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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106494

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106494

jeudi 13 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106494
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantELISSALDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 novembre 2021 et 12 janvier 2023, Mme A C, représentée par Me Elissalde, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 17 septembre 2021 par laquelle la présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès a refusé sa demande de redoublement en master 2 " psychologie clinique parcours gérontologie " au titre de l'année universitaire 2021-2022, ensemble les décisions par lesquelles son recours gracieux a été rejeté ;

3°) d'enjoindre à la présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès de l'inscrire en master 2 " psychologie clinique, parcours gérontologie " au titre de l'année universitaire 2021-2022 et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement ;

4°) de mettre à la charge de l'Université Toulouse II Jean Jaurès le paiement des dépens ainsi que d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

- les décisions attaquées ont été signées par une autorité incompétente ;

- les décisions de rejet de son recours gracieux méconnaissent les dispositions de l'article L.212-1 du code des relations entre le publics et l'administration ;

- la décision du 17 septembre 2021 est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un vice de procédure ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, la présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Un mémoire, produit par l'Université Toulouse II Jean Jaurès le 27 janvier 2023 a été analysé mais n'a pas été communiqué.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pétri ;

- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Après avoir failli aux épreuves de validation du master 2 " psychologie clinique parcours gérontologie " de l'Université Toulouse II Jean Jaurès au titre de l'année universitaire 2020-2021, Mme C a sollicité, le 30 juin 2021, son redoublement au sein du même master 2 au titre de l'année universitaire 2021-2022. La présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès a refusé cette demande par une décision du 17 septembre 2021. Mme C a formé un recours gracieux le 19 septembre 2021, rejeté le 1er octobre suivant. Par la présente requête, elle demande l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 26 avril 2022, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, la décision du 17 septembre 2021 a été signée par Mme Maja Becker, présidente du jury de la mention " psychologie ", désignée en cette qualité par la présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès dans un arrêté du 22 mars 2021. Plus précisément, cet arrêté confère à Mme B la compétence pour fixer " la liste des candidats admis à l'entrée en master 1ère année et la liste des étudiants autorisés à s'inscrire en master 2ème année de la mention pour l'année 2021-2022 ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteure de la décision du 17 septembre 2021 doit être écarté.

2. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'incompétence des auteures des décisions portant rejet du recours gracieux de Mme C doit être écarté dès lors que les vices propres à ces décisions sont inopérants.

3. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, également soulevé à l'encontre des décisions portant rejet du recours gracieux de Mme C, doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 2.

4. En quatrième lieu, les décisions par lesquelles le président d'une université refuse l'admission d'un étudiant en deuxième année de master n'entrent dans aucune des catégories de décisions devant être motivées en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. De telles décisions, en particulier, ne constituent pas des décisions refusant une autorisation au sens du 7° de cet article. En revanche, les motifs d'une telle décision doivent être communiqués aux candidats qui en font la demande, conformément à la procédure spécifique instituée par l'article D. 612-6-2 du code de l'éducation.

5. Il résulte de ce qui vient d'être dit que Mme C n'est pas fondée à invoquer les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration au soutien du moyen tiré du défaut de motivation. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle aurait formé une demande relative à la communication des motifs de la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En cinquième lieu, selon l'article L. 124-3 du code de l'éducation : " Les périodes de formation en milieu professionnel et les stages sont intégrés à un cursus pédagogique scolaire ou universitaire, selon des modalités déterminées par décret. Un volume pédagogique minimal de formation en établissement ou selon les modalités d'enseignement à distance proposées par l'établissement ainsi que les modalités d'encadrement de la période de formation en milieu professionnel ou du stage par l'établissement d'enseignement et l'organisme d'accueil sont fixés par ce décret et précisés dans la convention de stage. ", et son article D. 124-1 : " Les périodes de formation en milieu professionnel ou les stages sont intégrés à un cursus de formation dans les conditions suivantes : / 1° Les finalités, les modalités de mise en œuvre et l'évaluation des périodes de formation en milieu professionnel sont définies conformément aux dispositions de l'article D. 331-15 du présent code et de l'article R. 715-1-5 du code rural et de la pêche maritime. / 2° Les finalités et les modalités de mise en œuvre des stages sont définies dans les textes réglementaires relatifs à l'organisation des formations. Les stages font l'objet d'une restitution de la part du stagiaire donnant lieu à évaluation de la part de l'établissement et à attribution de crédits européens, le cas échéant. ".

7. Il ressort des pièces du dossier que le stage en milieu professionnel et le mémoire rédigé à cette occasion font partie des items qui sont évalués dans le master 2 " psychologie clinique, parcours gérontologie " de l'Université Toulouse II Jean Jaurès au titre de l'année universitaire 2021-2022. Il ressort du relevé de notes produit par la requérante au titre de cette année d'étude qu'elle a été considérée comme absente de manière injustifiée pour l'évaluation de cet item. S'il est constant que l'intéressée a réalisé deux stages au cours de sa deuxième année de master et qu'elle a rédigé un mémoire, il ressort toutefois des pièces du dossier que son travail a été remis tardivement, soit le 14 septembre 2021, et au demeurant de manière incomplète, alors que la charte du contrôle de connaissances de son université prévoit que les épreuves de master doivent se dérouler au plus tard le 30 septembre concernant les soutenances de mémoire. Plus précisément, Mme C a adressé un message à sa directrice de mémoire afin de remettre son travail, en précisant qu'elle devait " encore le résumer et ajouter les limites de l'étude et la conclusion ", et dans un courriel du 14 septembre 2021, sa directrice de mémoire lui a écrit que : " Il n'est pas possible que je vous autorise à soutenir en si peu de temps car je dois lire votre manuel, vous devez le corriger et il doit être envoyé au jury une semaine avant la soutenance ". Par suite et dès lors que la requérante n'a pas remis un travail complet lui permettant de soutenir son mémoire avant le 30 septembre 2021, et étant en outre précisé qu'elle n'apporte aucune explication quant à cette remise tardive, elle n'est pas fondée à soutenir que la procédure a été viciée au motif que ses stages n'auraient pas été pris en considération et qu'elle n'aurait pas été mise à même de présenter la teneur de son travail.

8. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que depuis son inscription en première année de licence de psychologie, Mme C a validé l'ensemble de ses années d'étude jusqu'en première année de master sans redoubler et en obtenant des mentions " assez bien " ou " bien ". Il ressort en outre des grilles d'évaluation des stages qu'elle a effectués en deuxième année de master que ses tuteurs de stage ont porté une appréciation élogieuse sur son travail. Or, il ressort également des pièces du dossier qu'elle a obtenu une moyenne de 8,7 au premier semestre de sa deuxième année de master et une moyenne de 2,1 au second semestre, étant précisé qu'elle n'a pas validé huit unités d'enseignement et qu'elle n'a pu soutenir son mémoire de stage faute de l'avoir remis de manière finalisée dans le délai imposé, ainsi que cela a été dit au point 7, étant précisé sur point que Mme C donne peu de précision sur sa situation dans sa demande de redoublement et que les éléments qu'elle apporte dans ses écritures contentieuses sont peu étayés, notamment quant aux motifs pouvant justifier la remise tardive de son second mémoire de stage. Par suite, dès lors qu'elle doit être regardée comme n'ayant pas mis le jury en mesure d'apprécier sa situation, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.

9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme C tendant à son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C, à son conseil Me Elissalde et à la présidente de l'Université Toulouse II Jean Jaurès.

Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.

La rapporteure,

M. PETRI

La présidente,

S. CAROTENUTO

La greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne à la ministre chargée de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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