LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2202615

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2202615

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2202615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSCP COURRECH & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, Mme B, représentée par la SCP Courrech et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021 par lequel la maire de Pamiers a interdit le stationnement et la circulation place du camp et rue du Camp, ensemble la décision implicite de refus de retrait de cette décision du 4 avril 2022 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Pamiers une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté contesté est entaché de l'incompétence de l'auteur de l'acte ;

- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il porte atteinte à la liberté fondamentale d'accès des riverains à la voie publique, les motifs de l'arrêté n'étant pas tirés de la conservation ou de la protection du domaine public, ni de la sécurité de la circulation sur la voie publique ;

- la mesure de police que constitue cet arrêté est disproportionnée, dès lors que rien ne justifie une interdiction de la circulation dans la rue du camp qui ne se situe pas aux abords de l'église.

La requête a été communiqué à la commune de Pamiers qui n'a pas produit de mémoire après mise en demeure adressée le 9 janvier 2023.

Par ordonnance du 23 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mérard,

- les conclusions de Florence Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,

- et les observations de Me Köth substituant Me Courrech, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B est domiciliée au 1, rue du Camp, dans un immeuble dont elle est propriétaire en indivision. Par un arrêté du 15 décembre 2021, la maire de Pamiers a interdit le stationnement et la circulation place du camp sur le périmètre confrontant l'église et les numéros 1 à 7, et rue du Camp. Le 2 février 2022, Mme B a adressé un recours gracieux à la maire de Pamiers demandant le retrait de l'arrêté du 15 décembre 2021. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 décembre 2021, ensemble la décision implicite par laquelle la commune de Pamiers a refusé de procéder au retrait de l'arrêté.

2. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions précitées sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.

3. A l'appui de sa requête, Mme B soutient que la rue du Camp constitue l'unique voie d'accès à son domicile et que l'interdiction de circulation sur la place du Camp ne permet plus d'accéder à la rue du Camp avec un véhicule depuis la place. La requête a été communiquée le 13 mai 2022 à la commune de Pamiers qui a été mise en demeure le 9 janvier 2023 de produire un mémoire en défense. Cette mise en demeure est demeurée sans effet. L'inexactitude des faits allégués par Mme B ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier. Dans ces conditions, la commune de Pamiers doit être réputée avoir admis leur exactitude matérielle conformément aux dispositions précitées de l'article R. 612-6 du code de justice administrative.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment () / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques () ". Aux termes de l'article L. 2213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et les voies de communication à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation () ". Aux termes de l'article L. 2213-2 de ce dernier code : " Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : 1° interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voies ou réserver cet accès, à certaines heures, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; 2° Règlementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ". Aux termes de l'article L. 2213-4 du même code : " Le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules dont la circulation sur ces voies ou dans ces secteurs est de nature à compromettre soit la tranquillité publique, soit la qualité de l'air, soit la protection des espèces animales ou végétales, soit la protection des espaces naturels, des paysages ou des sites ou leur mise en valeur à des fins esthétiques, écologiques, agricoles, forestières ou touristiques. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 2542-3 du même code : " Les fonctions propres au maire sont de faire jouir les habitants des avantages d'une bonne police, notamment de la propreté, de la salubrité, de la sureté et de la tranquillité dans les rues, lieux et édifices publics () ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que les maires sont chargés de la police de la circulation sur l'ensemble des voies ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations et qu'à ce titre, ils peuvent prendre des mesures réglementant la circulation générale sur le territoire de leur commune en vue d'assurer la tranquillité des habitants et de garantir la sécurité publique des usagers et riverains de cette route.

5. D'une part, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de contrôler l'adéquation des mesures de police administrative prises par un maire pour réglementer la circulation et le stationnement des véhicules dans sa commune aux nécessités de la sécurité publique et la prise en compte par l'autorité municipale des droits d'accès des riverains à la voie publique. D'autre part, la légalité d'une mesure de police est subordonnée à sa nécessité, la mesure devant être justifiée par l'existence de risques particuliers dans les secteurs pour lesquels elle a été édictée comme devant être adaptée par son contenu à l'objectif de protection poursuivi. Enfin, sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété, et notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. Dans le cas d'une voie communale, le maire ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, lequel a le caractère d'une liberté fondamentale, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique. Si la privation de tout accès à la voie publique est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté, il ne saurait en aller de même d'une simple gêne dans l'exercice de ce droit d'accès.

6. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du constat d'huissier versé au débat, que l'interdiction de circulation et de stationnement concerne la rue du Camp, ainsi que la place du Camp sur le périmètre confrontant l'église et les numéros 1 à 7. La rue du Camp constitue l'unique voie d'accès au domicile de la requérante et l'interdiction de circulation sur la place du Camp ne permet plus d'accéder à la rue du Camp avec un véhicule depuis la place. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B aurait la possibilité d'accéder en voiture à son domicile par la rue Gabriel Péri, en raison d'un " sens interdit ". Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que la requérante aurait la possibilité de stationner un véhicule, même pour une courte durée, à proximité de son domicile, de sorte qu'elle ne dispose plus d'aucune possibilité d'accès à son domicile avec un véhicule, ni d'aucune possibilité de stationner devant ou à proximité de celui-ci. Dans ces conditions, compte-tenu de la configuration des lieux, l'interdiction totale de circulation et stationnement dans la rue du Camp, s'agissant de l'accès au domicile, constitue non pas une simple gêne dans l'exercice de ce droit d'accès mais une interdiction générale et absolue.

7. En second lieu, à la lecture des motifs de l'arrêté, la commune souhaite réserver le parvis de l'église du Camp à la circulation des piétons et des modes doux et mettre en place un nouveau principe de circulation et de stationnement aux abords de l'église. S'ils peuvent être regardés comme se rapportant à la sécurité de la circulation des piétons et des cyclistes sur la voie publique, il ne ressort pas des pièces du dossier que le fait de laisser la possibilité aux seuls riverains de la rue du Camp d'accéder à leur domicile avec un véhicule, serait de nature à compromettre la sécurité de la circulation, notamment compte-tenu du faible nombre de riverains concernés et alors qu'un aménagement sur le domaine public consistant en une barrière entre la rue du Camp et la place du Camp est de nature à permettre l'accès des riverains de la rue du Camp à leur domicile, dans de bonnes conditions de sécurité. Ainsi, l'interdiction générale et absolue de circulation et stationnement dans la rue du Camp constitue une atteinte disproportionnée à la liberté d'accès à la propriété avec un véhicule pour ses riverains.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du 15 décembre 2021 ensemble la décision par laquelle la maire de Pamiers a refusé de retirer l'arrêté contesté doivent être accueillies, en tant qu'ils portent interdiction générale et absolue de circulation de stationnement pour les riverains de la rue du Camp, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés par la requérante.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pamiers la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté de la maire de Pamiers du 15 décembre 2021, ensemble le rejet du recours gracieux, sont annulés en tant qu'ils portent interdiction de circulation et de stationnement pour les riverains de la rue du Camp.

Article 2 : La commune de Pamiers versera à Mme B la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la commune de Pamiers.

Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Mérard, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

La rapporteure,

B. MÉRARD

La présidente,

S. CAROTENUTOLa greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions