mardi 12 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200185 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DERKAOUI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 janvier 2022, M. A C, représenté par Me Derkaoui, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel la préfète de l'Ariège a ordonné sa remise aux autorités espagnoles et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans à son encontre ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur de droit faute d'un examen particulier de sa situation ;
- la décision de remise est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision d'interdiction de circulation porte une atteinte disproportionnée à son droit de circulation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2022, la préfète de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 27 septembre 2022.
Par décision du 16 novembre 2021, M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un Code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lequeux, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, né le 19 juin 1982 à Lahlef, de nationalité algérienne, bénéficie d'un titre de séjour longue durée délivré par les autorités espagnoles et valide jusqu'au 1er juillet 2025. A la suite de son interpellation à Vèbre le 28 avril 2021, la préfète de l'Ariège a pris à son encontre, le 29 avril 2021, un arrêté portant décision de remise aux autorités espagnoles et interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de deux ans.
2. Aux termes de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable : " I. Par dérogation aux articles L. 213-2 et L. 213-3, L. 511-1 à L. 511-3, L. 512-1, L. 512-3, L. 512-4, L. 513-1 et L. 531-3, l'étranger non ressortissant d'un Etat membre de l'Union européenne qui a pénétré ou séjourné en France sans se conformer aux dispositions des articles L. 211-1, L. 211-2, L. 311-1 et L. 311-2 peut être remis aux autorités compétentes de l'Etat membre qui l'a admis à entrer ou à séjourner sur son territoire, ou dont il provient directement, en application des dispositions des conventions internationales conclues à cet effet avec les Etats membres de l'Union européenne. / L'étranger visé au premier alinéa est informé de cette remise par décision écrite et motivée prise par une autorité administrative définie par décret en Conseil d'Etat. / () II. - L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision de remise prise en application du premier alinéa du I à l'encontre d'un étranger titulaire d'un titre de séjour dans un autre État membre de l'Union européenne d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans. () / Le prononcé et la durée de l'interdiction de circulation sont décidés par l'autorité administrative en tenant compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
3. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ci-dessus reproduites et mentionne les circonstances de fait, tirées de la méconnaissance des dispositions de l'article 6 du règlement du 9 mars 2016, qui ont justifié, selon la préfète de l'Ariège, l'édiction de cette mesure. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des pièces du dossier, que la préfète de l'Ariège n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation de l'intéressé. Le moyen d'erreur de droit soulevé sur ce point doit donc être écarté.
5. En troisième lieu, selon l'article 6 du règlement (UE) 2016/399 du 9 mars 2016 : " 1. Pour un séjour prévu sur le territoire des Etats membres, d'une durée n'excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours, ce qui implique d'examiner la période de 180 jours précédant chaque jour de séjour, les conditions d'entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes : / a) être en possession d'un document de voyage en cours de validité autorisant son titulaire à franchir la frontière () ; / b) être en possession d'un visa en cours de validité si celui-ci est requis en vertu du règlement (CE) n° 539/2001 du Conseil, sauf s'ils sont titulaires d'un titre de séjour ou d'un visa de long séjour en cours de validité ; / c) justifier l'objet et les conditions du séjour envisagé, et disposer de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans leur pays d'origine ou le transit vers un pays tiers dans lequel leur admission est garantie, ou être en mesure d'acquérir légalement ces moyens. () / e) ne pas être considéré comme constituant une menace pour l'ordre public, la sécurité intérieure, la santé publique ou les relations internationales de l'un des États membres et, en particulier, ne pas avoir fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans les bases de données nationales des États membres pour ces mêmes motifs. / 2. Pour l'application du paragraphe 1, la date d'entrée est considérée comme le premier jour de séjour sur le territoire des Etats membres et la date de sortie est considérée comme le dernier jour de séjour sur le territoire des Etats membres. () 4. L'appréciation des moyens de subsistance se fait en fonction de la durée et de l'objet du séjour et par référence aux prix moyens en matière d'hébergement et de nourriture dans l'Etat membre ou les Etats membres concernés, pour un logement à prix modéré, multipliés par le nombre de jours de séjour. / () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que si l'intéressé est détenteur d'un titre de séjour de résident de longue durée délivré par les autorités espagnoles, il ne remplit, ainsi que le relève l'arrêté attaqué, aucune des conditions posées par l'article 6 du règlement du 9 mars 2016. En particulier, il ressort des pièces du dossier qu'il ne disposait pas des moyens de subsistance suffisants pour son séjour et constituait, ainsi que l'a estimé l'administration, une menace pour l'ordre public en raison de faits de violence avec arme sur personne dépositaire de l'autorité publique et opposition à l'exercice des fonctions d'un agent des douanes, faits qu'il ne conteste pas sérieusement. La circonstance que l'intéressé était entré sur le territoire français depuis moins de trois mois à la date de l'arrêté est à cet égard sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que l'article 6 du règlement du 9 mars 2016 s'applique à tout séjour de moins de quatre-vingt-dix jours. Il en résulte que la préfète de l'Ariège a pu, sans entacher sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, ordonner la remise de l'intéressé aux autorités espagnoles en se fondant sur les dispositions précitées.
7. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que lors de son interpellation, M C a déclaré résider sur le territoire national et à Toulouse depuis 2011, sans disposer de titre de séjour. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé a déjà purgé une peine de six mois d'emprisonnement en 2017 pour des faits de blanchiment douanier et avait été réadmis en Espagne en 2018 à sa levée d'écrou. Il a de nouveau été interpellé pour des faits graves le 28 avril 2021. Enfin, il ne se prévaut d'aucun lien personnel ou familial sur le territoire français alors que sa famille proche réside en Algérie et qu'il bénéficie d'un droit au séjour en Espagne. Dans ces conditions, la préfète de l'Ariège a pu, sans méconnaître les dispositions précitées de l'article L. 531-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni porter une atteinte disproportionnée à sa liberté de circulation, prononcer à son encontre une décision d'interdiction de circulation sur le territoire national pour une durée de deux ans.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Me Derkaoui et au préfet de l'Ariège.
Délibéré après l'audience du 31 août 2023, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lequeux, conseillère,
,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 septembre 2023.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUD La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026