mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2101310 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BRIAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 mars 2021 et 22 juin 2022, Mme A Lebeau demande au tribunal d'annuler la délibération n° 3-3 du 8 janvier 2021 du conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) portant modification de la composition du jury de concours.
Elle soutient que :
- la délibération attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait et en droit ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure dans la mesure où elle n'a été prise que pour corriger l'oubli de convocation d'un titulaire de la commission lors d'une réunion du 16 décembre 2020 ;
- il n'est pas interdit aux collectivités territoriales de constituer plusieurs commissions d'appel d'offres, avec des membres élus différents ;
- les commissions instituées par délibération du conseil municipal du 15 juillet 2020 étaient conformes et n'auraient pas dû être modifiées ;
- la délibération attaquée est illégale dès lors qu'elle met fin à son mandat de membre du jury avant que soit terminé son mandat de conseillère municipale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juin 2021, la commune de Pamiers, représentée par Me Briand, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme Lebeau une somme de 1 200 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive au regard des dispositions de l'article R. 119 du code électoral ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code électoral ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Mme Lebeau.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 15 juillet 2020, le conseil municipal de la commune de Pamiers (Ariège) a élu la commission d'appel d'offres et désigné les membres de droit du jury de concours. Mme Lebeau, conseillère municipale d'opposition, n'a pas été élue au sein de la commission d'appel d'offres, mais elle a toutefois été désignée pour siéger au sein du jury de concours. Par une nouvelle délibération n° 3-3 du 8 janvier 2021, abrogeant partiellement la délibération du 15 juillet 2020, le conseil municipal de la commune de Pamiers a procédé à une nouvelle désignation des membres de droit du jury de concours, sans Mme Lebeau, remplacée par un autre conseiller municipal du groupe d'opposition auquel elle appartient et qui siège également au sein de la commission d'appel d'offres. Mme Lebeau demande l'annulation de cette dernière délibération.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. La désignation des membres du jury de concours prévue par les dispositions du code de la commande publique, qui n'est pas un prolongement des organes de droit commun de la collectivité dans la mesure notamment où il est dépourvu de pouvoir décisionnel, et qui n'a ainsi par pour objet d'achever la constitution des organes de la collectivité, a contrario de la commission d'appel d'offres, relève du contentieux de l'excès de pouvoir. Par suite, les dispositions du code électoral ne sont pas applicables en l'espèce et la commune de Pamiers n'est pas fondée à soutenir que la requête est tardive.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la délibération attaquée mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, le moyen tiré du détournement de procédure n'est pas assorti des précisions suffisantes pour permettre au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
5. En troisième lieu, la délibération attaquée ne porte que sur la désignation des membres du jury de concours dont la composition est régie par les dispositions R. 2161-16 à R. 2162-24 du code de la commande publique. Par suite, le moyen tiré de ce que les dispositions de l'article L. 1414-2 du code général des collectivités territoriales interdiraient l'institution de plusieurs commissions d'appel d'offres au sein d'une même collectivité territoriale ne peut qu'être écarté comme inopérant.
6. En quatrième et dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 2121-22 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal peut former, au cours de chaque séance, des commissions chargées d'étudier les questions soumises au conseil soit par l'administration, soit à l'initiative d'un de ses membres. Elles sont convoquées par le maire, qui en est le président de droit, dans les huit jours qui suivent leur nomination, ou à plus bref délai sur la demande de la majorité des membres qui la composent. " Il résulte de ces dispositions que si les conseillers municipaux désignés par le conseil municipal pour siéger dans les commissions constituées sur le fondement de ces dispositions ont vocation, tant qu'elles n'ont pas été supprimées s'agissant de celles mentionnées à l'article L. 2121-22 du code général des collectivités territoriales, à en demeurer membres s'ils n'en ont pas démissionné, il est loisible au conseil, pour des motifs tirés de la bonne administration des affaires de la commune, de décider, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, leur remplacement au sein de ces commissions. Le conseil municipal a, par ailleurs, l'obligation de procéder à un tel remplacement lorsque la composition d'une commission n'assure plus le respect du principe de la représentation proportionnelle des différentes tendances en son sein.
7. D'autre part, selon l'article R. 2162-24 du code de la commande publique : " Pour les concours organisés par les collectivités territoriales, leurs établissements publics et leurs groupements, à l'exception des établissements publics sociaux ou médico-sociaux et des offices publics de l'habitat, les membres élus de la commission d'appel d'offres font partie du jury. "
8. Si Mme Lebeau soutient que la délibération attaquée est illégale dès lors qu'elle met fin à son mandat de membre du jury avant que soit terminé son mandat de conseillère municipale, il ressort toutefois des pièces du dossier que pour justifier du bien-fondé d'une nouvelle désignation des membres du jury de concours, la délibération indique que Mme Lebeau, qui n'est pas membre de la commission d'appel d'offres, ne pouvait faire partie des membres du jury de concours en application des dispositions précitées du code de la commande publique. Dans ces conditions, c'est sans erreur de droit et par conséquent, au demeurant, pour des motifs de bonne administration des affaires de la commune que le conseil municipal de Pamiers a décidé de modifier la composition du jury de concours afin que les membres de la commission d'appel d'offres fassent tous partie de ce jury. Par suite, le moyen de l'erreur de droit invoqué à cet égard par la requérante ne pourra qu'être écarté.
Sur les frais liés au litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme Lebeau la somme demandée par la commune de Pamiers au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme Lebeau est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Pamiers présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A Lebeau et à la commune de Pamiers (Ariège).
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
N. ZABKA
Le président,
J-C. TRUILHÉ La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne à la préfète de l'Ariège, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026