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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2104211

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2104211

vendredi 31 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2104211
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés le 13 juillet 2021, le 10 décembre 2021 et le 30 mars 2022, M. C et Mme E B A, représentés par Me Cayssials, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 10 février 2021 par lequel le maire de Castelginest a accordé un permis de construire à la société Habitat particulier Promotion en vue de la construction d'un bâtiment collectif de dix-sept logements ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux du 31 mai 2021 contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Castelginest une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le signataire de l'arrêté est incompétent ;

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet en ce qui concerne la justification des moyens utilisés pour assurer un effet de transparence ou d'occultation au niveau des garde-corps et les pièces PC5 et PC6 du dossier de demande sont contradictoires sur ce point ;

- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant s'agissant des pièces destinées à présenter l'insertion du projet dans son environnement ;

- le dossier de demande de permis de construire est erroné quant au nombre de places de stationnement commandées, qui est de quinze et non de douze, ce qui a nécessairement eu un effet sur l'appréciation portée par le service instructeur sur le nombre de places de stationnement disponibles au regard des obligations posées par le plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat ;

- le projet méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat relatives à la création d'espaces collectifs plantés et aménagés en espace commun ;

- le projet méconnaît les dispositions du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat relatives à la distance par rapport aux limites séparatives ;

- dès lors que le pétitionnaire n'établit pas que les quinze places de stationnement commandées seront accessibles, les règles du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat relatives au stationnement sont méconnues.

Par des mémoires en défense enregistrés le 15 octobre 2021, le 24 janvier 2022 et le 11 avril 2022, la commune de Castelginest, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que le tribunal sursoie à statuer afin de permettre le cas échéant la régularisation du permis de construire attaqué et, en toute hypothèse, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants sont infondés.

Par des mémoires en défense enregistrés le 17 novembre 2021, le 30 mars 2022, le 14 avril 2022, le 1er décembre 2022 et le 2 janvier 2024, la société Habitat particulier Promotion, représentée par Me Magrini, conclut au rejet de la requête, et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable car M. et Mme B A ne démontrent pas le caractère régulier de l'occupation de leur bien ;

- la requête est irrecevable car M. et Mme B A n'ont pas intérêt à agir contre le permis de construire ;

- les moyens invoqués par les requérants sont infondés.

Par un jugement n° 2104211 du 9 février 2024, le tribunal a sursis à statuer sur les conclusions des requérants pour permettre la régularisation du vice relevé au point 22 de ce jugement jusqu'à l'expiration d'un délai fixé à deux mois et a réservé tous autres droits et moyens des parties jusqu'en fin d'instance.

La société Habitat particulier Promotion a transmis au tribunal, le 13 mai 2024, le certificat attestant de l'obtention d'un permis de construire modificatif tacite.

Par un mémoire enregistré le 17 juin 2024, la commune de Castelginest conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que le vice relevé par le jugement avant-dire droit a été régularisé.

Par un mémoire enregistré le 19 juin 2024, la société Habitat particulier Promotion conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le vice relevé par le jugement avant-dire droit a été régularisé.

Un mémoire présenté pour M. et Mme B A et enregistré le 4 juillet 2024 n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Grimaud, président, rapporteur,

- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,

- et les observations de Me Pahor-Gafari, représentant M. et Mme B A, D, représentant la commune de Castelginest, et de Me Brouquières, représentant la société Habitat particulier Promotion.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 10 février 2021, le maire de Castelginest a accordé à la société Habitat particulier Promotion un permis de construire en vue de l'édification d'un bâtiment de dix-sept logements sur une parcelle cadastrée sous le n° BD 236 et située rue Malconseil. M. et Mme B A ont présenté le 30 mars 2021 un recours gracieux contre cet arrêté, recours qui a été rejeté implicitement le 30 mai 2021. Un permis de construire modificatif a été attribué à la société Habitat particulier Promotion le 29 septembre 2022. Par un jugement n° 2104211 du 9 février 2024, le tribunal a sursis à statuer sur les conclusions des requérants pour permettre la régularisation du vice relevé au point 22 de ce jugement jusqu'à l'expiration d'un délai fixé à deux mois et a réservé tous autres droits et moyens des parties jusqu'en fin d'instance. La société Habitat particulier Promotion a transmis au tribunal, le 13 mai 2024, le certificat attestant de l'obtention d'un permis de construire modificatif tacite. Le maire de Castelginest a ensuite explicitement accordé un permis de construire modificatif à la société Habitat particulier Promotion par un arrêté du 30 mai 2024.

2. A la suite de l'intervention de l'annulation du plan local d'urbanisme intercommunal et de l'habitat de la métropole Toulouse métropole par un jugement du tribunal en date du 20 mai 2021, le plan d'occupation des sols de Castelginest a été remis en vigueur par l'effet des dispositions de l'article L. 600-12 du code de l'urbanisme. Celui-ci étant devenu caduc le 20 mai 2023 en vertu de l'article L. 174-6 de ce code, les règles d'implantation de la construction par rapport aux limites séparatives au regard desquelles le permis de construire modificatif accordé à la société pétitionnaire le 30 mai 2024 sont celles du règlement national d'urbanisme, dont l'article R. 111-17 dispose : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite parcellaire, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite parcellaire qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres ".

3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet, dans son état résultant du permis de construire modificatif du 30 mai 2024, se trouve implanté, en son point le plus proche de la limite séparative, qui correspond au sommet de la dalle supérieure en béton des balcons situé à une hauteur de 8,09 m, à une distance de 4,44 m de cette limite. L'ensemble des autres points de la façade se trouve par ailleurs à une distance supérieure à la moitié de la différence d'altitude qui les sépare du point de la limite parcellaire le plus proche. Le vice relevé au point 22 du jugement du 9 février 2024 se trouve ainsi régularisé.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation du permis de construire initial accordé le 10 février 2021 et du permis de construire modificatif du 30 mai 2024. Leur requête doit donc être rejetée.

Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à chacune des parties la charge des frais de l'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme B A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Castelginest et de la société Habitat particulier Promotion tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C et Mme E B A, à la commune de Castelginest et à la société Habitat particulier Promotion.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Bouisset, première conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2025.

Le président, rapporteur,

P. GRIMAUD

L'assesseur le plus ancien

K. BOUISSET La greffière,

M.-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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