mardi 13 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2100738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête, une pièce complémentaire et un mémoire, enregistrés les 9 et 11 février 2021 et 17 mars 2023 sous le n° 2100738, M. L G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2020, par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a radié des cadres à compter du 6 décembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation, dès lors qu'il ne précise pas les raisons pour lesquelles l'imputabilité au service lui a été refusée ;
- il est entaché de vice de forme, dès lors qu'il ne vise pas la demande de retraite pour invalidité imputable au service qu'il a formulée ;
- il a été pris au terme d'un procédure irrégulière, dès lors que le requérant n'a pas été informé de la faculté de consulter son dossier individuel et médical ;
- il est entaché d'erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis des avis de la commission de réforme et de l'avis du médecin expert du 6 décembre 2020 ;
- il est entaché d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il existe un lien direct et certain entre sa pathologie et le service ; sa pathologie est imputable au service ; l'imputabilité au service de sa pathologie n'a pas été examinée ; il aurait dû faire l'objet d'une nouvelle expertise ; la commission de réforme n'a pas instruit sa demande ; les conditions de travail du requérant sont à l'origine de sa pathologie et aucun élément ne permet de détacher sa pathologie du service ;
- l'avis de la commission de réforme méconnait l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dès lors que cet avis n'a pas été motivé.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
II- Par une requête, une pièce complémentaire et un mémoire, enregistrés les 9 et 11 février 2021 et 17 mars 2023 sous le n° 2100739, M. L G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 septembre 2020, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a admis à la retraite par voie d'invalidité non imputable au service, ensemble la décision du 23 décembre 2020, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté son recours gracieux formé le 10 novembre 2020 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant des décisions du 17 septembre 2020 et du 23 décembre 2020 :
- les décisions attaquées sont entachées d'un défaut de motivation en droit et en fait ;
- elles ont été prises au terme d'un procédure irrégulière, dès lors que le requérant n'a pas été informé de la faculté de consulter son dossier individuel et médical ;
- elles sont entachées d'erreur de droit, dès lors que le préfet s'est cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis de l'avis de la commission de réforme ;
- elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il existe un lien direct et certain entre sa pathologie et le service ; sa pathologie est imputable au service ; l'imputabilité au service de sa pathologie n'a pas été examinée ; il aurait dû faire l'objet d'une nouvelle expertise ; la commission de réforme n'a pas instruit sa demande ; les conditions de travail du requérant sont à l'origine de sa pathologie et aucun élément ne permet de détacher sa pathologie du service ;
- l'avis de la commission de réforme méconnait l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dès lors que cet avis n'a pas été motivé ;
S'agissant de la décision du 23 décembre 2020 :
- elle est entachée d'incompétence.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
III. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2021 et 17 mars 2023 sous le n° 2103550, M. L G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle en date du 28 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité sud de reconnaître sa pathologie comme maladie professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'un procédure irrégulière, dès lors la commission de réforme et/ou le médecin-expert n'ont pas été saisis ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors qu'à la date de la décision implicite de rejet la commission de réforme n'avait pas été saisie ; celle-ci s'est réunie le 16 septembre 2021 ;
- la demande de reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle n'est pas hors délai ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il existe un lien direct et certain entre sa pathologie et le service ; sa pathologie est imputable au service comme en atteste le certificat médical de son médecin généraliste le Dr E en date 6 février 2021 et l'expertise du docteur B en date du 16 mars 2023 ;
- le témoignage de M. F, auquel se réfère l'administration, ne figure pas au dossier ; M. F n'a au demeurant jamais travaillé avec lui.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 décembre 2021, le ministre de l'intérieur s'est déclaré incompétent.
Par un mémoire en défense enregistré le 23 janvier 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
IV. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2021 et 25 mai 2022 sous le n° 2103551, M. L G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de rente viagère pour invalidité formée le 28 janvier 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de lui accorder le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'un procédure irrégulière, dès lors que la commission de réforme n'a pas été saisie ;
- sa pathologie est imputable au service, dès lors qu'elle est en lien direct et certain avec le service ;
- la requête est recevable, dès lors que l'exigence de motivation prévue à l'article R. 411-1 du code de justice administrative est satisfaite.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 novembre 2021, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que,
- à titre principal, qu'il n'est pas la partie visée par la requête, dès lors que la requête de M. G est dirigée contre la décision implicite de rejet de sa demande de rente viagère d'invalidité en date du 28 janvier 2021 ;
- à titre subsidiaire, que la requête est irrecevable du fait de l'absence de motivation et que les autres moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 décembre 2021, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud s'est déclaré incompétent.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable du fait de l'absence de motivation et que les autres moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
V. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 novembre 2021, 24 juillet 2023 et 30 août 2023 sous le n° 2106854, M. L G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 octobre 2021, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle ;
2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité sud de reconnaître sa pathologie comme une maladie professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- la demande de reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle n'est pas hors délai ;
- elle est entachée d'erreur de droit, d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il existe un lien direct et certain entre sa pathologie et le service ; sa pathologie est imputable au service ; il aurait dû faire l'objet d'une nouvelle expertise ; il aurait pu être placé en maladie professionnelle à compter du 4 septembre 2015 jusqu'à sa mise à la retraite ; son congé de longue durée peut être transformé en maladie professionnelle ;
Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;
- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.
