jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200114 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 janvier 2022, 28 octobre 2022 et 24 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Mirepoix, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er juin 2021 par lequel le maire de Nailloux a procédé à sa mutation interne dans l'intérêt du service sur les fonctions d'agent d'entretien des bâtiments polyvalent au service technique, ensemble la décision du 8 novembre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de Nailloux de l'affecter sur un emploi correspondant à ses compétences et relevant de la catégorie B, à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nailloux le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de consulter son dossier avant son changement d'affectation, qui constitue une décision prise en considération de la personne ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un détournement de procédure et de pouvoir ;
- il est dépourvu de base légale ;
- il est illégal du fait de l'illégalité de la décision supprimant son emploi, qui est entachée d'incompétence de son auteur ;
- il constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- il constitue une discrimination à raison de l'appartenance syndicale.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 juin 2022, le 7 décembre 2022 et le 2 mars 2023, la commune de Nailloux, représentée par Me Thalamas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que l'arrêté attaqué constitue une simple mesure d'ordre intérieur qui ne fait pas grief ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 13 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 31 mars suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frindel ;
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;
- et les observations de Me Tesseyre, représentant la commune de Nailloux.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a été recruté en 2013 par la commune de Nailloux (31) en qualité d'adjoint technique pour exercer les fonctions d'assistant culturel à temps complet, au service de la cyber-base de la médiathèque. Par un arrêté du 1er juin 2021, le maire de Nailloux l'a affecté à compter du 1er juillet suivant sur des fonctions d'agent d'entretien des bâtiments polyvalent au service technique de la commune. Le requérant a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été expressément rejeté le 8 novembre 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, un changement d'affectation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la cyber-base, où était affecté M. A, a connu une baisse importante de fréquentation, pour ne totaliser que dix adhérents au mois de janvier 2021, en raison, d'une part, de la concurrence sur le territoire de deux nouvelles structures proposant des services similaires, et d'autre part, de la pandémie de COVID-19. C'est dans ce contexte que la commune de Nailloux a décidé, en vue d'adapter le service aux besoins de la population, de procéder à la fermeture de la cyber-base, ainsi qu'elle en a d'ailleurs informé M. A le 14 avril 2021. Si le requérant fait valoir que son changement d'affectation serait, en réalité, justifié par les relations qu'il entretient avec sa hiérarchie ainsi que par son activité syndicale, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'un tel lien puisse être identifié alors, au demeurant, qu'il ressort des comptes-rendus d'entretien d'évaluation produits à l'instance que les compétences professionnelles de M. A ont toujours été reconnues. Dans ces conditions, le changement d'affectation de ce dernier, sur un poste vacant correspondant à son cadre d'emploi et à son grade, décidé dans l'intérêt du service, ne saurait être regardé comme étant constitutif d'une sanction déguisée.
4. En deuxième lieu, dès lors que la décision de changement d'affectation contestée ne revêt pas le caractère d'une sanction, elle n'est pas au nombre des décisions devant être motivées en application des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté comme manquant en droit.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, dans sa rédaction applicable au litige : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". En vertu de ces dispositions, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.
6. Ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision contestée a été prise dans l'intérêt du service et non en considération de la personne de M. A. Par suite, ce dernier, lequel au demeurant a été préalablement avisé de l'intention de la commune de Nailloux de le changer d'affectation, ne saurait utilement faire valoir qu'il n'a pas été mis à même de demander communication de son dossier.
7. En quatrième lieu, si M. A fait valoir que la décision attaquée est dépourvue de base légale dès lors qu'elle a été prise alors que la suppression de son emploi n'avait pas été légalement décidée, un tel moyen doit être écarté comme étant inopérant dès lors que, si son changement d'affectation s'explique par cette suppression, celle-ci n'en constitue toutefois pas le fondement légal.
8. En cinquième lieu, la suppression de l'emploi de M. A, laquelle, ainsi qu'il vient d'être dit, ne constitue pas la base légale de la décision attaquée, n'avait ainsi pas à être préalablement actée pour que le changement d'affectation de l'intéressé n'intervienne. Par suite, les moyens tirés de ce que la commune de Nailloux aurait commis un détournement de pouvoir ainsi qu'un détournement de procédure en vue de se soustraire à la procédure imposée en matière de suppression d'emplois, et plus particulièrement, à l'obligation de saisine du comité technique, doivent être écartés.
9. En sixième et dernier lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions () syndicales () ".
10. En l'espèce et dès lors que, ainsi qu'il a été dit précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait été prise en raison des activités syndicales de M. A, le moyen tiré du caractère discriminatoire de cette décision doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 1er juin 2021, ni, par voie de conséquence, de la décision du 8 novembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
12. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par ce dernier ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nailloux, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme que demande la commune de Nailloux sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nailloux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Nailloux.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Meunier-Garner, présidente,
M. Frindel, conseiller,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
La présidente,
M.-O. MEUNIER-GARNER
La greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026