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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200522

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200522

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200522
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantPETER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 janvier et 6 mai 2022, M. D G, Mme F J, M. E K, M. B H, Mme I C et M. A C demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Montmaurin a interdit le stationnement bilatéral de tous les véhicules en bordure et sur la chaussée sur une longueur de soixante-quinze mètres de part et d'autre du virage en angle droit situé à l'embranchement de la route départementale n° 9D et de la voie communale n°3.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté municipal leur a été notifié dans des conditions irrégulières ;

- l'arrêté municipal a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son adoption n'a pas été précédée d'une concertation préalable ;

-l'arrêté municipal est entaché d'erreur de fait dès lors que le stationnement n'a jamais été bilatéral sur la voie communale n°3 ;

- la mesure d'interdiction de stationnement est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 avril 2022, la commune de Montmaurin, représentée par Me Peter, conclut au rejet de la requête et, en outre, à la mise à la charge des requérants d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la constitution de nouveaux requérants dans le mémoire produit le 6 mai 2022 est irrecevable ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 24 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mars 2023 à 12h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuny,

- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,

- et les observations de Me Peter, représentant la commune de Montmaurin.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 2 décembre 2021, dont il est demandé l'annulation, le maire de la commune de Montmaurin a interdit le stationnement bilatéral de tous les véhicules en bordure et sur la chaussée sur une longueur de soixante-quinze mètres de part et d'autre du virage en angle droit situé à l'embranchement de la route départementale n° 9D et de la voie communale n°3.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 2213-2 du code général des collectivités territoriales : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : () 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains () ".

3. En premier lieu, l'acte litigieux est un acte réglementaire dont la publicité a été assurée par voie d'affichage en mairie. Sa distribution auprès des principaux riverains concernés par l'interdiction de stationnement qu'il implique n'est qu'une simple mesure d'information prise par la commune de Montmaurin. Dès lors, la circonstance que le plan annexé à l'arrêté était en noir et blanc alors que sa légende identifiait en rouge la zone concernée par l'interdiction de stationnement est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par suite, ce moyen est inopérant et doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne résulte pas des dispositions précitées ni d'aucune autre disposition qu'une décision par laquelle le maire d'une commune décide de règlementer l'arrêt et le stationnement des véhicules dans sa commune doit être précédée de la mise en œuvre d'une procédure contradictoire ou d'une consultation des riverains préalablement à l'adoption de cet arrêté. Par suite, ce moyen est inopérant et doit être écarté.

5. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de fait au motif que le stationnement n'aurait jamais été bilatéral sur la voie communale n°3, ils ne l'établissent pas. Par suite, ce moyen doit être écarté.

6. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier que le maire de Montmaurin a interdit le stationnement bilatéral de tous les véhicules en raison de l'absence de visibilité occasionnée par les véhicules en stationnement des deux côtés du virage en angle droit. Il ressort des clichés produits par les requérants que la circulation des véhicules sur cette portion de voie modeste est, d'une part, dangereuse puisqu'elle emporte le déport des véhicules circulant de la voie communale n°3 vers la route départementale n°9D sur la gauche et, d'autre part, difficile lors de croisements, notamment en présence de véhicule volumineux en dépit de la limitation de la vitesse à trente kilomètres par heure sur cette portion. Il en ressort également que le stationnement de véhicules sur le bas-côté est de nature à accentuer la restriction de visibilité sur cette portion de voie qui résulte, principalement et ainsi que le concèdent les requérants, de la disposition même des lieux sans que ne puisse être utilement opposée la circonstance, au surplus non établie, qu'aucun accident n'aurait été répertorié à cet endroit depuis 2016. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que la mesure litigieuse empêcherait l'arrêt de tout type de véhicule, dont les véhicules d'urgence et ceux chargés du ramassage des ordures ménagères, à proximité de leur domicile dès lors qu'elle se borne à interdire le stationnement et non l'arrêt de véhicules. Enfin, le bien-fondé des aménagements matériels mis en place pour faire respecter l'interdiction de stationnement ne peut en tout état de cause être utilement invoqué. Il suit de là que la mesure d'interdiction en litige, qui apparaît limitée en fonction des nécessités constatées, n'est pas disproportionnée. Par suite, le moyen doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que M. G, Mme J, M. K, M. H, et M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 2 décembre 2021.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. G, Mme J, M. K, M. H, M. C et Mme C une somme globale de 1 200 euros au titre des frais exposés par la commune de Montmaurin et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G, Mme J, M.Kn, M. H, et M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : M. G, Mme J, M.Kn, M. H, M. C et Mme C verseront à la commune de Montmaurin une somme globale de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D G, Mme F J, M. EKn, M. B H, Mme I C et M. A C, et à la commune de Montmaurin.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clen, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Cuny, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

La rapporteure,

L. CUNY

Le président,

H. CLENLa greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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