jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2202166 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | HIRTZLIN-PINÇON OLIVIER |
Vu les procédures suivantes :
I- Sous le n° 2202166, par une requête et des mémoires, enregistrés les 14 avril 2022, 4 juillet 2024 et 30 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de Toulouse a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 1 132,45 euros, le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros, et la date d'effet de cette rente au 29 janvier 2019 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel la même autorité a retiré l'article 2 de l'arrêté du 8 février 2022 susmentionné, a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 844,33 euros et le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros ;
3°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel la même autorité a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 874,17 euros, le salaire de référence à la somme de 30 406,23 euros, et la date d'effet de cette rente au 5 octobre 2018 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de prendre une nouvelle décision le concernant, de régulariser sa situation administrative et de lui verser le reliquat des sommes qui lui sont dues, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de se réserver la liquidation de cette astreinte ;
5°) de condamner la commune de Toulouse à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
6°) d'appliquer l'anatocisme et l'intérêt légal sur toutes les sommes pertinentes ;
7°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec distraction à Me Hirtzlin-Pinçon.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de forme, dès lors que la signature de leur auteur est illisible et qu'aucun tampon n'a été apposé ;
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- le montant trimestriel de la rente est erroné ;
- le salaire de référence retenu est erroné, faute de revalorisation régulière ;
- la date de régularisation de sa situation est erronée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 mai et 8 août 2024, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
A titre principal :
- l'examen de la requête, qui a pour objet de contester la légalité de décisions relatives à l'attribution de la rente d'invalidité versée par la commune en application des articles L. 434-1 et suivants du code de la sécurité sociale, prises en exécution d'un jugement du pôle social du tribunal judiciaire du 26 octobre 2021, ressortit à la compétence du juge judiciaire et non du tribunal administratif ;
A titre subsidiaire :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 février 2022, dès lors que cette décision a été retirée et remplacée en cours d'instance par un arrêté du 9 mai 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2022 sont irrecevables, dès lors, d'une part, que cette décision avait été retirée et remplacée par l'arrêté du 9 mai 2022 susmentionné avant l'introduction de la requête n° 2205816 et, d'autre part, que ces conclusions sont tardives ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, faute de demande préalable de nature à faire naître une décision liant le contentieux ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision du 9 mai 2022 n'est fondé ;
A titre infiniment subsidiaire :
- la responsabilité de la commune ne saurait être engagée, faute pour le requérant de justifier d'un préjudice moral.
Par une ordonnance du 9 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre suivant.
II- Sous le n° 2203847, par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 juillet 2022, 4 juillet 2024 et 30 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de Toulouse a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 1 132,45 euros, le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros, et la date d'effet de cette rente au 29 janvier 2019 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel la même autorité a retiré l'article 2 de l'arrêté du 8 février 2022 susmentionné, a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 844,33 euros et le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros ;
3°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel la même autorité a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 874,17 euros, le salaire de référence à la somme de 30 406,23 euros, et la date d'effet de cette rente au 5 octobre 2018 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de prendre une nouvelle décision le concernant, de régulariser sa situation administrative et de lui verser le reliquat des sommes qui lui sont dues, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de se réserver la liquidation de cette astreinte ;
5°) de condamner la commune de Toulouse à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
6°) d'appliquer l'anatocisme et l'intérêt légal sur toutes les sommes pertinentes ;
7°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec distraction à Me Hirtzlin-Pinçon.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de forme, dès lors que la signature de leur auteur est illisible et qu'aucun tampon n'a été apposé ;
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- le montant trimestriel de la rente est erroné ;
- le salaire de référence retenu est erroné, faute de revalorisation régulière.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 mai et 8 août 2024, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
A titre principal :
- l'examen de la requête, qui a pour objet de contester la légalité de décisions relatives à l'attribution de la rente d'invalidité versée par la commune en application des articles L. 434-1 et suivants du code de la sécurité sociale, prises en exécution d'un jugement du pôle social du tribunal judiciaire du 26 octobre 2021, ressortit à la compétence du juge judiciaire et non du tribunal administratif ;
A titre subsidiaire :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 février 2022, dès lors que cette décision a été retirée et remplacée en cours d'instance par un arrêté du 9 mai 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2022 sont irrecevables, dès lors, d'une part, que cette décision avait été retirée et remplacée par l'arrêté du 9 mai 2022 susmentionné avant l'introduction de la requête n° 2205816 et, d'autre part, que ces conclusions sont tardives ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, faute de demande préalable de nature à faire naître une décision liant le contentieux ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision du 9 mai 2022 n'est fondé ;
A titre infiniment subsidiaire :
- la responsabilité de la commune ne saurait être engagée, faute pour le requérant de justifier d'un préjudice moral.
