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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201499

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201499

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201499
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête de Mme B A, qui contestait le refus du préfet du Tarn de lui accorder une aide financière exceptionnelle pour des dommages liés à la sécheresse de 2018. Le tribunal a estimé que la requérante ne justifiait pas être propriétaire en pleine propriété du bien immobilier concerné, condition requise par le décret n° 2020-1423 du 19 novembre 2020. De plus, Mme A n'a pas contesté le second motif de refus, à savoir l'inéligibilité des travaux projetés, ce qui suffisait à fonder la décision. Enfin, le moyen tiré d'une discrimination a été écarté faute de précisions suffisantes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 et 23 mars 2022 et régularisés le 11 juin suivant, et un second mémoire, enregistré le 13 janvier 2023, Mme B A, représentée en dernier lieu par Mme C A et M. D A en vertu d'un jugement d'habilitation familiale générale du 17 novembre 2022, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 janvier 2022 par laquelle le préfet du Tarn a rejeté sa demande d'aide dans le cadre du dispositif d'aide exceptionnelle argile-sécheresse au titre de l'année 2018, ensemble la décision du 4 mars 2022 rejetant son recours gracieux.

Elle soutient que :

- elle doit être regardée comme propriétaire au sens et pour l'application de l'article 1er du décret du 19 novembre 2020 relatif au dispositif exceptionnel de soutien aux victimes de l'épisode de sécheresse-réhydratation des sols survenu en 2018, modifié par décret du 29 septembre 2021, dès lors qu'elle conserve la pleine propriété de la moitié de la valeur, majorée de 20 %, de la maison d'habitation située à Castres qui a subi des dommages, et qu'elle est usufruitière pour le surplus ;

- en sa qualité d'usufruitière du bien immobilier en cause, et conformément aux dispositions du code civil, elle se doit d'engager les travaux nécessaires pour réparer les dommages causés à l'édifice du fait des mouvements du terrain consécutifs à l'épisode de sécheresse survenu en 2018 ;

- les décisions attaquées sont discriminatoires.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 décembre 2022, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute pour Mme C A de justifier d'une qualité lui donnant intérêt pour agir ;

- aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par une ordonnance du 31 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 23 juin suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le décret n° 2020-1423 du 19 novembre 2020 ;

- l'arrêté du 19 novembre 2020 relatif au dispositif exceptionnel de soutien aux victimes de l'épisode de sécheresse-réhydratation des sols survenu en 2018 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel, rapporteur ;

- et les observations de M. Leymarie, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 15 décembre 2021, Mme B A a déposé une demande d'aide financière dans le cadre du dispositif exceptionnel de soutien aux victimes les plus affectées par l'épisode de sécheresse-réhydratation des sols survenu en 2018, mis en place par le décret du 19 novembre 2020 susvisé, en raison des dommages apparus sur une maison d'habitation située 5, impasse de Fretemiche à Castres (Tarn). Par une décision du 18 janvier 2022, le préfet du Tarn a rejeté sa demande comme irrecevable. Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été rejeté le 4 mars 2022. Par la présente requête, elle doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de ces deux décisions.

2. Pour rejeter comme irrecevable la demande d'aide présentée par Mme B A, le préfet du Tarn s'est fondé, d'une part, sur la circonstance qu'elle n'est pas détentrice de la pleine propriété de l'immeuble en cause et, d'autre part, sur le fait que les travaux projetés n'entrent pas dans la liste de ceux éligibles à cette aide.

3. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 19 novembre 2020 susvisé relatif au dispositif exceptionnel de soutien aux victimes de l'épisode de sécheresse-réhydratation des sols survenu en 2018 : " Une aide financière exceptionnelle peut être attribuée aux propriétaires occupant un bâtiment d'habitation regroupant un seul logement, pour réparer les dommages structuraux subis par celui-ci en conséquence de l'épisode de sécheresse-réhydratation des sols intervenu en 2018, sous réserve qu'ils n'aient pas déjà bénéficié de concours publics au titre de ce phénomène. / L'aide ne peut être accordée que si le bâtiment est occupé à titre de résidence principale par le ou les propriétaires à la date de début des travaux et prestations mentionnés au quatrième alinéa de l'article 3. / Un logement effectivement occupé au moins six mois par an sauf obligation professionnelle, maladie affectant le bénéficiaire de l'aide ou cas de force majeure constitue une résidence principale au sens du deuxième alinéa ".

4. Si Mme A soutient être, depuis le décès de son époux en 2016, propriétaire en pleine propriété de la moitié de la valeur de la maison d'habitation située 5, impasse de Fretemiche à Castres, augmentée de 20 %, et usufruitière pour le surplus, elle ne l'établit pas par les pièces qu'elle produit. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet du Tarn a entaché sa décision d'une erreur de droit en lui refusant le bénéfice du dispositif d'aide exceptionnelle au motif qu'elle n'est pas détentrice de la pleine propriété de cette maison mais seulement usufruitière, doit être écarté.

5. En deuxième lieu, et en tout état de cause, Mme A ne conteste pas, dans la présente instance, l'autre motif opposé par le préfet pour fonder sa décision du 18 janvier 2022, tenant à ce que les travaux projetés ne sont pas éligibles au dispositif d'aide précité. Et il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur ce second motif.

6. En troisième et dernier lieu, le moyen tiré de ce que les décisions attaquées méconnaissent le principe d'égalité et sont discriminatoires n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par le préfet du Tarn, que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 18 janvier 2022 rejetant sa demande d'aide dans le cadre du dispositif d'aide exceptionnelle argile-sécheresse 2018, ni, par voie de conséquence, la décision du 4 mars 2022 rejetant son recours gracieux.

8.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à M. D A et au préfet du Tarn.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Bouisset, première conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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