- et les conclusions de Me Touboul, substituant Me Thalamas, et représentant M. G.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2100738, 2100739, 210350, 2103551 et 2106854 présentent à juger des questions relatives à la position d'un même agent public et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour qu'il y soit statué par un seul jugement.
2. M. L G, gardien de la paix, était affecté depuis 2005 à la brigade d'intervention du groupe d'intervention et de protection de la direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police à Paris. Le 1er août 2014, il a été placé en arrêt de travail suite à des violences psychologiques subies sur son lieu de travail et par un arrêté du 27 octobre 2015, la maladie du requérant a été reconnue comme imputable au service et les arrêts de travail des 1er août 2014, 31 août 2015, 4 septembre 2015 et 7 décembre 2015 ont été rattachés à la maladie contractée en service le 1er août 2014. Le requérant a été muté le 1er septembre 2015, sur sa demande, au sein de la circonscription de la sécurité publique de Toulouse. Il a été placé en arrêt maladie le 4 septembre 2015 en raison de son état de santé. Par un arrêté du 8 novembre 2016, après des expertises médicales des 8 décembre 2015 et 2 août 2016, et les avis de la commission de réforme interdépartementale des 17 mars 2016 et 10 mars 2016, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a considéré que les arrêts de travail du requérant, à compter du 8 décembre 2015, étaient à prendre au titre des congés de maladie ordinaire, en raison de leur lien indirect avec la maladie du 1er août 2014. Le requérant a été placé en congé longue durée du 8 décembre 2015 au 5 décembre 2020. Par une demande en date du 16 juillet 2020, M. G a sollicité une mise à la retraite pour invalidité imputable au service, laquelle lui a été refusée par une décision du 17 septembre 2020. Par un arrêté du 14 décembre 2020, M. G a été radié des cadres à compter du 6 décembre 2020. Par deux demandes en date du 28 janvier 2021, le requérant a sollicité d'une part, une rente viagère d'invalidité, laquelle lui a été refusée par une décision implicite de rejet et d'autre part, la reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle, laquelle lui a été refusée par une décision du 7 octobre 2021. Par sa requête n° 2100738, le requérant demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2020, par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a radié des cadres à compter du 6 décembre 2020. Par sa requête n° 2100739, le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du 17 septembre 2020, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a admis à la retraite par voie d'invalidité non imputable au service, ensemble la décision du 23 décembre 2020, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté son recours gracieux formé le 10 novembre 2020. Par sa requête n° 2103550, le requérant demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle en date du 28 janvier 2021. Par sa requête n° 2103551, le requérant demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet, par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de rente viagère pour invalidité formée le 28 janvier 2021. Par sa requête n° 2106854, le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du 7 octobre 2021, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2100738 :
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme D A, directeur des ressources humaines, pour le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud et par délégation. Par un arrêté du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud du 15 octobre 2020, publié au recueil des actes administratifs du département des Bouches-du-Rhône n° 13-2020-263 du 20 octobre 2020, M. I a reçu délégation, pour la zone de défense et de sécurité Sud, pour signer les actes relatifs à la gestion administrative et financière des personnels. Cet arrêté prévoit qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. I, cette délégation sera exercée par M. K et qu'en cas d'absence ou d'empêchement de M. K, cette délégation sera exercée, pour tous arrêtés, décisions, lettres et notes établies par la direction des ressources humaines, par Mme D A. Il ne résulte pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que M. I et M. K n'auraient pas été absents ou empêchés. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
5. Si le requérant soutient que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé, au motif qu'il n'indique pas les raisons pour lesquelles cette demande n'a pas été acceptée, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué mentionne avec suffisamment de précision les considérations de fait et de droit sur lesquelles il se fonde pour mettre utilement M. G en mesure d'en discuter la légalité. Dans ces conditions, et eu égard aux restrictions attachées au respect du secret médical, l'arrêté est suffisamment motivé. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué, doit être écarté.
6. En troisième lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
7. D'une part, le requérant soutient que l'arrêté est entaché de vice de forme, au motif qu'il ne vise pas la demande de retraite pour invalidité imputable au service qu'il a formulée. Toutefois, si la demande formulée le 16 juillet 2020 n'est effectivement pas mentionnée explicitement dans l'arrêté du 14 décembre 2020, cette demande est à l'origine de la saisine du comité médical interdépartemental du 6 août 2020, de sorte que l'absence de mention de ladite demande n'est, en tout état de cause, pas de nature à avoir privé le requérant d'une garantie. Par suite, le moyen tiré du vice de forme doit être écarté.
8. D'autre part, M. G soutient que l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière, au motif qu'il n'a pas été informé de la faculté de consulter son dossier individuel et médical. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, suite à sa demande du 6 mars 2018, M. G a consulté son dossier médical le 12 mars 2018, comme en justifie l'attestation du 12 mars 2018 établie par le service médical statutaire et de contrôle de Colomiers. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé d'une garantie.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version en vigueur : " L'avis formulé en application du premier alinéa de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite doit être accompagné de ses motifs ".
10. M. G soutient que l'avis émis par la commission de réforme le 10 septembre 2020 n'est pas motivé. Toutefois, il ressort du procès-verbal de la réunion de cette commission que, d'une part, les dispositions de l'article L. 31 du code des pensions civiles et militaires de retraite sont visées, et, d'autre part, qu'il est indiqué que " la pathologie psy " du requérant n'est pas imputable au service et que l'avis favorable à une retraite par voie d'invalidité non imputable au service avec un taux de 30 % à compter du 6 décembre 2020, a été rendu après avoir pris connaissance de la contestation de l'agent et de l'avis rendu par le comité médical du 6 août 2020 et du certificat médical du 27 août 2020. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de l'avis de la commission de réforme doit être écarté.
11. En cinquième lieu, si M. G soutient que le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud se serait cru, à tort, en situation de compétence liée vis-à-vis des avis de la commission de réforme interdépartementale en date du 10 septembre 2020 et du médecin-expert en date du 6 mai 2020, il ressort des pièces du dossier que le préfet, se fondant sur ces avis, concluant à l'inaptitude totale et définitive de M. G à exercer toutes fonctions dans l'administration, a placé M. G en retraite anticipée d'office non imputable au service à compter du 6 décembre 2020 et l'a radié des cadres à compter de cette même date. Le préfet qui a ainsi repris à son compte l'avis de la commission de réforme interdépartementale, ne s'est pas cru en situation de compétence liée, Par suite, le moyen tiré de de ce que le préfet aurait à cet égard entaché son arrêté d'erreur de droit, doit être écarté.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa version alors en vigueur : " / V.- Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. () ".
13. Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
14. Il ressort des pièces du dossier que pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud s'est fondé sur les conclusions du médecin expert du 6 mai 2020, sur l'avis du comité médical interdépartemental du 6 août 2020 et sur l'avis de la commission de réforme interdépartementale du 10 septembre 2020, dont les comptes-rendus concluent unanimement à l'inaptitude totale et définitive de M. G à l'exercice de toutes fonctions dans l'administration. M. G soutient, que le syndrome dépressif dont il souffre est imputable au service et serait lié à l'accident survenu en service le 1er août 2014, pour lequel sa pathologie a été reconnue comme imputable au service, que l'imputabilité de sa pathologie au service n'a pas été examinée ni par la commission de réforme, ni pas l'administration, et qu'une expertise médicale aurait dû être diligentée. D'une part, si les arrêts de travail mentionnent un état dépressif à la suite de difficultés professionnelles, il ressort toutefois des pièces du dossier que les avis médicaux du Dr C et du Dr H, tous deux psychiatres, sont concordants sur l'absence de lien avec l'accident de travail initial, ce qui a été corroboré par les avis de la commission de réforme interdépartementale du 10 mars 2016 et du 20 octobre 2016. D'autre part, les certificats médicaux du Dr J datés du 15 mai 2018 et du 27 août 2020 que le requérant produit pour établir le lien direct et certain avec le service sont peu circonstanciés et ne sont pas de nature à remettre en cause les avis médicaux des médecins psychiatres et des collèges de médecins agréés. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration aurait commis une erreur d'appréciation au regard de son état de santé.
15. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 14 décembre 2020, par lequel le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a radié M. G des cadres à compter du 6 décembre 2020, doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2100739 :
16. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; () ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
17. Il résulte de ces dispositions législatives précitées que le refus d'admettre un agent à la retraite pour invalidité, qui refuse un avantage dont l'attribution constitue un droit pour la personne qui remplit la condition légale pour l'obtenir, est au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées. Si le respect des règles relatives au secret médical ne peut avoir pour effet d'exonérer l'administration de l'obligation de motiver sa décision, dans des conditions de nature à permettre au juge de l'excès de pouvoir d'exercer son contrôle, il ne lui appartient pas de divulguer des éléments d'ordre médical couverts par le secret. Il en va ainsi alors même que la décision à intervenir, ayant le caractère d'un acte individuel, ne doit pas normalement faire l'objet d'autres mesures de publicité que celle de sa notification à son destinataire.
18. Il ressort des pièces du dossier que par une demande du 16 juillet 2020, le requérant a sollicité une mise à la retraite pour invalidité imputable au service. Par un avis du 6 août 2020, le comité médical s'est prononcé en faveur, d'une part, d'une inaptitude totale et définitive à l'exercice de toutes fonctions, d'autre part, de l'expiration des droits au congé de longue durée au 5 décembre 2020 pour une pathologie contractée hors cadre des fonctions et a retenu un taux d'invalidité de 30% non imputable au service. Lors de sa séance du 10 septembre 2020, la commission de réforme a suivi l'avis du comité médical et a émis un avis favorable pour une retraite par voie d'invalidité non imputable au service à compter du 6 décembre 2020.
19. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 17 septembre 2020 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a refusé d'octroyer à M. G une retraite au titre d'une invalidité imputable au service, vise l'avis de la commission de réforme du 10 septembre 2020 et indique que la commission a émis un avis favorable à une retraite par voie d'invalidité non imputable au service à compter du 6 décembre 2020, retenant un taux de 30% et que cet avis a été rendu après avoir pris connaissance de la contestation de l'agent et de l'avis rendu par le comité médical du 6 août 2020 et du certificat médical du 27 août 2020. Il ressort également des termes de cette décision que le préfet indique avoir décidé de suivre l'avis de la commission de réforme pour refuser de faire droit à la demande de M. G de mise à la retraite pour invalidité imputable au service. Toutefois, cette décision, qui se borne à viser l'avis de la commission de réforme, ne mentionne pas les textes applicables qui en constituent le fondement, ni ne comporte de motivation en fait sur les raisons du refus de reconnaissance de l'imputabilité au service de l'invalidité dont souffre le requérant, de nature à lui permettre une contestation utile. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avis de la commission de réforme interdépartementale était joint à la décision attaquée. Par suite, M. G est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait.
20. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. G est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 septembre 2020 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud l'a admis à la retraite par voie d'invalidité non imputable au service, ainsi que, par voie de conséquence, de la décision du 23 décembre 2020, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté son recours gracieux formé le 10 novembre 2020.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2103550 et n° 2106854 :
S'agissant de l'étendue du litige :
21. Lorsqu'un requérant conteste, dans les délais de recours, une décision implicite de rejet et une décision expresse de rejet intervenue postérieurement, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées uniquement contre la seconde décision, qui s'est substituée à la première.
22. Par une décision en date du 7 octobre 2021, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud, a expressément rejeté la demande de M. G tendant à la reconnaissance de sa pathologie en maladie professionnelle. Cette décision expresse s'étant substituée au refus implicite né du silence initialement conservé par le préfet de la zone de défense et de sécurité sud, les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2103550 de M. G doivent être regardées comme étant exclusivement dirigées contre la décision du préfet de la zone de défense et de sécurité sud, en date du 7 octobre 2021.
S'agissant de la légalité de la décision du 7 octobre 2021 :
23. Aux termes de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, modifié par le décret du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat : " / II.-La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de deux ans à compter de la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle.() ". Aux termes de l'article 22 du décret du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat : " Le fonctionnaire en congé à la suite d'un accident ou d'une maladie imputable au service continue de bénéficier de ce congé jusqu'à son terme. Toute prolongation de ce congé postérieure à l'entrée en vigueur du présent décret est accordée dans les conditions prévues au chapitre Ier. Les conditions de forme et de délais prévues aux articles 47-2 à 47-7 du décret du 14 mars 1986 précité ne sont pas applicables aux fonctionnaires ayant déposé une déclaration d'accident ou de maladie professionnelle avant l'entrée en vigueur du présent décret. Les délais mentionnés à l'article 47-3 du même décret courent à compter du premier jour du deuxième mois suivant la publication du présent décret lorsqu'un accident ou une maladie n'a pas fait l'objet d'une déclaration avant cette date. ".