Par une ordonnance du 9 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre suivant.
III- Sous le n° 2205816, par une requête et des mémoires, enregistrés les 4 octobre 2022, 4 juillet 2024 et 30 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. A B, représenté par Me Hirtzlin-Pinçon, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 février 2022 par lequel le maire de Toulouse a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 1 132,45 euros, le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros, et la date d'effet de cette rente au 29 janvier 2019 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 mars 2022 par lequel la même autorité a retiré l'article 2 de l'arrêté du 8 février 2022 susmentionné, a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 844,33 euros et le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros ;
3°) d'annuler l'arrêté du 9 mai 2022 par lequel la même autorité a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 874,17 euros, le salaire de référence à la somme de 30 406,23 euros, et la date d'effet de cette rente au 5 octobre 2018 ;
4°) d'enjoindre à la commune de Toulouse de prendre une nouvelle décision le concernant, de régulariser sa situation administrative et de lui verser le reliquat des sommes qui lui sont dues, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard, et de se réserver la liquidation de cette astreinte ;
5°) de condamner la commune de Toulouse à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
6°) d'appliquer l'anatocisme et l'intérêt légal sur toutes les sommes pertinentes ;
7°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec distraction à Me Hirtzlin-Pinçon.
Il soutient que :
- les décisions sont entachées d'un vice de forme, dès lors que la signature de leur auteur est illisible et qu'aucun tampon n'a été apposé ;
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- le montant trimestriel de la rente est erroné ;
- le salaire de référence retenu est erroné, faute de revalorisation régulière ;
- la date de régularisation de sa situation est erronée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 mai et 8 août 2024, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
A titre principal :
- l'examen de la requête, qui a pour objet de contester la légalité de décisions relatives à l'attribution de la rente d'invalidité versée par la commune en application des articles L. 434-1 et suivants du code de la sécurité sociale, prises en exécution d'un jugement du pôle social du tribunal judiciaire du 26 octobre 2021, ressortit à la compétence du juge judiciaire et non du tribunal administratif ;
A titre subsidiaire :
- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 8 février 2022, dès lors que cette décision a été retirée et remplacée en cours d'instance par un arrêté du 9 mai 2022 ;
- les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2022 sont irrecevables, dès lors, d'une part, que cette décision avait été retirée et remplacée par l'arrêté du 9 mai 2022 susmentionné avant l'introduction de la requête n° 2205816 et, d'autre part, que ces conclusions sont tardives ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables, faute de demande préalable de nature à faire naître une décision liant le contentieux ;
- aucun des moyens soulevés à l'encontre de la décision du 9 mai 2022 n'est fondé ;
A titre infiniment subsidiaire :
- la responsabilité de la commune ne saurait être engagée, faute pour le requérant de justifier d'un préjudice moral.
Par une ordonnance du 9 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 septembre suivant.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frindel, rapporteur ;
- les observations de M. Leymarie, rapporteur public ;
- et les observations de Me Hirtzlin-Pinçon, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté le 1er septembre 2004 par la commune de Toulouse en qualité de danseur classique dans le corps du ballet de l'opéra national du Capitole par un contrat à durée déterminée. Il a été victime d'un accident de travail le 25 juin 2007, lui ouvrant droit au versement d'une rente d'invalidité. Le 5 octobre 2018, il a sollicité la révision de son taux d'incapacité permanente partielle, jusqu'alors fixé à 18 %, avant de contester, devant le tribunal judiciaire, la décision par laquelle le maire de Toulouse a ramené ce taux à 15 %. Par un jugement du 26 octobre 2021, le pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse a porté ce taux à 23 %, dont 8 % au titre de l'incidence professionnelle. Par un arrêté du 8 février 2022, le maire de Toulouse, tirant les conséquences de ce jugement, a réévalué à 1 132,45 euros le montant de la rente trimestrielle servie à M. B, a fixé le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros, et la date d'effet de cette réévaluation au 29 janvier 2019. Par un arrêté du 22 mars 2022, le maire de Toulouse a retiré l'article 2 de l'arrêté précité, a fixé le montant de la rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 844,33 euros et le salaire de référence à la somme de 29 542,35 euros. Par un arrêté du 9 mai 2022, le maire de Toulouse a fixé le montant de sa rente trimestrielle d'invalidité à la somme de 874,17 euros, le salaire de référence à la somme de 30 406,23 euros, et la date d'effet de réévaluation au 5 octobre 2018. Par les trois requêtes susvisées, M. B demande au tribunal l'annulation, respectivement, de ces trois arrêtés, ainsi que la condamnation de la commune de Toulouse à réparer