jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | D'HERS SERGE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2021, Mme C D épouse B, représentée par Me d'Hers, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2021 par lequel la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Tarn, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale ", ainsi qu'à ses trois enfants, par application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans le délai de dix jours à compter de la décision à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution provisoire de l'arrêté du 10 décembre 2021 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
- elles sont entachées d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne faute d'avoir été précédées d'une procédure contradictoire ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison du défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison du défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en raison de l'absence de mention du pays de destination en méconnaissance de l'article L. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, la préfète du Tarn conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 13 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Dans cette affaire, le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- les observations de Me d'Hers, représentant Mme D épouse B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D épouse B, de nationalité libanaise, est entrée en France le 20 septembre 2021, sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour d'une durée de quatre-vingt-dix jours, valable pour les Etats parties à la convention de Schengen, du 9 septembre 2021 au 8 septembre 2023, accompagnée de ses trois enfants mineurs, nés respectivement en 2007, 2010 et 2013. Le 23 octobre 2021, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 10 décembre 2021, la préfète du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun à l'ensemble des décisions :
2. Selon les dispositions de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ".
3. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
4. Si le droit d'être entendu exige que l'intéressé ne soit pas privé de la possibilité de faire valoir spontanément des observations pertinentes qui pourraient influer sur le contenu de la décision prise à son égard, il n'impose pas, en lui-même, qu'une procédure contradictoire soit conduite préalablement à l'édiction d'une décision de refus de séjour faisant suite à une demande de titre de séjour au terme de laquelle le requérant a été en mesure de faire valoir tous les éléments pertinents sur sa situation avant que soit prise la décision attaquée. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation du droit d'être entendu et du principe de bonne administration, principes généraux du droit de l'Union, doit être écarté comme infondé.
5. En l'espèce, Mme D épouse B a présenté une demande de titre de séjour et a été en mesure, à cette occasion, de faire valoir ses observations sur l'ensemble de sa situation, y compris la perspective d'un éventuel éloignement, et elle ne fait état d'aucun élément qu'elle n'aurait pu porter à la connaissance de l'administration par cette voie et qui aurait été de nature à influer sur le contenu des décisions prises à son égard. Le droit de l'intéressée d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le refus de titre de séjour, n'impose pas à l'autorité administrative de mettre l'intéressée à même de réitérer ses observations ou de présenter de nouvelles observations, de façon spécifique, sur l'obligation de quitter le territoire français et sur la fixation du pays d'éloignement, lesquelles sont prises concomitamment et en conséquence du refus de titre de séjour. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante aurait sollicité en vain un entretien et qu'elle aurait été privée de la possibilité de faire valoir auprès de l'administration des informations pertinentes susceptibles de remettre en cause la mesure d'éloignement et la mesure de détermination du pays de renvoi. Dès lors, Mme D épouse B n'est pas fondée à soutenir que les décisions contestées méconnaissent le droit d'être entendu garanti par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, selon les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
7. Il ressort des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français et lui accorde un délai de départ volontaire. Dès lors, si Mme D épouse B soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de motivation au titre des dispositions de la loi du 11 juillet 1979, nonobstant la circonstance que ces dispositions ont été abrogées à compter du 1er janvier 2016, l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, qui fixe les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de la loi du 11 juillet 1979, désormais codifié aux articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. En tout état de cause, en application des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire national, fondée sur le 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de la décision refusant à Mme D épouse B la délivrance d'un titre de séjour. Comportant les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement, la décision relative au refus de délivrance d'un titre de séjour est suffisamment motivée. Ainsi en conséquence, celle portant obligation de quitter le territoire français l'est également. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
8. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier, ni de la motivation de l'arrêté du 10 décembre 2021, qui mentionne les différents éléments de la situation particulière de Mme D épouse B, que la préfète du Tarn n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation au regard de son droit au séjour et de la possibilité de l'éloigner. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle.
9. En troisième lieu, selon les dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".
10. Il ressort des termes de la décision attaquée, qui porte uniquement obligation de quitter le territoire français que la préfète du Tarn n'a pas entendu édicter une mesure d'expulsion sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, codifié à l'article L. 631-1 à la date de l'arrêté du 10 décembre 2021, doit être écarté comme inopérant.