24. Il résulte de ces dispositions que les conditions de forme et de délai prévues aux articles 47-2 à 47-7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction issue du décret du 21 février 2019, sont uniquement applicables, d'une part, aux demandes de prolongation d'un congé pour accident de service ou pour maladie imputable au service pour une période débutant après le 24 février 2019 et, d'autre part, aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident ou une maladie dont la déclaration a été déposée après cette date.
25. Dès lors que les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée, la situation de M. G, dont l'état dépressif a été diagnostiqué le 4 septembre 2015, soit avant le 24 février 2019 et dont la demande de reconnaissance d'imputabilité au service a été présentée le 28 janvier 2021, soit après cette date, était exclusivement régie par les conditions de forme et de fond prévues avant l'entrée en vigueur des dispositions législatives et réglementaires relatives au nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Dés lors, les dispositions de l'article 32 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans leur version en vigueur au 4 septembre 2015 sont applicables au présent litige.
26 Aux termes de l'article 32 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa version en vigueur au 4 septembre 2015 : " Lorsque le congé de longue durée est demandé pour une maladie contractée dans l'exercice des fonctions / La demande tendant à ce que la maladie soit reconnue comme ayant été contractée dans l'exercice des fonctions doit être présentée dans les quatre ans qui suivent la date de la première constatation médicale de la maladie. () "
27. Il ressort des pièces du dossier que M. G a transmis sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle le 28 janvier 2021 alors que la première constatation médicale est datée du 4 septembre 2015. Dans ces conditions, la demande de reconnaissance de maladie professionnelle a été transmise cinq ans, quatre mois et vingt-quatre jours après sa première constatation, soit postérieurement au délai de quatre ans, prévu par les dispositions précitées. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que sa demande n'était pas tardive. Il s'en suit que tous les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision du 7 octobre 2021, prise sur le fondement d'une demande présentée hors délai, sont inopérants.
28. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision du 7 octobre 2021, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de la requête n° 2103551 :
29. En premier lieu, aux termes de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur : " Le fonctionnaire civil qui se trouve dans l'incapacité permanente de continuer ses fonctions en raison d'une invalidité ne résultant pas du service / peut être radié des cadres par anticipation soit sur sa demande, soit d'office ; () ". Aux termes de l'article L. 31 du même code, dans sa version en vigueur : " La réalité des infirmités invoquées, la preuve de leur imputabilité au service, le taux d'invalidité qu'elles entraînent, l'incapacité permanente à l'exercice des fonctions sont appréciés par une commission de réforme selon des modalités qui sont fixées par un décret en Conseil d'Etat. () ".
30. M. G soutient que la décision attaquée a été prise aux termes d'une procédure irrégulière au motif que la commission de réforme n'aurait pas été saisie. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la pension de M. G lui a été attribuée sur le fondement des dispositions de l'article L. 29 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version en vigueur, précité et qu'il n'y avait pas lieu de solliciter sur ce point la commission de réforme, dans la mesure où les conditions d'ouverture du droit à rente viagère d'invalidité n'était pas remplies. Il ressort également des pièces du dossier que la commission de réforme a été consultée la 10 septembre 2020, et a émis un avis favorable à " une retraite par voie d'invalidité non imputable au service à compter du 6 décembre 2020 " en retenant un taux de 30 %. Par suite, le moyen invoqué doit être écarté.
31. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14, M. G n'est pas fondé à soutenir que sa pathologie est imputable au service. Par suite, ce moyen doit être écarté.
32. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions de M. G tendant à l'annulation la décision implicite de rejet par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande de rente viagère pour invalidité formée le 28 janvier 2021, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction des requêtes n° 2103550, 2103551 et 2106854 :
33. Les conclusions à fin d'annulation présentées par M. G dans les dossiers n° 2103550, 2103551 et 2106854 étant rejetées, les conclusions à fin d'injonction présentées dans ces dossiers doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
34. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
35. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. G et non compris dans les dépens.
D E C I D E:
Article 1er : La décision du 17 septembre 2020 du préfet de la zone de défense et de sécurité sud portant admission à la retraite par voie d'invalidité non imputable au service et la décision du 23 décembre 2020 du préfet de la zone de défense et de sécurité sud rejetant le recours gracieux formé le 10 novembre 2020, sont annulées.
Article 2 : Les requêtes n° 2100738, 2103550, 2103551 et 2106854 et le surplus de la requête n° 2100739 sont rejetés.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. G, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. L G et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité sud et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2, 2100739, 2103550, 2103551, 2106854
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026