lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106406 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MONTAZEAU & CARA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021 et un mémoire enregistré le 14 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Montazeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a procédé à l'inscription d'une opposition au transfert du certificat d'immatriculation de son véhicule immatriculé BS-328-CD ;
2°) d'ordonner au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à la mainlevée de l'opposition au transfert du certificat d'immatriculation ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure au regard de l'article R. 327-1 du code de la route ;
- le ministre s'est estimé lié par le refus de l'assureur de la levée d'opposition ;
- le contrôle de la géométrie des roues a été effectué avant le rapport d'expertise ;
- les dommages subis sont esthétiques et ne concernent pas la sécurité du véhicule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 13 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 15 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté du 29 avril 2009 fixant les modalités d'application des dispositions du code de la route relatives aux véhicules endommagés pour les voitures particulières et les camionnettes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Montazeau, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. A est propriétaire du véhicule immatriculé BS-328-CD. À la suite d'un accident de la route du 12 août 2020, ce véhicule a été déclaré économiquement irréparable par un rapport d'expert, le montant des réparations étant supérieur à la valeur du véhicule. Une offre de cession a été faite par son assureur à M. A, qui l'a refusée le 6 octobre 2020. Par une décision du 2 avril 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé ce dernier de l'inscription d'une opposition au transfert du certificat d'immatriculation sur son véhicule.
Sur le cadre juridique applicable au litige :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 327-1 du code de la route : " Les entreprises d'assurances tenues à un titre quelconque à indemniser les dommages à un véhicule dont un rapport d'expertise fait apparaître que le montant des réparations est supérieur à la valeur de la chose assurée au moment du sinistre doivent dans les quinze jours suivant la remise du rapport d'expertise proposer une indemnisation en perte totale avec cession du véhicule à l'assureur. Le propriétaire du véhicule dispose de trente jours pour donner sa réponse ". Aux termes de l'article L. 327-3 du même code : " En cas de refus du propriétaire de céder le véhicule à l'assureur ou de silence dans le délai fixé à l'article L. 327-1, l'assureur doit en informer l'autorité administrative compétente. / Celle-ci procède alors, pendant la durée nécessaire et jusqu'à ce que le propriétaire l'ait informée que le véhicule a été réparé, à l'inscription d'une opposition à tout transfert du certificat d'immatriculation. Elle en informe le propriétaire par lettre simple. / Pour obtenir la levée de cette opposition, le propriétaire doit présenter un second rapport d'expertise certifiant que ledit véhicule a fait l'objet des réparations touchant à la sécurité prévues par le premier rapport d'expertise et que le véhicule est en état de circuler dans des conditions normales de sécurité. / Un arrêté interministériel fixe la valeur de la chose assurée au moment du sinistre à partir de laquelle les dispositions prévues au présent article sont applicables ". Enfin, aux termes de son article R. 327-1, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté du 2 avril 2021 : " I.-Dans le cas prévu à l'article L. 327-2 où le propriétaire a donné son accord pour céder son véhicule à l'assureur, celui-ci déclare l'achat au ministre de l'intérieur dans les conditions fixées à l'article R. 322-4. / II.-Dans le cas prévu à l'article L. 327-3 où le propriétaire a refusé de céder son véhicule à l'assureur, ce dernier en informe le ministre de l'intérieur par voie électronique dans un délai de quinze jours à compter du refus. Le ministre de l'intérieur procède à l'inscription d'une opposition au transfert du certificat d'immatriculation. / III.-Les rapports d'expertise mentionnés aux articles L. 327-1 à L. 327-3 sont établis par un expert en automobile justifiant de la qualification prévue à l'article R. 326-17. / Le rapport visé à l'article L. 327-1 comporte la liste des réparations à effectuer si le véhicule est techniquement réparable. / Les rapports visés aux L. 327-2 et L. 327-3 sont adressés au ministre de l'intérieur par voie électronique. / Ils attestent également que le véhicule n'a pas subi de transformation notable au sens de l'article R. 321-16, ni de transformation susceptible de modifier les caractéristiques indiquées sur le certificat d'immatriculation ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 29 avril 2009 fixant les modalités d'application des dispositions du code de la route relatives aux véhicules endommagés pour les voitures particulières et les camionnettes : " Intervention de l'expert. / I. - L'expert en automobile visé à l'article R. 326-11 du code de la route missionné par le titulaire du certificat d'immatriculation ou par une entreprise d'assurance examine le véhicule. / A l'issue de cette expertise portant sur l'état global du véhicule, l'expert précise si le véhicule est : / ' en état de circuler dans des conditions normales de sécurité ou non ; / ' techniquement réparable ou non selon les critères définis à l'annexe 1. / L'ensemble de ces informations est porté sur le rapport d'expertise. / II. ' L'expert transmet le rapport au titulaire du certificat d'immatriculation en application de l'article R. 326-3 du code de la route. Il le transmet également au ministre de l'intérieur soit par voie électronique, soit par l'intermédiaire du préfet du département de son choix ". Aux termes de l'article 6 du même arrêté : " Obligations du propriétaire souhaitant remettre en état son véhicule. / Les réparations de tout véhicule soumis aux dispositions des articles R. 327-1 à R. 327-4 du code de la route sont effectuées par un professionnel de la réparation. / Si le propriétaire d'un véhicule endommagé au sens des articles R. 327-1 à R. 327-3 dudit code souhaite obtenir la levée de l'interdiction de circuler ou de l'opposition, il missionne un expert en automobile visé à l'article R. 326-11 dudit code en vue de l'établissement d'un second rapport. Il peut faire appel à un expert en automobile autre que celui ayant établi le premier rapport et remplissant les mêmes conditions de qualification et d'agrément ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, lorsqu'une personne publique se trouve en situation de compétence liée pour prendre un acte, l'ensemble des moyens soulevés à l'encontre d'un tel acte sont inopérants, à l'exception des moyens susceptibles de remettre en cause l'existence même d'une situation de compétence liée.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le véhicule appartenant à M. A a été endommagé lors d'un accident de la route le 12 août 2020. À la suite d'une expertise diligentée par son assureur, ce dernier a proposé au requérant le rachat de son véhicule avec indemnisation en perte totale, ce que M. A a refusé le 6 octobre 2020. Aussi, après avoir été informé le 2 avril 2021 par l'assureur de ce refus de rachat, le ministre de l'intérieur était tenu, en application des dispositions précitées de l'article L. 327-3 du code de la route, de procéder à l'inscription de l'opposition au transfert du certificat d'immatriculation. Dans ces conditions, le requérant ne peut utilement soutenir que la décision contestée est entachée d'un vice de procédure tiré de ce que l'assureur a informé l'autorité compétente dans un délai supérieur à quinze jours à compter du refus de cession du véhicule par son propriétaire. De même, M. A ne peut utilement soutenir que le ministre se serait senti lié par le courrier de l'expert l'informant du refus de cession du véhicule. Enfin, la circonstance que le requérant a fait réaliser un contrôle de la géométrie des roues de son véhicule le 27 août 2020, antérieurement au rapport de l'expert, est sans incidence sur la légalité de la décision du 2 avril 2021. Le moyen doit ainsi être écarté.
6. En second lieu, il résulte de l'économie générale des dispositions précitées que la mise en œuvre de la procédure d'inscription d'une opposition au transfert de certificat d'immatriculation est automatique dès lors que le montant estimé des réparations apparaît supérieur à la valeur assurée du véhicule endommagé, indépendamment de la nature des réparations à effectuer. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des rapports et d'un courrier du 20 août 2020 de l'expert que le montant de la réparation est estimé à 1 714,55 euros TTC alors que la valeur du véhicule est estimée à 1 000 euros TTC. Toutefois, en se bornant à faire valoir que les dommages causés à son véhicule ne sont qu'esthétiques et sont sans incidence quant à la sécurité du véhicule, M. A ne conteste pas utilement la légalité de la décision attaquée dès lors qu'il lui appartenait, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 327-3 du code de la route et de l'article 6 de l'arrêté du 29 avril 2009, de procéder à une seconde expertise afin de faire constater que son véhicule a fait l'objet des réparations nécessaires à la sécurité, permettant ainsi une circulation de ce véhicule dans des conditions normales de sécurité. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'opposition en cause a été inscrite irrégulièrement par le ministre de l'intérieur. Le moyen est donc écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
H. CLEN La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2106406
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026