vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106160 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 22 octobre 2021, 7 octobre 2022 et 21 octobre 2022, M. C A, représenté en dernier lieu par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2021 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " salarié " sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
- leur auteure, qui n'avait pas valablement reçu délégation de signature à l'effet de signer pareilles mesures, était incompétente ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa demande ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et séjour des étrangers et du droit d'asile car le préfet lui a opposé l'absence de visa long séjour pour lui refuser le titre prévu par ces dispositions ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle méconnait les exigences de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 4 février 2022 et le 12 octobre 2022, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 octobre 2022 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,
- et les observations de Me Philippe substituant Me Laclau , représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 23 septembre 1987 et de nationalité kosovare, est entré sur le territoire français le 25 février 2017, selon ses déclarations, accompagné de son épouse et de ses deux enfants. Le 19 avril 2017, il a sollicité l'asile et a été définitivement débouté de sa demande par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 février 2018. Le 26 septembre 2018, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, arrêté confirmé en dernier lieu par la cour administrative d'appel de Bordeaux le 16 juin 2020. Le 3 avril 2021, M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale. Par une décision du 21 septembre 2021, le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions contestées :
2. En premier lieu, par un arrêté en date du 20 septembre 2021, publié le lendemain au recueil des actes administratifs, le préfet de la Haute-Garonne a consenti une délégation à Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les arrêtés établis en matière de police des étrangers et notamment les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes sur lesquels il se fonde et comporte les éléments relatifs à la situation personnelle de M. A. Par suite, l'ensemble des décisions contestées, contenues dans l'arrêté du 21 septembre 2021, sont suffisamment motivées en droit et en fait, y compris l'obligation de quitter le territoire français édictée à son encontre, qui repose sur le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait dès lors pas à faire l'objet d'une motivation spécifique, et l'interdiction de retour sur le territoire français, qui est motivée au regard des critères posés par l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant, qui a au contraire été explicitement décrite dans l'arrêté attaqué. Le moyen d'erreur de droit soulevé sur ce point doit donc être écarté.
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. (). " Aux termes des dispositions de l'article L. 412-1 de ce code : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ".
6. D'une part, il résulte des termes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur l'absence d'un visa long séjour uniquement en vue de refuser de délivrer un titre de séjour en qualité de salarié de droit commun et non sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a dès lors pas commis d'erreur de droit.
7. D'autre part, une promesse d'embauche ou un contrat permettant d'exercer une activité professionnelle ne saurait être regardée, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par les dispositions précitées. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
8. Si, en l'espèce, M. A invoque une promesse d'embauche en qualité de mécanicien automobile et une expérience précédente dans cette profession au Kosovo pendant sept ans, il n'apporte pas d'éléments justifiant d'une qualification ou d'une expérience particulière pour exercer l'emploi envisagé et ne peut être regardé comme démontrant l'existence d'un motif exceptionnel d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salarié. Si M. A se prévaut ensuite de sa présence en France depuis 2017 et fait valoir qu'il y vit accompagné de son épouse et de ses trois enfants, il n'apporte pas d'éléments démontrant un ancrage et une insertion de la famille au titre des liens personnels et familiaux qui pourraient justifier une admission exceptionnelle au séjour en raison de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels, son épouse étant également soumise à une décision portant obligation de quitter le territoire français. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur de droit ou une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
10. Si M. A, se prévaut de son entrée sur le territoire français en 2017, soit une durée de résidence de quatre années sur le territoire français à la date de la décision attaquée, il est toutefois entré de manière irrégulière sur le territoire et a été admis à séjourner en France le temps de l'examen de sa demande d'asile, demande définitivement rejetée le 9 février 2018 par la Cour nationale du droit d'asile. Il se trouve en séjour irrégulier depuis lors et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français du 26 septembre 2018, à l'encontre de laquelle ses requêtes formées devant le tribunal administratif de Toulouse et la cour administrative d'appel de Bordeaux ont été rejetées. S'il se prévaut également de la présence de son épouse, Mme A, et de ses trois enfants, il n'est pas contesté que Mme A fait également l'objet d'une obligation de quitter le territoire et que ses enfants mineurs ont vocation à les suivre dans leur pays d'origine afin d'y reconstituer leur cellule familiale. Enfin, si M. A produit une promesse d'embauche, de même que Mme A, ils ne démontrent pas pour autant avoir noué en France des liens d'une particulière intensité ou être particulièrement insérés, ni être dépourvus d'attaches privées et familiales au Kosovo, où M. A a vécu jusqu'à l'âge de vingt-neuf ans. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision lui refusant le séjour méconnaît les stipulations et dispositions précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
11. En troisième lieu, aux termes des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions politiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
12. Si M. A fait valoir que l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs, scolarisés en France depuis quatre ans, implique qu'il soit autorisé à se maintenir en France à leurs côtés, il résulte de ce qu'il vient d'être dit au point 9 que M. A n'est pas fondé à soutenir que l'intérêt supérieur de ses enfants serait méconnu par la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, la décision de refus de délivrance de titre de séjour n'étant pas illégale, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas dépourvue de base légale. Par suite, le moyen doit être écarté.
14. En second lieu, et pour les mêmes motifs qu'énoncées précédemment, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
15. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait dépourvue de base légale doit être écarté.
16. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
17. Si M. A allègue avoir subi dans son pays d'origine des persécutions, qui ont justifié son départ du Kosovo, à l'exception d'un rapport de police du 15 janvier 2017, il n'apporte aucune information circonstanciée ni aucun élément de preuve permettant d'établir le caractère réel, actuel et personnel des persécutions alléguées. Au demeurant, il ressort des termes de l'arrêté que M. A a déposé une demande d'asile, que celle-ci a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 juillet 2017 et confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 9 février 2018, et le requérant n'apporte aux débats aucune pièce nouvelle par rapport à celles dont disposaient ces instances. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de renvoi méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :
18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées. " Ainsi, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
19. L'arrêté attaqué mentionne que M. A a déjà fait l'objet d'une mesure d'éloignement non exécutée, précise sa durée de présence en France et indique ses attaches privées ou familiales en France. Dans ces conditions, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est suffisamment motivée au regard des dispositions précitées. Par suite, ce moyen doit être écarté.
20. S'il est constant que le comportement de M. A ne constitue pas une menace à l'ordre public, l'intéressé a toutefois fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement non exécutée en date du 26 septembre 2018 et ne justifie d'aucun lien particulier avec la France, sa famille se trouvant comme lui en situation irrégulière sur le territoire. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an qui lui a été opposée est disproportionnée. Ce moyen doit donc être écarté.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 21 septembre 2021. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, ces conclusions sont sans objet.
24. Enfin, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le requérant sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Laclau et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 14 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
M. Quessette, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
Le président, rapporteur,
P. GRIMAUD
L'assesseur le plus ancien,
M. BERNOSLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026