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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200520

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200520

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200520
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Résumé IA

**Résumé de la décision du Tribunal Administratif de Toulouse (6ème Chambre)** Le tribunal était saisi par M. A d’un recours pour excès de pouvoir contre la décision implicite de l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) rejetant son recours administratif préalable. Cette décision confirmait le retrait partiel de la prime "MaPrimeRénov’" (réduite de 7 700 € à 1 200 €) pour l’installation de panneaux solaires hybrides et de chauffe-eaux, au motif que les factures produites présentaient des irrégularités techniques (notamment l’incohérence du fluide R134A pour un chauffe-eau solaire). Le tribunal a rejeté la requête, considérant que l’ANAH avait légalement fondé sa décision sur les dispositions du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 et de l’arrêté du 14 janvier 2020, après avoir constaté que les pièces justificatives n’étaient pas conformes aux exigences réglementaires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 23 mai 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'agence nationale de l'habitat (ANAH) sur son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 13 octobre 2021 portant retrait partiel de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov' " qui lui avait été accordée pour la pose de panneaux solaires hybrides, d'un chauffe-eau solaire individuel et d'un chauffe-eau thermodynamique à son domicile situé à Pamiers.

Il doit être regardé comme soutenant que les équipements installés à son domicile sont éligibles à la prime de transition énergétique et conformes aux normes en vigueur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 décembre 2022, la directrice générale de l'ANAH conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 7 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel, rapporteur, ;

- et les observations de M. Leymarie, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 27 avril 2021, M. A a déposé une demande de prime de transition énergétique pour l'installation de panneaux solaires hybrides, d'un chauffe-eau solaire individuel et d'un chauffe-eau thermodynamique à son domicile de Pamiers (Ariège). Le 8 juin 2021, la directrice générale de l'agence nationale de l'habitat (ANAH) l'a informé qu'au vu du projet présenté, une prime estimée à 7 700 euros lui serait accordée. Toutefois, par une décision du 13 octobre 2021, elle lui a notifié un montant définitif de subvention réduit à 1 200 euros, au titre de la pompe à chaleur intégrée au chauffe-eau thermodynamique, au motif que le montant mentionné sur la facture concernant les deux autres postes de travaux n'était pas conforme. Le 22 octobre 2021, M. A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision. Le silence gardé par l'ANAH sur sa demande a fait naître une décision implicite de rejet le 22 décembre 2021. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cette dernière décision.

2. Aux termes de l'article 3 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur () / Le montant de la prime dépend également des caractéristiques des dépenses éligibles () / II.- La demande de prime peut porter sur une ou plusieurs dépenses éligibles () ". L'annexe 1 du même décret fixe la liste des dépenses éligibles à la prime de transition énergétique, au nombre desquelles figurent les " Equipements de chauffage ou de fourniture d'eau chaude sanitaire fonctionnant avec des capteurs solaires hybrides thermiques et électriques à circulation de liquide " et les " Pompes à chaleur dédiées à la production d'eau chaude sanitaire ". Selon l'article 5 de l'arrêté susvisé du 14 janvier 2020 : " L'Agence nationale de l'habitat, après vérification des pièces produites à la demande de paiement, liquide le montant du solde à payer au regard des dépenses effectivement supportées par le bénéficiaire () / L'ordonnateur atteste et certifie l'exactitude des éléments retenus pour cette liquidation : () / - la régularité et la conformité des factures produites ou autres documents produits prévus en annexe 2 du présent arrêté avec le projet déclaré par le demandeur ou son mandataire, objet de la décision attributive de prime ; / - la nature et le montant des travaux et prestations retenus au regard des pièces justificatives du paiement () ".

3. Lorsque la décision prise à la suite d'un recours administratif préalable obligatoire est implicite et que le requérant n'en a pas sollicité la communication des motifs en application de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, elle doit être regardée comme fondée sur les mêmes motifs que la décision initiale à laquelle elle se substitue.

4. Il ressort de la motivation de la décision initiale du 13 octobre 2021, éclairée par les écritures en défense de la directrice de l'ANAH, que celle-ci a entendu opposer à M. A la circonstance que la première facture jointe à l'appui de sa demande de paiement et versée dans la présente instance le 10 mai 2022, présentait des irrégularités, ne permettant de prendre en compte que le seul poste de travaux lié à l'installation d'un chauffe-eau thermodynamique. En particulier, l'ANAH indique que les caractéristiques techniques mentionnées sur cette facture concernant le chauffe-eau solaire individuel sont incohérentes, dès lors que le fluide R134A n'est pas utilisé pour ce type d'équipement. Elle fait par ailleurs valoir que la nouvelle facture produite par M. A à l'appui de son recours administratif préalable obligatoire, versée dans la présente instance le 30 janvier 2022, outre qu'elle comporte le même numéro et la même date que la facture initiale, présente également de nombreuses irrégularités, à savoir l'absence de mention de la " partie thermique " d'un panneau hybride, la mention sous la même référence de deux chauffe-eaux de technologies différentes, l'indication du chauffe-eau solaire comme fonctionnant avec le fluide R134A alors que ce fluide n'est pas utilisé pour ce type d'équipement et la mention d'un chauffe-eau solaire individuel de 300 litres de marque Airwell alors que la première facture indiquait un chauffe-eau de 270 litres.

5. Les incohérences mises en évidence par l'ANAH dans son mémoire en défense, qui ressortent tant de la comparaison des deux factures précitées que des mentions figurant sur chacune d'entre elles, et qui n'ont suscité aucune réplique de la part du requérant, lequel n'a pas produit la notice technique de l'appareil en litige, ne permettent pas de déterminer le type et la capacité du chauffe-eau solaire individuel installé au domicile de ce dernier, non plus, au demeurant, que sa marque. Par suite, l'ANAH était fondée, compte tenu de ces irrégularités, à n'accorder aucune aide au titre du chauffe-eau solaire individuel, quand bien même il aurait été installé dans le respect des normes techniques applicables. Par voie de conséquence, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que la pose de panneaux solaires hybrides aurait été justifiée en l'absence de chauffe-eau solaire, et alors en outre que les mentions contradictoires figurant sur les deux factures ne permettent pas de déterminer avec certitude le coût de la partie thermique des panneaux hybrides, seule éligible à la prime de transition énergétique au titre des équipements de fourniture d'eau chaude sanitaire fonctionnant avec des capteurs solaires hybrides thermiques et électriques à circulation de liquide, l'ANAH était également fondée à n'accorder aucune aide à ce titre, quand bien même les panneaux auraient été installés dans le respect des normes techniques applicables. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision en litige de la directrice générale de l'ANAH.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête présentée par M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Bouisset, première conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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