LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2105806

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2105806

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2105806
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantSCP BOUYSSOU ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 5 octobre 2021, le 29 juin 2023 et le 24 juillet 2023, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 août 2021 par lequel la maire de la commune de Merville s'est opposée à la déclaration préalable qu'elle a déposée en vue d'édifier une antenne-relais de radiotéléphonie sur un terrain situé 2706 route de Guinot ;

2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Merville de prendre une décision de non-opposition à sa déclaration préalable dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Merville la somme de 5 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que la maire de la commune a pris en compte les perspectives d'urbanisation future du secteur d'implantation du projet pour retenir que celui-ci porte atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dès lors que le projet est situé dans un secteur rural qui ne présente pas un intérêt particulier et qu'il est peu visible.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 mai 2022 et le 12 juillet 2023, la commune de Merville, représentée par Me Sire, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle n'est pas signée ;

- en tout état de cause, les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 26 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 16 août 2023.

Un mémoire présenté pour la commune de Merville a été enregistré le 8 août 2023 et n'a pas été communiqué.

Un mémoire présenté pour la société Orange a été enregistré le 14 août 2023 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,

- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,

- les observations de Me Gentilhomme, représentant la société Orange,

- et les observations de Me Bonnel, substituant Me Sire, représentant la commune de Merville.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 juillet 2021, la société Orange, unité pilotage réseau Sud-Ouest, a déposé une déclaration préalable de travaux en vue de l'implantation d'une antenne de radiotéléphonie sur un terrain situé 2706 route de Guinot à Merville (Haute-Garonne). Par un arrêté du 17 août 2021, la maire de la commune de Merville s'est opposée à cette déclaration préalable au motif que le projet en litige porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Merville :

2. Aux termes de l'article R. 414-3 du code de justice administrative : " Les caractéristiques techniques de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 et du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 garantissent la fiabilité de l'identification des parties ou de leur mandataire, l'intégrité des documents adressés ainsi que la sécurité et la confidentialité des échanges entre les parties et la juridiction. Elles permettent également d'établir de manière certaine la date et l'heure de la mise à disposition d'un document ainsi que celles de sa première consultation par son destinataire () ". Aux termes de l'article R. 414-4 du même code : " L'identification de l'auteur de la requête, selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-3, vaut signature pour l'application des dispositions du présent code. / () ". En vertu de ces dispositions, lorsqu'une partie adresse au tribunal administratif un mémoire ou des pièces par l'intermédiaire de l'application informatique dénommée Télérecours, son identification selon les modalités prévues pour le fonctionnement de cette application vaut signature pour l'application des dispositions du code de justice administrative.

3. Il résulte des dispositions précitées que la requête de la société Orange, qui a été transmise au tribunal par l'intermédiaire de l'application Télérecours le 5 octobre 2021, n'avait pas à comporter de signature manuscrite. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Merville doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Pour apprécier si un projet de construction porte atteinte, en méconnaissance des dispositions précitées, au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur ce site.

5. D'une part, il résulte de ces dispositions que l'autorité administrative compétente doit apprécier l'impact que le projet pourrait avoir sur son secteur d'implantation en prenant en compte le caractère ou l'intérêt de ce secteur à la date à laquelle elle se prononce sur la demande d'autorisation d'urbanisme. Dans ces conditions, en fondant notamment sa décision d'opposition à la déclaration préalable présentée par la société Orange sur la circonstance que le projet en litige porte atteinte aux " paysages d'urbanisation futurs ", la maire de la commune de Merville a entaché cette décision d'une erreur de droit.

6. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige est implanté en bordure de la route de Guinot, dans un secteur très majoritairement composé de parcelles agricoles, qui, si elles ne sont pas artificialisées, ne présentent aucun caractère ou intérêt particulier. Ce projet consiste notamment en l'installation d'un pylône tubulaire de teinte vert olive, d'un mètre de diamètre et d'une hauteur de trente mètres, supportant des antennes et boîtiers électroniques. S'il ressort des pièces du dossier que cette construction sera visible depuis les alentours, eu égard à sa hauteur et à l'absence de dénivelé des parcelles voisines, sa perception sera atténuée tant par l'utilisation d'un coloris vert foncé, en harmonie avec les teintes environnantes, que par son faible diamètre. Dans ces conditions, et compte tenu de l'absence d'intérêt particulier de la zone d'implantation du projet en litige, la société requérante est fondée à soutenir que la maire de la commune de Merville a fait une inexacte application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en s'opposant à la déclaration préalable qu'elle avait présentée au motif que le projet en litige portait atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la société Orange est fondée à demander l'annulation de la décision portant opposition à déclaration préalable du 17 août 2021.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution () ".

9. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y faisait obstacle.

10. Le présent jugement censure le motif par lequel la maire de la commune de Merville s'est opposée à la déclaration préalable de la société Orange. Il ne résulte pas de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée ou qu'un changement de circonstances de fait fassent obstacle à l'octroi de l'autorisation sollicitée. Par suite, il y a lieu d'enjoindre à la maire de la commune de Merville de délivrer cette autorisation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Merville la somme de 1 500 euros à verser à la société Orange sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces dispositions font en revanche obstacle à ce que la somme demandée par la commune de Merville soit mise à la charge de la société Orange, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 17 août 2021 de la maire de la commune de Merville est annulée.

Article 2 : Il est enjoint à la commune de Merville de prendre une décision de non-opposition à la déclaration préalable déposée par la SA Orange dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Merville versera à la SA Orange la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société Orange, unité pilotage réseau Sud-Ouest et à la commune de Merville.

Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Lequeux, conseillère,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La rapporteure,

E. LUCAS

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

M.-E. LATIF

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions