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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201883

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201883

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201883
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête de Mme A, qui contestait le refus de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) de lui accorder la prime "MaPrimeRénov'" pour l'installation d'une chaudière à gaz. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation. Le tribunal a jugé que la décision de l'ANAH était légale, car les travaux avaient été commencés avant le dépôt de la demande, en violation de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020. La circonstance que la requérante ne pouvait pas déposer sa demande plus tôt en raison d'un précédent dossier non soldé a été jugée sans incidence sur l'application de cette règle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 mars 2022, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 18 février 2022 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre le retrait total de l'aide qui lui avait été accordée au titre du dispositif " MaPrimeRénov' " pour la pose d'une chaudière à gaz à très haute performance énergétique (THPE) dans son logement situé à Rodez.

Elle soutient ne pas avoir pu déposer sa demande d'aide avant le commencement des travaux dès lors qu'un précédent dossier de subvention, concernant une fenêtre, n'était pas encore clôturé, et n'avoir eu d'autre choix que de faire remplacer sa chaudière au plus vite dès lors que l'ancienne était en panne.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 avril 2023, la directrice générale de l'ANAH conclut au rejet.

Elle fait valoir que la circonstance que Mme A ne pouvait déposer son dossier de demande de prime portant sur l'installation de la chaudière à gaz THPE qu'à compter de la finalisation de sa précédente demande concernant le remplacement d'une fenêtre est sans incidence sur l'applicabilité des dispositions de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020, selon lequel les dossiers de demande de prime doivent être déposés avant le commencement des travaux, et que la situation de la requérante n'entre dans aucune des exceptions et dérogations énoncées à cet article.

Par une ordonnance du 28 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 mai suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 ;

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel, rapporteur ;

- et les observations de M. Leymarie, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a déposé le 17 juin 2021 une demande de prime de transition énergétique pour l'installation d'une chaudière à gaz à très haute performance énergétique (THPE) dans son appartement situé à Rodez (Aveyron). Par décision du 23 juin 2021, une aide d'un montant de 1 200 euros lui a été accordée. L'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a toutefois retiré cette décision, au motif que la facture afférente aux travaux était antérieure à la date du dépôt de la demande de prime. La requérante a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision, qui a été rejeté pour le même motif par une décision du 18 février 2022 de la directrice générale de l'ANAH. Mme A demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.

2. Aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique, dans sa rédaction applicable aux demandes de prime déposées entre le 1er janvier 2021 et le 30 juin 2021 : " () II.- Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. / Toutefois, le directeur général de l'agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment : / -en cas de travaux ou prestations urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / -en cas de dommages causés par une catastrophe naturelle ou technologique, ou par effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones, dûment constatés en application des articles L. 125-1, L. 122-7 et L. 128-1 du code des assurances ; / Par dérogation au premier alinéa du présent II : / 1° entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021, le bénéficiaire mentionné au I de l'article 1 appartenant aux catégories mentionnées aux 3° et 4° de l'article 3 du présent décret peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2020 sur la base d'un devis signé entre ces mêmes dates ; / 2° entre le 1er juillet 2021 et le 31 décembre 2021, le bénéficiaire mentionné au II de l'article 1 du présent décret peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations du 1er octobre 2020 au 30 juin 2021 sur la base d'un devis signé entre ces mêmes dates ; / 3° entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2022, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir réalisé la prestation mentionnée au 8 ou 14 de l'annexe 1 du présent décret. () ". Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 14 janvier 2020 susvisé : " () / III.- Un même propriétaire peut déposer une nouvelle demande de prime, pour un même logement, sous réserve que la première demande soit soldée, dans la limite du plafond fixé au VI de l'article 3 du décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 précité ".

3. Il est constant que Mme A a déposé une demande de prime de transition énergétique pour la pose d'une chaudière à gaz THPE le 17 juin 2021, alors que les travaux étaient achevés. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces travaux devaient être réalisés d'urgence en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes au sens des dispositions précitées, ni qu'ils entreraient dans les autres exceptions et dérogations prévues par l'article 2 du décret du 14 janvier 2020. Dès lors, la directrice générale de l'ANAH pouvait légalement s'opposer, pour le motif rappelé au point 1, à la demande de prime déposée par la requérante. A cet égard, est sans incidence la circonstance qu'en application de l'article 3 de l'arrêté du 14 janvier 2020, Mme A ait dû attendre la clôture d'une précédente demande relative à des travaux de remplacement d'une fenêtre pour pouvoir déposer sa nouvelle demande de prime. Par suite, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 18 février 2022 rejetant son recours administratif préalable obligatoire.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Grimaud, président,

Mme Bouisset, première conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

Le président,

P. GRIMAUD

La greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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