LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2201921

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2201921

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2201921
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une première requête, enregistrée le 5 avril 2022 sous le n°2201921, la société par actions simplifiée Invest, représentée par Me Magrini, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 février 2022 par laquelle le maire d'Eaunes s'est opposé à sa déclaration préalable portant sur la division foncière d'un terrain en vue de créer un lot à bâtir, situé au n°740, chemin de Cantoperdric ;

2°) d'enjoindre au maire d'Eaunes de lui délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable pour le projet en litige, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Eaunes le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article 1.3 de la section 2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) d'Eaunes applicable en zone UC relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques, dès lors que le terrain est desservi par une voie privée d'environ quatre mètres de large ouverte à la circulation publique et que toutes les limites de la parcelle n°140 sont situées dans une bande de trente mètres à partir de l'alignement de cette voie.

Par un mémoire, enregistré le 6 décembre 2022, la commune d'Eaunes, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Invest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;

- à titre subsidiaire, le maire d'Eaunes était tenu de s'opposer à la déclaration préalable en litige, faute de division foncière en propriété ou en jouissance, et dès lors que les parcelles composant le lot à créer sont déjà existantes.

Par une ordonnance du 5 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars suivant.

Par un courrier du 3 février 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que l'opération déclarée par la société Invest le 24 janvier 2022, qui ne saurait s'analyser comme une division foncière, ne nécessitait aucune autorisation d'urbanisme, de telle sorte que le maire d'Eaunes ne pouvait légalement s'y opposer par sa décision du 28 février 2022, laquelle a dès lors méconnu le champ d'application de la loi.

II- Par une seconde requête et un mémoire, enregistrés les 26 janvier et 5 juillet 2023 sous le n°2300469, la société par actions simplifiée Invest, représentée par Me Magrini, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 1er décembre 2022 par laquelle le maire d'Eaunes s'est opposé à sa déclaration préalable portant sur la division foncière d'un terrain en vue de créer un lot à bâtir, situé au n°740, chemin de Cantoperdric ;

2°) d'enjoindre au maire d'Eaunes de lui délivrer un arrêté de non-opposition à déclaration préalable pour le projet en litige, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous une astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Eaunes le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit, dès lors que le projet envisagé ne nécessitait pas de demande de permis d'aménager, la voie desservant la parcelle n°140 existante et étant aménagée avant la division foncière et ne pouvant donc être considérée comme à créer au sens de l'article R. 421-19 du code de l'urbanisme ;

- la substitution de motifs sollicitée en défense doit être écartée.

Par des mémoires, enregistrés les 6 juin et 24 juillet 2023, la commune d'Eaunes, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la société Invest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen soulevé n'est pas fondé ;

- à titre subsidiaire, la décision contestée pouvait légalement être fondée sur la méconnaissance de l'article 1.3 de la section 2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) d'Eaunes applicable en zone UC relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques.

Par une ordonnance du 22 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 septembre suivant.

Par un courrier du 3 février 2025, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de ce que l'opération déclarée par la société Invest le 14 novembre 2022, qui ne saurait s'analyser comme une division foncière, ne nécessitait aucune autorisation d'urbanisme, de telle sorte que le maire d'Eaunes ne pouvait légalement s'y opposer par sa décision du 1er décembre 2022, laquelle a dès lors méconnu le champ d'application de la loi.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel ;

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;

- les observations de Me Ouattara, représentant la société Invest ;

- et les observations de Me Courrech, représentant la commune d'Eaunes.

Considérant ce qui suit :