11. En quatrième lieu, selon les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
12. Si la requérante se prévaut d'attaches familiales en France, et en particulier de la présence de sa belle-sœur de nationalité française et de la famille de cette dernière, ainsi que de la scolarisation de ses trois enfants, il ressort des pièces du dossier que Mme D épouse B est entrée en France le 20 septembre 2021 à l'âge de quarante-deux ans, qu'elle a passé l'essentiel de son existence dans son pays d'origine, où elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales et personnelles, son mari, ses parents, sa sœur et ses frères résidant au Liban. La requérante qui est, à la date de l'arrêté attaqué, sans emploi, ne justifie ni de liens intenses en France à l'exception de ceux qui l'unissent aux membres de sa famille, qui demeurent limités par rapport à ceux qu'elle a conservés au Liban, ni d'une intégration particulière sur le territoire français. De surcroît, si la requérante entend se prévaloir de la situation politique au Liban, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui n'a pas pour objet de fixer le pays à destination duquel l'étranger sera reconduit. Enfin, la décision contestée n'a ni pour objet, ni pour effet, de la séparer de ses trois enfants, lesquels ont vocation à la suivre au Liban. Dans ces conditions, la préfète du Tarn n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision litigieuse a été prise. Par suite, Mme D épouse B n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 10 décembre 2021 a porté une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. En dernier lieu, il résulte de tout ce qui précède que la préfète du Tarn n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de Mme D épouse B en prenant la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée.
En ce qui concerne la décision fixant le pays d'éloignement :
14. En premier lieu, en indiquant que Mme D épouse B n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine et que la décision ne contrevient pas aux stipulations des articles 3 et 8 de cette convention, la préfète a suffisamment motivé la décision fixant le pays de renvoi. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
15. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier que la préfète du Tarn n'aurait pas procédé à un examen sérieux et suffisant de la situation personnelle de Mme D épouse B. Le moyen d'erreur de droit invoqué à cet égard doit être écarté.
16. En troisième lieu, selon les dispositions de l'article L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français mentionne le pays, fixé en application de l'article L. 721-3, à destination duquel l'étranger est renvoyé en cas d'exécution d'office ". Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, () ". Enfin, selon les dispositions de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : / 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; / 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; / 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
17. D'une part, contrairement à ce que la requérante soutient, l'article 3 de l'arrêté attaqué fixe comme pays de destination de la mesure d'éloignement " le Liban ou () tout autre pays où elle est légalement admissible ". Par suite, le moyen tiré du défaut de mention de pays de destination manque en fait et doit être écarté.
18. D'autre part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 12, la décision portant fixation du pays de destination ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, Mme D épouse B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée porte une atteinte disproportionnée au droit à la vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. En dernier lieu, Mme D épouse B, qui dispose d'attaches familiales au Liban, État dont elle a la nationalité, et qui ne fait état d'aucun risque particulier en cas de retour dans ce pays, n'est pas fondée à soutenir que la préfète du Tarn aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en fixant le Liban comme pays de destination de l'éloignement.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D épouse B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 10 décembre 2021. Sa requête doit donc être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions présentées par l'intéressée tendant à l'annulation des décisions attaquées, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par l'avocat de la requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D épouse B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D épouse B et au préfet du Tarn.
- Copie en sera adressée à Me Serge d'Hers.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Bernos, premier conseiller,
M. Quessette, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604347
Le Tribunal Administratif de Bordeaux a rejeté la requête en référé suspension de M. A..., ressortissant béninois, contre un arrêté préfectoral refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant et l'obligeant à quitter le territoire. Concernant l'obligation de quitter le territoire, le juge a jugé les conclusions irrecevables en raison de l'existence d'une procédure spéciale de recours suspensif prévue à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sur le refus de séjour, la condition d'urgence n'étant pas contestée, le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment le défaut d'examen particulier et la méconnaissance de l'article L. 422-1 du même code, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a donc été rejetée dans son intégralité.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Bordeaux — N° TA33-2604358
Le Tribunal Administratif de Bordeaux, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision de rupture de contrat de Mme B... prise par le maire de Léognan. Le juge a relevé que la requérante n'avait pas introduit de requête distincte en annulation, rendant ses conclusions à fin de suspension manifestement irrecevables. Par ailleurs, il a estimé que l'urgence n'était pas caractérisée, l'agent en période d'essai ne bénéficiant pas d'un droit à la poursuite de son contrat et son absence non justifiée à l'entretien préalable ne permettant pas de retenir un préjudice grave et immédiat.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2602937
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du ministre de l’intérieur du 26 mars 2026 informant M. A... de la perte de validité de son permis de conduire. La requête a été jugée irrecevable car M. A... n’avait pas déposé de recours en annulation parallèle, condition prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. À titre subsidiaire, le juge a estimé que le moyen tiré de ce que les infractions auraient été commises par son fils n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, la réalité des infractions étant établie par le paiement des amendes forfaitaires conformément à l’article L. 223-1 du code de la route.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Montpellier — N° TA34-2604046
Le Tribunal administratif de Montpellier, statuant en référé, a rejeté la demande de Mme B... qui sollicitait la suspension de saisies administratives à tiers détenteur émises pour le recouvrement de taxes foncières. La requérante invoquait l'urgence en raison de sa faible pension de retraite et un doute sérieux sur la légalité des saisies, notamment pour non-exigibilité d'une partie de la créance. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour Mme B... de justifier de conséquences graves liées à l'exécution des saisies. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026