le préjudice moral qu'il estime avoir subi en raison du retard et des erreurs commises par son ancien employeur dans la régularisation de sa situation. Ces requêtes, qui concernent la situation d'un même requérant et présentent à juger les mêmes questions, ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole () ". En vertu de l'article L. 142-8 du même code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 () ". Aux termes de l'article L. 431-1 de ce code : " Les prestations accordées aux bénéficiaires du présent livre comprennent : / () 4°) pour les victimes atteintes d'une incapacité permanente de travail, une indemnité en capital lorsque le taux de l'incapacité est inférieur à un taux déterminé, une rente au-delà () ". Aux termes de l'article L. 434-2 du même code : " () / Lorsque l'incapacité permanente est égale ou supérieure à un taux minimum, la victime a droit à une rente égale au salaire annuel multiplié par le taux d'incapacité qui peut être réduit ou augmenté en fonction de la gravité de celle-ci () ". Aux termes de l'article L. 434-3 du même code : " () / Cette rente est, à compter de son versement, revalorisée dans les conditions prévues à l'article L. 434-17 ". Aux termes de l'article L. 434-15 de ce code : " Les rentes dues aux victimes atteintes d'une incapacité permanente égale ou supérieure à un taux minimum () sont calculées d'après le salaire annuel de la victime. / Le salaire servant de base au calcul de la rente est déterminé suivant les modalités fixées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 434-17 du même code : " Les rentes mentionnées à l'article L. 434-15 sont revalorisées au 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25 ". Aux termes de l'article L. 443-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions du deuxième alinéa du présent article, toute modification dans l'état de la victime, dont la première constatation médicale est postérieure à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure, peut donner lieu à une nouvelle fixation des réparations () ".
3. Le critère de la compétence des juridictions du contentieux de la sécurité sociale est, s'agissant des agents publics, lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend. Dès lors, les litiges relatifs à l'application à ces agents du régime de sécurité sociale échappent à la juridiction administrative, celle-ci ne pouvant connaître que des litiges portant sur des prestations ou avantages inhérents à leur statut. La juridiction de sécurité sociale reste compétente même si une décision touchant à la gestion d'un régime spécial de sécurité sociale a été prise par une autorité administrative.
4. En l'espèce, le litige qui oppose M. B à la commune de Toulouse a trait à la détermination du montant de la rente trimestrielle d'invalidité auquel il a droit à la suite du relèvement à 23 % du taux de son incapacité permanente partielle prononcé par jugement susmentionné du 26 octobre 2021 du pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse, à la date de prise d'effet de cette réévaluation et aux modalités de revalorisation annuelle de cette rente. Ce différend est donc relatif à l'application de la législation sur les accidents du travail entre un agent contractuel et l'administration qui l'employait et lui sert les prestations dues à ce titre. Il relève par suite de la compétence des juridictions judiciaires. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation dirigées contre les trois décisions des 8 février, 22 mars et 9 mai 2022 comme présentées devant une juridiction incompétente.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. D'une part, M. B demande la condamnation de la commune de Toulouse à lui verser une somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral qu'il estime avoir subi en raison du retard mis par la collectivité à exécuter le jugement susmentionné du 26 octobre 2021 du pôle social du tribunal judiciaire de Toulouse et des erreurs commises dans la régularisation de sa situation. Son action en responsabilité étant fondée non sur son droit à la prestation en litige, mais sur une carence imputée à son employeur, elle relève du droit commun de la responsabilité pour faute des personnes publiques. Par suite, le tribunal administratif est compétent pour en connaître.
6. D'autre part, il résulte de l'instruction que la commune de Toulouse a tiré les premières conséquences du jugement du 26 octobre 2021 dès le 8 février 2022, que le montant de la rente trimestrielle servie à M. B, dont le versement n'a connu aucune interruption, a été sensiblement revalorisé dès le mois de mars 2022, et qu'un rappel de rente à compter du 5 octobre 2018, d'un montant de près de 4 000 euros, est intervenu au mois de juin 2022. Dans ces conditions, et alors que le requérant ne justifie pas en tout état de cause de la réalité de son préjudice moral, ses conclusions tendant à la condamnation de la commune de Toulouse à lui verser une somme de 3 000 euros doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux opposée par la commune.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes présentées par M. B doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions dirigées contre les décisions des 8 février, 22 mars et 9 mai 2022 sont rejetées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Bouisset, première conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2202166, 2203847, 2205816
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026