionne pas suffisamment son environnement, notamment la forme et la couleur des maisons avoisinantes et la présence d'un parc à proximité ainsi que les modalités d'aménagement des accès au terrain d'assiette ;

- il est incomplet, en méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan de masse ne fait pas figurer les arbres supprimés, conservés et plantés sur le terrain d'assiette du projet ;

- il est incomplet, en méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan de coupe ne fait pas apparaître le profil du terrain et que les prises de vue représentant l'environnement du projet sont peu nettes et ne représentent pas les accès au projet ;

- l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme dès lors que, si les pétitionnaires ont obtenu une décision de non-opposition en vue de créer un lot à construire le 30 novembre 2015, ils n'ont pas entendu explicitement s'en prévaloir et qu'en tout état de cause, la cristallisation des règles d'urbanisme applicables prévue par cet article ne s'applique pas en l'absence de tout transfert de propriété ou de jouissance du lot ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors que l'emprise au sol du projet est supérieure à 5 % ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors qu'en raison de la déclivité du terrain, la hauteur au niveau de la sablière de la construction dépasse la limite de 7 mètres imposée par cet article ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors que les places de stationnement prévues par le projet ne sont pas toutes accessibles en même temps ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la configuration des places de stationnement prévues empêche la manœuvre des véhicules du service de défense contre l'incendie et de secours ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors que tous les arbres abattus ne sont pas replantés, que le projet ne prévoit pas de végétalisation et que le pourcentage de l'unité foncière maintenu en espace végétalisé est insuffisant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors qu'il n'est pas établi que les pétitionnaires disposent d'une servitude de passage pour accéder à la voie publique ;

Sur la légalité du permis de construire modificatif du 4 juin 2021 :

- le dossier de demande de permis de construire modificatif est incomplet s'agissant de la description de l'insertion paysagère du projet et de la description de son environnement proche ;

- il comporte des inexactitudes et omissions, notamment s'agissant de la déclivité du terrain, de l'existence de travaux de terrassement, et de la description des modifications apportées au permis de construire initial ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme étaient inapplicables, le délai de cinq ans à compter de la décision de non-opposition à déclaration préalable prévu par cet article étant écoulé à la date de la demande de permis de construire modificatif ;

- l'arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors qu'il permet l'utilisation d'une couleur pour les encadrements et ouvertures qui aurait dû être proscrite en application de l'article UC 11 du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat ;

- il est entaché d'une erreur de droit dès lors que les pétitionnaires auraient dû, eu égard à l'ampleur des modifications apportées au projet, déposer une nouvelle demande de permis de construire ;

- il méconnaît l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat dès lors que l'emprise au sol du projet est supérieure à 5 % ;

Par voie d'exception, sur la modification de l'article UC 9 du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat approuvée le 24 mai 2022 :

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle consiste à augmenter le coefficient d'emprise au sol pour les habitations situées en zone UC raccordées au réseau d'assainissement collectif alors même qu'il ressort des conclusions de la commissaire-enquêtrice que le réseau d'assainissement collectif est insuffisant et que la zone UC est définie par le règlement du plan comme une zone dans laquelle les habitations ne sont pas raccordées à l'assainissement collectif.

Par trois mémoires en défense, enregistrés le 14 juin 2021, le 17 décembre 2021 et le 13 janvier 2023, la commune de Lapeyrouse-Fossat, représentée par Me Courrech, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que le tribunal sursoie à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et en tout état de cause, à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2022, M. et Mme D, représentés par Me Vimini, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants n'ont pas intérêt à agir ;

- à titre subsidiaire, les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 26 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 octobre 2023.

Un mémoire présenté pour la commune de Lapeyrouse-Fossat et enregistré le 6 octobre 2023 n'a pas été communiqué.

Par un courrier du 4 décembre 2023, le tribunal a, en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, informé les parties qu'en application de ces dispositions, il est susceptible de juger que si les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme et de la méconnaissance des articles UC 9 et UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat sont fondés, ils se rapportent à des vices pouvant être régularisés.

Par un jugement n° 2100036 du 10 janvier 2024, le tribunal a sursis à statuer sur les conclusions des requérants pour permettre à M. et Mme D de régulariser les vices relevés aux points 22, 31 et 35 de ce jugement jusqu'à l'expiration d'un délai fixé à trois mois et a réservé tous autres droits et moyens des parties jusqu'en fin d'instance.

Par un bordereau de communication de pièces du 11 avril 2024, la commune de Lapeyrouse-Fossat, représentée par Me Courrech, a communiqué au tribunal l'arrêté du 8 avril 2024 par lequel le maire de cette commune a délivré à Mme D un permis de construire modificatif.

Par des mémoires enregistrés le 19 avril 2024 et le 21 juin 2024, Mme B E, M. G A et Mme C F, représentés par Me Larrouy-Castéra, concluent aux mêmes fins que précédemment et demandent en outre au tribunal d'annuler l'arrêté du 8 avril 2024 du maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire modificatif en litige méconnaît les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il est entaché d'incohérences concernant la superficie du terrain d'assiette du projet et les parcelles dont celui-ci est composé ;

- il méconnaît les dispositions du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire modificatif du 8 avril 2024 méconnaît les dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme dès lors que la commune de Lapeyrouse-Fossat n'a pas à nouveau saisi pour avis les différents services intéressés par le projet ;

- il méconnaît les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat ;

- il méconnaît les prescriptions contenues dans l'arrêté du maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat du 11 janvier 2021 accordant au pétitionnaire un permis de construire modificatif portant sur ce même projet ;

- il méconnaît les prescriptions du plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux imposant des règles relatives aux constructions de maisons individuelles ;

- il n'a pas pour effet de régulariser les vices relevés par le jugement avant dire droit du 10 janvier 2024.

Par un mémoire, enregistré le 7 juin 2024, la commune de Lapeyrouse-Fossat, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les vices constatés dans le jugement avant dire droit ont été régularisés par le permis de construire modificatif du 8 avril 2024.

Par ordonnance du 21 juin 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 5 juillet 2024.

Un mémoire présenté par la commune de Lapeyrouse-Fossat a été enregistré le 5 juillet 2024 et n'a pas été communiqué.

Par lettre datée du 8 janvier 2021, en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative, Me Larrouy-Castéra a été invité à communiquer au tribunal le nom du requérant qui devra être rendu destinataire de la notification de la décision à venir. En l'absence de réponse, il a été informé le 20 novembre 2023 que la décision juridictionnelle sera notifiée à Mme B E, première dénommée sur la requête, désignée comme représentante unique des signataires de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,

- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,

- les observations de Me Cadiou, substituant Me Larrouy-Castera, représentant les requérants,

- les observations de Me Marti, substituant Me Courrech, représentant la commune de Lapeyrouse-Fossat,

- et les observations de Me Vimini, représentant M. et Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme D ont présenté, le 15 octobre 2019, une demande de permis de construire une maison individuelle avec garage non attenant sur un terrain situé 28 b route de Barranquet à Lapeyrouse-Fossat (Haute-Garonne), pour lequel ils avaient obtenu une décision de non-opposition à division foncière le 30 novembre 2015. Par un arrêté du 21 novembre 2019, le maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat leur a délivré le permis sollicité. Trois recours gracieux ont été exercés contre cet arrêté par Mme E, M. A et Mme F les 7 et 10 septembre 2020, lesquels ont été implicitement rejetés. Par deux arrêtés du 11 janvier 2021 et du 4 juin 2021, le maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat a délivré à M. et Mme D des permis de construire modificatifs. Par un jugement n° 2100036 du 10 janvier 2024, le tribunal a sursis à statuer sur les conclusions des requérants pour permettre à M. et Mme D de régulariser les vices relevés aux points 22, 31 et 35 de ce jugement jusqu'à l'expiration d'un délai fixé à trois mois et a réservé tous autres droits et moyens des parties jusqu'en fin d'instance. Par un arrêté du 8 avril 2024, le maire de la commune de Lapeyrouse-Fossat a délivré à Mme D un permis de construire modificatif.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le caractère complet et cohérent du dossier de demande du permis de construire modificatif en litige :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. En outre, si la régularité de la procédure d'instruction d'un permis de construire requiert la production par le pétitionnaire de l'ensemble des documents exigés par les articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, le caractère insuffisant du contenu de l'un des documents ne constitue pas nécessairement une irrégularité de nature à entacher la légalité de l'autorisation si l'autorité compétente est en mesure, grâce aux autres pièces produites, d'apprécier l'ensemble des critères énumérés par ces mêmes dispositions.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

4. Si le dossier de demande du permis de construire modificatif accordé aux pétitionnaires le 8 avril 2024 ne comporte pas, contrairement aux exigences des dispositions du code de l'urbanisme citées au point précédent, de documents photographiques permettant de situer le terrain dans son environnement proche et lointain, il comprend un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. En outre, les dossiers du permis de construire initial et des permis de construire modificatifs des 11 janvier et 4 juin 2021 comportent des documents photographiques, de telle sorte que le vice entachant le dossier de demande du permis de construire modificatif du 8 avril 2024 est compensé par les pièces de ces précédents dossiers. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

5. En deuxième lieu, s'il est indiqué dans le formulaire Cerfa que le terrain d'assiette du projet est d'une superficie de 735 m2 et qu'il est composé des parcelles cadastrées sous les numéros B 3270 et B 3732, la notice descriptive, le plan de bornage et de division et le plan de masse joints au dossier de demande de permis de construire modificatif font état d'une superficie de 775 m2 et de ce que le terrain d'assiette du projet comprend les parcelles cadastrées B 3270 et B 3271. Le dossier de demande de permis de construire comporte ainsi une incohérence sur ce point. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que celle-ci aurait été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable, dès lors notamment que l'arrêté en litige mentionne la superficie réelle du terrain d'assiette ainsi que les parcelles qui le composent.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : / () / f) Lorsque la construction projetée est subordonnée par un plan de prévention des risques naturels prévisibles ou un plan de prévention des risques miniers approuvés, ou rendus immédiatement opposables en application de l'article L. 562-2 du code de l'environnement, ou par un plan de prévention des risques technologiques approuvé, à la réalisation d'une étude préalable permettant d'en déterminer les conditions de réalisation, d'utilisation ou d'exploitation, une attestation établie par l'architecte du projet ou par un expert certifiant la réalisation de cette étude et constatant que le projet prend en compte ces conditions au stade de la conception ; / () ". Aux termes de l'article II.1 du titre II du règlement du plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux applicable sur le territoire de la commune de Lapeyrouse-Fossat : " Pour déterminer les conditions précises de réalisation, d'utilisation et d'exploitation du projet au niveau de la parcelle, il est prescrit la réalisation d'une étude géotechnique sur l'ensemble de la parcelle, définissant les dispositions constructives et environnementales nécessaires pour assurer la stabilité des bâtiments vis-à-vis du risque de tassement différentiel et couvrant les missions géotechniques de type G12 (étude géotechnique d'avant-projet) () ". Aux termes des dispositions du titre III de ce règlement, relatives aux mesures dérogatoires applicables aux maisons individuelles : " Pour les maisons individuelles et leurs extensions, à défaut de réaliser une étude géotechnique, un ensemble de dispositions structurales et de dispositions concernant l'environnement immédiat du projet (forfait de mesures) devra être respecté dans sa totalité afin de prévenir les risques de désordres géotechniques. / Article III. 2- Mesures forfaitaires de construction : En l'absence de la réalisation de l'étude géotechnique, telle que définie à l'article II.1. du titre II, est prescrit l'ensemble des mesures suivantes (forfait de mesures) : / () / Dans le cas où l'ensemble des mesures forfaitaires n'est pas applicable pour des motifs réglementaires ou techniques, alors l'étude géotechnique devient obligatoire. Cela peut être le cas de zone urbaine dense avec un petit parcellaire. / () ".

7. Les dispositions précitées du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme exigent la production d'une attestation signée par l'architecte du projet ou par un expert lorsque le plan de prévention des risques impose la réalisation d'une étude géotechnique. Or l'article III.2 du titre 3 du règlement précité n'exige pas la réalisation d'une telle étude pour les maisons individuelles, sauf lorsque les mesures dites forfaitaires prévues par le plan pour de telles constructions ne peuvent pas être appliquées. En l'espèce, il ressort de l'arrêté de permis de construire du 21 novembre 2019, dont les prescriptions sont reprises par l'arrêté de permis de construire modificatif du 8 avril 2024, que le projet de construction en litige est soumis au respect de ces mesures, de telle sorte qu'aucune étude géotechnique n'était requise. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme doit, dès lors, être écarté comme inopérant.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme :

8. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

9. Les requérants n'établissent pas que les modifications apportées au projet par le permis de construire modificatif en litige auraient affecté de manière substantielle les modalités de raccordement de celui-ci aux différents réseaux publics ou ses modalités d'accès, de telle sorte que de nouveaux avis des services gestionnaires des eaux, de l'électricité ou de la voirie auraient été nécessaires. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat :

10. Aux termes de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat, dans sa version applicable à la date d'octroi du permis de construire modificatif en litige : " L'emprise au sol maximale (se référer à la définition de l'emprise au sol dans les dispositions générales) est limitée à 15% de l'unité foncière dans la mesure où la construction projetée est raccordée à l'assainissement collectif. / L'emprise au sol maximale (se référer à la définition de l'emprise au sol dans les dispositions générales) est limitée à 5% de l'unité foncière pour les terrains desservis en assainissement individuel ".

11. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire modificatif accordé le 8 avril 2024 a modifié l'emprise au sol du projet de construction en litige, situé sur un terrain non desservi par l'assainissement collectif, en la réduisant à 38,75 m2. La superficie totale de la parcelle étant de 775 m2, une telle emprise au sol représente 5 % de cette superficie, conformément aux exigences des dispositions précitées de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat. Si les requérants soutiennent que cette emprise au sol est de 38,753 m2, il y a lieu, en l'absence de dispositions contraires dans le plan local d'urbanisme de la commune, d'arrondir ce résultat au centième inférieur dès lors que le troisième chiffre après la virgule est inférieur à 5. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article UC 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions de l'arrêté portant permis de construire modificatif du 11 janvier 2021 :

12. Aux termes de l'article UC 11 du règlement du PLU : " () / La teinte des façades et des clôtures maçonnées devra respecter la palette des couleurs en place de l'Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine (cf. en annexe) ".

13. Si le permis de construire modificatif du 8 avril 2024 modifie la couleur du crépi des encadrements des fenêtres de la construction en prévoyant qu'elles seront de couleur grège, cette teinte étant référencée dans la palette des couleurs de l'Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine annexée au plan local d'urbanisme de la commune de Lapeyrouse-Fossat, il n'apporte aucune modification au projet concernant les couleurs des ouvertures, descentes et gouttières de la construction, dont la notice descriptive jointe au dossier de permis de construire modificatif du 4 juin 2021 prévoyait déjà qu'elles seraient de couleur gris anthracite, ce qui correspond à une référence RAL 7016. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le permis de construire modificatif délivré le 8 avril 2024 méconnaîtrait les prescriptions de l'article 2 de l'arrêté du 11 janvier 2021 doit être écarté comme inopérant. En tout état de cause, il ressort des termes de cet arrêté que le choix de la couleur gris anthracite n'est proscrit que pour le crépi des encadrements des fenêtres de la construction et que la commune de Lapeyrouse-Fossat n'a ainsi pas entendu l'interdire pour les menuiseries des ouvertures, les gouttières et les descentes.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance des prescriptions du plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux :

14. Si les requérants soutiennent que le permis de construire modificatif délivré le 8 avril 2024 ne prend pas en compte les prescriptions du plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux dès lors que l'attestation prévue par les dispositions du f) de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme n'a pas été jointe au dossier de demande, il résulte de ce qui a été énoncé au point 7 du présent jugement que ce dossier n'avait pas à comporter une telle attestation. En outre, il ressort des termes de l'article 2 de l'arrêté du 21 novembre 2019 portant permis de construire initial que celui-ci a été assorti d'une prescription tenant au respect, par le projet de construction, des mesures définies par le plan de prévention des risques naturels concernant les mouvements différentiels de terrain liés au phénomène de retrait-gonflement des sols argileux applicable sur le territoire de la commune de Lapeyrouse-Fossat et que l'arrêté du 8 avril 2024 comprend un article 2 qui dispose que " les réserves et prescriptions contenues dans l'arrêté du permis de construire d'origine sont maintenues ". Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire modificatif du 8 avril 2024 ne prend pas en compte les prescriptions contenues dans ce document. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la régularisation des vices constatés dans le jugement avant dire droit du 10 janvier 2024 :

15. Il résulte de ce qui a été énoncé aux points 11 et 13 du présent jugement que les vices relevés aux points 31 et 35 du jugement avant dire droit ont été régularisés par le permis de construire modificatif délivré le 8 avril 2024. En outre, il résulte des termes de cet arrêté qu'il n'est plus fondé sur les dispositions de l'article L. 442-14 du code de l'urbanisme, de telle sorte que le vice tiré de la méconnaissance de ces dispositions a également été régularisé.

16. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire initial accordé le 21 novembre 2019 et des permis de construire modificatifs du 4 juin 2021 et du 8 avril 2024. Leur requête doit donc être rejetée.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E, M. A et Mme F est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Lapeyrouse-Fossat et de M. et Mme D présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à la commune de Lapeyrouse-Fossat et à M. et Mme D.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Lequeux, conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.

La rapporteure,

E. LUCAS

Le président,

P. GRIMAUDLa greffière,

M.-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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