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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106856

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106856

mardi 13 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106856
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 novembre 2021 et 30 août 2023, M. H G, représenté par Me Thalamas, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 mai 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande tendant au paiement de 345,49 heures supplémentaires, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux formé le 27 juillet 2021 ;

2°) d'enjoindre au préfet de la zone de défense et de sécurité sud de procéder au paiement des 345,49 heures supplémentaires ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 27 mai 2021 est entachée d'incompétence ;

- en 2015 son compteur individuel comptabilisait un crédit de 345,49 heures supplémentaires comme en atteste le courrier électronique du major E ; or, l'administration n'a procédé au règlement que de 74, 10 heures supplémentaires ;

- l'administration ne justifie pas cette différence d'heures supplémentaires.

Par un mémoire en défense enregistrés le 25 juillet 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité sud conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 ;

- le décret n° 2000-194 du 3 mars 2000 ;

- l'arrêté du 6 juin 2006 portant règlement général d'emploi de la police nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;

- les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique ;

- les observations de Me Touboul, substituant Me Thalamas.

Considérant ce qui suit :

1. M. H G, gardien de la paix, était affecté de 2005 jusqu'au 31 août 2015, à la brigade d'intervention du groupe d'intervention et de protection de la direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police à Paris. Il a été muté le 1er septembre 2015 au sein de la circonscription de la sécurité publique de Toulouse. M. G a été placé en arrêt maladie jusqu'à son admission à la retraite le 6 décembre 2020. Par la présente requête, M. G demande au tribunal d'annuler la décision du 27 mai 2021, par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande tendant au paiement de 345,49 heures supplémentaires, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux formé le 27 juillet 2021, et d'enjoindre au préfet de procéder au paiement des 345,49 heures supplémentaires.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 27 mai 2021 a été signée par Mme F A, adjointe au chef du pôle d'expertise et des services, qui a reçu délégation par un arrêté du préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, préfet des Bouches-du-Rhône et préfet de la zone de défense et de sécurité Sud en date du 23 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° R93-2021-052 du 31 mars 2021, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme C B, dans la limite de ses attributions, les actes et décisions courants relevant de la gestion financière et administrative de se son bureau, ainsi que les correspondances courantes. Il n'appartient pas, par ailleurs, à l'administration de justifier de l'empêchement des délégataires en l'absence d'éléments circonstanciés sur ce point. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 22 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale : " () / Les services accomplis au-delà de la durée hebdomadaire normale du travail sont compensés par des repos égaux ou équivalents qui doivent être accordés dans les plus courts délais compatibles avec les besoins du service, ou dans des conditions définies par décret, par un régime indemnitaire adapté. ". Aux termes de l'article 1er du décret du 3 mars 2000 fixant les conditions d'attribution d'une indemnité pour services supplémentaires aux fonctionnaires actifs de la police nationale : " Les fonctionnaires actifs de la police nationale, à l'exclusion des fonctionnaires du corps de conception et de direction et du corps de commandement, peuvent, lorsqu'ils sont amenés à effectuer des services supplémentaires non susceptibles de donner lieu à récupération, bénéficier d'une indemnité pour services supplémentaires. ". Enfin, aux termes de l'article 113-34 de l'arrêté du 6 juin 2006 portant règlement général d'emploi de la police nationale : " Les services supplémentaires (permanences, astreintes, rappels au service, dépassements horaires de la journée de travail ou de la vacation) effectués au-delà de la durée réglementaire de travail ouvrent droit : 1. Après prise en compte temps pour temps, à des repos égaux ou équivalents dans des conditions précisées par l'instruction générale relative à l'organisation du travail dans la police nationale. Sous réserve des dispositions relatives au compte épargne-temps dans la police nationale, sous réserve également des nécessités du service, ces repos, lorsqu'ils sont attribués aux fonctionnaires du corps d'encadrement et d'application, doivent être utilisés dans l'année civile au cours de laquelle ils ont été acquis. Ceux d'entre eux qui, compte tenu des nécessités du service, n'auraient pu être pris dans le délai ainsi prescrit restent dus ; 2. Ou à une indemnisation forfaitaire dans des conditions fixées par décret. () ".

4. Le requérant soutient que lorsqu'il était en fonction au sein de la brigade d'intervention du groupe d'intervention et de protection de la direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police à Paris, il aurait effectué 345,49 heures supplémentaires et que son compteur individuel d'heures supplémentaires dit " D " totaliserait un solde créditeur de 345, 49 heures supplémentaires. Si le requérant porte à l'appui de ses allégations, un courriel du Major E en date du 9 juin 2021 indiquant que la consultation de son compte individuel sur la base " D 2015 " fait apparaitre un compte créditeur de 345,49 heures supplémentaires, ce seul document, non corroboré ou étayé par d'autres éléments, ne suffit pas à justifier de la réalité des heures supplémentaires réclamées. Il ressort, en outre des pièces du dossiers, notamment de l'état du compteur " D " du requérant, établi au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2020, que le nombre total d'heures supplémentaires s'élève à 74,10 heures, et que ces heures ont bien été payées au requérant sur son salaire en juin 2021, comme en atteste le bulletin de salaire produit en défense. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité des décisions attaquées, doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision du 27 mai 2021 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité sud a rejeté sa demande tendant au paiement de 345,49 heures supplémentaires, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux formé le 27 juillet 2021, doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Les conclusions à fin d'annulation de M. G étant rejetées, ses conclusions susvisées à fin d'injonction doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.

Sur les frais liés au litige :

7. Les conclusions de M. G tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E:

Article 1 : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. H G et au préfet de la zone de défense et de sécurité sud.

Délibéré après l'audience du 30 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2024.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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