1. Le 24 janvier 2022, la société par actions simplifiée Invest a déposé une déclaration préalable de division foncière en vue du détachement d'un lot à bâtir sur les parcelles cadastrées section AL n°134 et n°140, situées au n°740, chemin de Cantoperdric dans la commune d'Eaunes (31). Par une décision du 22 février 2022, le maire de cette commune s'est opposé à la division foncière ainsi déclarée. Le 14 novembre 2022, la SAS Invest a déposé une seconde déclaration préalable de division foncière portant sur le même projet. Par une décision du 1er décembre 2022, le maire d'Eaunes s'est, une seconde fois, opposé à la division foncière déclarée. Par les deux requêtes susvisées, la société Invest demande au tribunal l'annulation des décisions du 22 février 2022 et du 1er décembre 2022. Ces requêtes présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme : " Constitue un lotissement la division en propriété ou en jouissance d'une unité foncière ou de plusieurs unités foncières contiguës ayant pour objet de créer un ou plusieurs lots destinés à être bâtis. ". Aux termes de l'article R. 421-19 du même code : " Doivent être précédés de la délivrance d'un permis d'aménager : a) Les lotissements : / -qui prévoient la création ou l'aménagement de voies, d'espaces ou d'équipements communs à plusieurs lots destinés à être bâtis et propres au lotissement. Les équipements pris en compte sont les équipements dont la réalisation est à la charge du lotisseur ; / -ou qui sont situés dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, dans les abords des monuments historiques, dans un site classé ou en instance de classement ". Aux termes de l'article L. 442-3 dudit code : " Les lotissements qui ne sont pas soumis à la délivrance d'un permis d'aménager doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ".

En ce qui concerne la légalité de la décision du 22 février 2022 :

3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du plan cadastral, que les parcelles cadastrées n°134 et n°140 existaient déjà à la date de la déclaration préalable déposée le 24 janvier 2022. Le projet de la société requérante, présenté à tort comme visant à détacher un lot constitué desdites parcelles, et qui consiste en réalité à les réunir, ne peut dès lors être regardé comme ayant pour objet de procéder à une division foncière au sens de l'article L. 442-1 du code de l'urbanisme, et n'était donc soumis à aucune formalité au titre du code de l'urbanisme. Par suite, le maire d'Eaunes ne pouvait légalement s'y opposer sans méconnaître le champ d'application des dispositions citées au point 2.

4. Si la commune sollicite une substitution de motif en faisant valoir, précisément, que l'opération projetée n'emportait aucune division foncière, une telle considération ne saurait légalement fonder une décision d'opposition à déclaration préalable dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point précédent, cette opération n'est soumise à aucune formalité au titre du code de l'urbanisme.

5. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la société Invest est fondée à demander l'annulation de la décision du 22 février 2022.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 1er décembre 2022 :

7. L'opération litigieuse étant identique à celle ayant donné lieu à la première déclaration préalable déposée le 24 janvier 2022, l'arrêté attaqué est, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 3, intervenu en méconnaissance du champ d'application des dispositions citées au point 2.

8. Aux termes de ses mémoires en défense enregistrés les 6 juin et 24 juillet 2023, la commune d'Eaunes soutient que la décision contestée pouvait légalement être fondée sur le motif tiré de ce que le projet déclaré permettrait l'implantation d'une construction dont la compatibilité avec les dispositions de l'article 1.3 de la section 2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme d'Eaunes applicables en zone UC ne pourrait être ultérieurement assurée lors de la délivrance d'une l'autorisation d'urbanisme. Toutefois, et dès lors, ainsi qu'il a été dit, que le projet en litige ne procède à aucune division foncière et n'est pas soumis au dépôt d'une déclaration préalable, la substitution de motif sollicitée ne peut être accueillie pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 4 du présent jugement.

9. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens n'est susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.

10. Il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 9 que la société Invest est fondée à demander l'annulation de la décision du 1er décembre 2022.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

11. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.

12. En l'espèce, et ainsi qu'il a été dit, le projet de la société requérante ne nécessitant aucune autorisation au titre du code de l'urbanisme, ses conclusions tendant à la délivrance d'une décision de non-opposition à déclaration préalable, qui constituerait en l'espèce un acte superfétatoire, ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de la société Invest, qui n'a pas pour l'essentiel la qualité de partie perdante dans les présentes instances, les sommes que demande la commune d'Eaunes au titre des frais exposés par elle. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances des espèces, de mettre à la charge de la commune d'Eaunes les sommes que demande la société Invest sur leur fondement.

D E C I D E :

Article 1er : Les décisions du 22 février 2022 et du 1er décembre 2022 par lesquelles le maire d'Eaunes s'est opposé aux déclarations préalables présentées par la société Invest sont annulées.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Invest et à la commune d'Eaunes.

Délibéré après l'audience du 7 février 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Meunier-Garner, présidente,

Mme Bouisset, première conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

M.-O. MEUNIER-GARNER

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos2201921, 2300469

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions