jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 2 juin 2022 et le 24 mars 2023, M. F A, M. H D, M. C E et M. B G, représentés par Me Magrini, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la délibération du 10 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Merville a approuvé la révision de son plan local d'urbanisme (PLU) ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler partiellement la délibération du 10 décembre 2021 en tant qu'elle classe en zone N les parcelles cadastrées A172, A174, A477, A482, et A244 appartenant à M. D, A62, A63, A64, A72, A73, A74, A75, A76, A77, A220, A225, A228, A314, A380, A381, A383, A384, A385 et A390 appartenant à M. E, A282, A283, A286, A287, A483, A484, A490, A210, A24, A25, A27, A293 et A294 appartenant à M. A, et A262, A038, A263, A035, A039, A036, A266 et A298 appartenant à M. G ;
3°) d'enjoindre à la commune de Merville de réexaminer le classement des parcelles cadastrées A172, A174, A477, A482 et A244 appartenant à M. D, A62, A63, A64, A72, A73, A74, A75, A76, A77, A220, A225, A228, A314, A380, A381, A383, A384, A385 et A390 appartenant à M. E, A282, A283, A286, A287, A483, A484, A490, A210, A24, A25, A27, A293 et A294 appartenant à M. A, et A262, A038, A263, A035, A039, A036, A266 et A298 appartenant à M. G dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Merville une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la révision du plan local d'urbanisme relevait de la compétence de la communauté de communes des Hauts-Tolosans à compter du 1er juillet 2021, de sorte que la délibération attaquée est entachée d'incompétence ;
- la délibération a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière qui méconnaît les dispositions des articles L. 2121-10 et L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales relatives aux délais de convocation des membres du conseil municipal ;
- la délibération a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière qui méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales relatives au droit à l'information des membres du conseil municipal ;
- le commissaire enquêteur n'a pas assorti son rapport d'un avis personnel et circonstancié ;
- l'enquête publique ne s'est pas déroulée conformément aux dispositions de l'article R. 123-10 et L. 123-13 du code de l'environnement ;
- le rapport de présentation est insuffisant au regard des exigences de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme ;
- la délibération est illégale en raison de l'illégalité de la délibération du 25 mai 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme, pour laquelle les conseillers municipaux n'avaient pas été régulièrement convoqués ;
- la délibération méconnaît les dispositions de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dans le classement de leurs parcelles en zone N.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 février 2023, la commune de Merville, représentée par Me Izembard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge solidaire des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de l'illégalité de la délibération du 25 mai 2018 est irrecevable en application des dispositions de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 24 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 11 avril 2023.
Un mémoire présenté pour les requérants et enregistré le 11 avril 2023 n'a pas été communiqué.
Un mémoire présenté pour la commune de Merville et enregistré le 11 avril 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 ;
- la loi n° 2021-160 du 15 février 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dupuy De Goynes, représentant les requérants, et de Me Chevallier, représentant la commune de Merville.
Considérant ce qui suit :
1. Par délibération du 25 mai 2018, le conseil municipal de la commune de Merville a prescrit la révision de son plan local d'urbanisme. Par une délibération du 17 mai 2021, le conseil municipal de cette commune a tiré le bilan de la concertation et arrêté le projet de plan révisé. Une enquête publique a été réalisée du 24 septembre au 27 octobre 2021. Par délibération du 10 décembre 2021 dont MM. A, E, D et G demandent l'annulation, la révision du PLU a été approuvée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la délibération du 25 mai 2018 prescrivant la révision :
2. Aux termes de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme : " L'illégalité pour vice de forme ou de procédure d'un schéma de cohérence territoriale, d'un plan local d'urbanisme, d'une carte communale ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu ne peut être invoquée par voie d'exception, après l'expiration d'un délai de six mois à compter de la prise d'effet du document en cause. / Les dispositions de l'alinéa précédent sont également applicables à l'acte prescrivant l'élaboration ou la révision d'un document d'urbanisme ou créant une zone d'aménagement concerté. / Les deux alinéas précédents ne sont pas applicables lorsque le vice de forme concerne : / -soit la méconnaissance substantielle ou la violation des règles de l'enquête publique sur les schémas de cohérence territoriale, les plans locaux d'urbanisme et les cartes communales ; / -soit l'absence du rapport de présentation ou des documents graphiques ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la délibération du 25 mai 2018 prescrivant la révision du plan local d'urbanisme de la commune est entrée en vigueur le 29 mai 2018. Il s'en suit que le moyen tiré de l'irrégularité de la convocation des élus à la séance du conseil municipal approuvant cette délibération, soulevé par les requérants dans leur requête introductive d'instance le 2 juin 2022, a été présenté tardivement et doit donc être écarté comme étant irrecevable.
En ce qui concerne la délibération du 21 septembre 2021 :
S'agissant de la compétence de la commune :
4. Aux termes des dispositions du II de l'article 136 de la loi du 24 mars 2014, dans sa version en vigueur depuis le 15 novembre 2020 : " II. - La communauté de communes ou la communauté d'agglomération existant à la date de publication de la présente loi, ou celle créée ou issue d'une fusion après la date de publication de cette même loi, et qui n'est pas compétente en matière de plan local d'urbanisme, de documents d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale le devient le lendemain de l'expiration d'un délai de trois ans à compter de la publication de ladite loi. Si, dans les trois mois précédant le terme du délai de trois ans mentionné précédemment, au moins 25 % des communes représentant au moins 20 % de la population s'y opposent, ce transfert de compétences n'a pas lieu ". Aux termes de l'article 5 de la loi du 15 février 2021 : " Pour l'année 2021, par dérogation aux deux premiers alinéas du II de l'article 136 de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, le délai dans lequel au moins 25 % des communes représentant au moins 20 % de la population peuvent s'opposer au transfert à la communauté de communes ou à la communauté d'agglomération de la compétence en matière de plan local d'urbanisme, de documents d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale court du 1er octobre 2020 au 30 juin 2021 ".
5. En application des dispositions précitées, la communauté de communes des Hauts-Tolosans, qui n'était pas compétente en matière de plan local d'urbanisme pouvait se voir transférer cette compétence au 1er janvier 2021, sauf à ce qu'au moins 25 % des communes membres représentant au moins 20 % de la population s'y opposent, par un vote ayant lieu entre le 1er octobre 2020 et le 30 juin 2021. Il ressort en l'espèce des pièces du dossier et notamment des pièces produites sur ce point par la commune de Merville que les communes de Cox, Daux, Drudas, Grenade sur Garonne, Laréole, Larra, Launac, Le Burgaud, Le Grès, Menville, Merville, Ondes, Pelleport, Puysségur, Saint-Cézert, Saint-Paul Sur Save, Vignaux, Bellegarde-Sainte-Marie, Bellesserre, Bretx, Brignemont, Cadours et Caubiac, représentant vingt-trois des vingt-neuf communes de la communauté de communes, soit 79,3 % d'entre elles, et 87,5 % de la population de l'établissement public de coopération intercommunale, se sont opposées au transfert de cette compétence par des votes intervenus entre le 8 octobre 2020 et le 28 juin 2021. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la compétence d'élaboration du plan local d'urbanisme aurait été transférée à la communauté de communes et que la commune de Merville aurait été incompétente pour édicter son plan local d'urbanisme. Ce moyen doit dès lors être écarté.
S'agissant de l'enquête publique :
6. Aux termes de l'article L. 123-15 du code de l'environnement : " Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête rend son rapport et ses conclusions motivées dans un délai de trente jours à compter de la fin de l'enquête. () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que la commissaire enquêtrice a rendu ses conclusions et un avis motivé de cinq pages aux termes duquel elle a notamment estimé que certains des inconvénients au projet relevés peuvent être gommés par des adaptations, que les inconvénients résiduels sont mineurs au regard des avantages, et elle a émis sur ce fondement un avis favorable sur la totalité du projet, assorti de sept réserves précisément formulées. Par suite, le moyen tiré de ce que la commissaire enquêtrice n'aurait pas rendu un avis personnel et circonstancié ne peut qu'être écarté.
8. Aux termes du L. 123-10 du code de l'environnement : " I. - Le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête conduit l'enquête de manière à permettre au public de disposer d'une information complète sur le projet, plan ou programme, et de participer effectivement au processus de décision. Il ou elle permet au public de faire parvenir ses observations et propositions pendant la durée de l'enquête par courrier électronique de façon systématique ainsi que par toute autre modalité précisée dans l'arrêté d'ouverture de l'enquête. Les observations et propositions transmises par voie électronique sont accessibles sur un site internet désigné par voie réglementaire. / II. - Pendant l'enquête, le commissaire enquêteur ou le président de la commission d'enquête reçoit le maître d'ouvrage de l'opération soumise à l'enquête publique à la demande de ce dernier. Il peut en outre : / - recevoir toute information et, s'il estime que des documents sont utiles à la bonne information du public, demander au maître d'ouvrage de communiquer ces documents au public ; / - visiter les lieux concernés, à l'exception des lieux d'habitation, après en avoir informé au préalable les propriétaires et les occupants ; / - entendre toutes les personnes concernées par le projet, plan ou programme qui en font la demande et convoquer toutes les personnes dont il juge l'audition utile ; / - organiser, sous sa présidence, toute réunion d'information et d'échange avec le public en présence du maître d'ouvrage. / A la demande du commissaire enquêteur ou du président de la commission d'enquête et lorsque les spécificités de l'enquête l'exigent, le président du tribunal administratif ou le conseiller qu'il délègue peut désigner un expert chargé d'assister le commissaire enquêteur ou la commission d'enquête. Le coût de cette expertise complémentaire est à la charge du responsable du projet ". Aux termes de l'article R. 123-10 du même code : " Les jours et heures, ouvrables ou non, où le public pourra consulter gratuitement l'exemplaire du dossier et présenter ses observations et propositions sont fixés de manière à permettre la participation de la plus grande partie de la population, compte tenu notamment de ses horaires normaux de travail. Ils comprennent au minimum les jours et heures habituels d'ouverture au public de chacun des lieux où est déposé le dossier ; ils peuvent en outre comprendre des heures en soirée ainsi que plusieurs demi-journées prises parmi les samedis, dimanches et jours fériés. / Lorsqu'un registre dématérialisé est mis en place, il est accessible sur internet durant toute la durée de l'enquête ".
9. Il ressort des pièces du dossier que quatre permanences ont été organisées les 24 septembre 2021 de 14 heures à 18 heures, le 1er octobre 2021 de 16 heures à 19 heures, le 14 octobre 2021 de 8 heures à 11 heures et le 27 octobre 2021 de 14 heures à 17 heures. Il ressort également des pièces du dossier qu'un registre dématérialisé a permis de recueillir les observations par courriels et qu'il était possible de les adresser, en dehors des permanences, par courrier à la mairie. Les permanences ainsi organisées ont permis de recevoir trente-neuf personnes, vingt-sept personnes ont envoyé ou déposé des courriers en mairie, et vingt-six courriels ont été adressés à l'adresse indiquée dans l'arrêté prescrivant l'enquête publique. Au total quatre-vingt-douze observations ont ainsi pu être recueillies. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'enquête publique ne se serait pas déroulée conformément aux dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
S'agissant des autres vices de procédure invoqués :
10. Aux termes de l'article L. 2121-10 du code général des collectivités territoriales : " Toute convocation est faite par le maire. Elle indique les questions portées à l'ordre du jour. Elle est mentionnée au registre des délibérations, affichée ou publiée. Elle est transmise de manière dématérialisée ou, si les conseillers municipaux en font la demande, adressée par écrit à leur domicile ou à une autre adresse ". Aux termes de l'article L. 2121-12 du même code : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, une note explicative de synthèse sur les affaires soumises à délibération doit être adressée avec la convocation aux membres du conseil municipal. / Si la délibération concerne un contrat de service public, le projet de contrat ou de marché accompagné de l'ensemble des pièces peut, à sa demande, être consulté à la mairie par tout conseiller municipal dans les conditions fixées par le règlement intérieur./ Le délai de convocation est fixé à cinq jours francs. En cas d'urgence, le délai peut être abrégé par le maire sans pouvoir être toutefois inférieur à un jour franc./ Le maire en rend compte dès l'ouverture de la séance au conseil municipal qui se prononce sur l'urgence et peut décider le renvoi de la discussion, pour tout ou partie, à l'ordre du jour d'une séance ultérieure./ Le présent article est également applicable aux communes de moins de 3 500 habitants lorsqu'une délibération porte sur une installation mentionnée à l' article L. 511-1 du code de l'environnement ".
11. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que les conseillers municipaux ont été convoqués par courrier électronique du 3 décembre 2021, soit dans le délai de cinq jours francs précédant la réunion du conseil municipal du 10 décembre 2021. Par suite, le moyen tiré du non-respect du délai minimal de convocation des conseillers municipaux prévu par les dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
12. En deuxième lieu, il ressort des mêmes pièces du dossier que la convocation du 3 décembre 2021 était accompagnée d'un ordre du jour et des documents préparatoires nécessaires à la bonne information des élus, comprenant notamment une note explicative de synthèse. Il ressort des pièces du dossier que cette note reprend les objectifs de la révision, les modalités de l'arrêt du projet de révision du PLU, les modalités de la concertation, le déroulement de l'enquête publique, une synthèse des modifications apportées entre le projet et le dossier présenté, tenant compte des modifications apportées en réponse aux réserves et observations présentées au cours de la procédure de révision. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'information des élus n'aurait pas été suffisante et leur moyen doit dès lors être écarté.
S'agissant du rapport de présentation :
13. Aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement. / Il s'appuie sur un diagnostic établi au regard des prévisions économiques et démographiques et des besoins répertoriés en matière de développement économique, de surfaces et de développement agricoles, de développement forestier, d'aménagement de l'espace, d'environnement, notamment en matière de biodiversité, d'équilibre social de l'habitat, de transports, de commerce, d'équipements notamment sportifs, et de services. / () / Il analyse la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers au cours des dix années précédant l'arrêt du projet de plan ou depuis la dernière révision du document d'urbanisme et la capacité de densification et de mutation de l'ensemble des espaces bâtis, en tenant compte des formes urbaines et architecturales. Il expose les dispositions qui favorisent la densification de ces espaces ainsi que la limitation de la consommation des espaces naturels, agricoles ou forestiers. Il justifie les objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain compris dans le projet d'aménagement et de développement durables au regard des objectifs de consommation de l'espace fixés, le cas échéant, par le schéma de cohérence territoriale et au regard des dynamiques économiques et démographiques. () ".
14. Il ressort des pièces du dossier que le rapport de présentation a été établi en 2020 et se fonde sur une analyse de la consommation des espaces depuis 2011. Il en ressort que 59,4 ha ont été urbanisés pour la réalisation de sept-cent-quatre-vingt-sept logements et que la taille moyenne des parcelles construite est de 755 m². Une analyse de la consommation des espaces par année permet notamment d'identifier un accroissement significatif de l'urbanisation entre 2012 et 2013, année où trois-cent-quatre-vingt-onze logements ont été construits et 29,4 ha consommés. Le rapport de présentation prévoit de limiter cette consommation d'espace à 29,3 ha pour la période 2021-2030, en vue de l'édification de six-cent-quatorze logements, soit une consommation d'espace de moins de 500 m² par logement construit en se fondant sur une prévision de baisse de la démographie, en cohérence avec celle, retenue par le schéma de cohérence territoriale (SCOT), de l'ordre de 7 600 habitants à l'horizon 2023. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que le rapport de présentation serait insuffisamment précis s'agissant de l'état des lieux des pratiques locales de gestion de l'espace sur une période de dix ans à la date de l'arrêt du projet.
S'agissant du projet d'aménagement et de développement durables :
15. Aux termes de l'article L. 151-5 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction applicable à la date de la délibération attaquée : " Le projet d'aménagement et de développement durables définit : / 1° Les orientations générales des politiques d'aménagement, d'équipement, d'urbanisme, de paysage, de protection des espaces naturels, agricoles et forestiers, et de préservation ou de remise en bon état des continuités écologiques ; / 2° Les orientations générales concernant l'habitat, les transports et les déplacements, les réseaux d'énergie, le développement des communications numériques, l'équipement commercial, le développement économique et les loisirs, retenues pour l'ensemble de l'établissement public de coopération intercommunale ou de la commune. / Il fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain. / Il peut prendre en compte les spécificités des anciennes communes, notamment paysagères, architecturales, patrimoniales et environnementales, lorsqu'il existe une ou plusieurs communes nouvelles ".
16. Il ressort des termes du plan d'aménagement et de développement durables et notamment de son axe 2 intitulé " mettre en œuvre une stratégie d'urbanisation maitrisée assurant un développement cohérent de la commune " que la commune de Merville a pour objectif, traduit par l'orientation 1, de mener une politique d'accueil de population maitrisée, qui se décline par la volonté de réduire la consommation foncière par rapport aux dix dernières années où 59,4 ha ont été consommés pour l'habitat, permettant de créer sept-cent-quatre-vingt-sept logements, soit une taille moyenne de 755 m², à six-cent-dix logements supplémentaires avec une taille moyenne de parcelle de 500 m² pour des ménages d'une composition moyenne de 2,5 personnes, conduisant à urbaniser environ 30 ha pour l'habitat en se fondant sur un taux de croissance annuel moyen de 2,1 %. Ainsi, le projet d'aménagement et de développement durables fixe des objectifs chiffrés de modération de la consommation de l'espace et de lutte contre l'étalement urbain et le moyen des requérants tirés de l'absence d'objectifs chiffrés sur ce point doit être écarté.
S'agissant du classement des parcelles :
17. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 151-9 du code de l'urbanisme : " Le règlement délimite les zones urbaines ou à urbaniser et les zones naturelles ou agricoles et forestières à protéger. / Il peut préciser l'affectation des sols selon les usages principaux qui peuvent en être faits ou la nature des activités qui peuvent y être exercées et également prévoir l'interdiction de construire. / Il peut définir, en fonction des situations locales, les règles concernant la destination et la nature des constructions autorisées ". Aux termes de l'article R. 151-24 du même code : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
18. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer, en conséquence, le zonage et les possibilités de construction. A cet effet, ils peuvent être amenés à classer en zone naturelle et en espace boisé, pour les motifs énoncés par les dispositions précitées, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation et dont ils entendent favoriser le boisement. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
19. D'autre part, si aux termes de l'article N-1 du règlement du plan local d'urbanisme les constructions à usage agricole sont interdites dans la zone naturelle, l'article N-1.2 du règlement écrit du plan local d'urbanisme approuvé par la délibération attaquée, intitulé " usages et affectations des sols interdits ou soumis à des conditions particulières " n'interdit pas l'exploitation agricole des terres.
20. Si les requérants, propriétaires de parcelles agricoles, contestent le classement en zone N en raison de l'exploitation qu'ils y réalisent, il ressort toutefois des pièces du dossier que les parcelles concernées bordent la Garonne à l'est de la commune et sont éloignées de toute urbanisation, qu'elles ne sont pas construites et présentent un caractère naturel. Ce classement est dès lors cohérent avec le parti d'urbanisme adopté par la commune, qui consiste à protéger et valoriser le patrimoine naturel et agricole, facteur identitaire et caractéristique de la commune. Il ressort des pièces du dossier que ce classement est compatible avec le SCOT, qui vise à assurer la préservation des espaces naturels, et notamment la vallée de la Garonne, dont les abords sont identifiés comme un corridor écologique. Enfin, si certaines des parcelles dont le classement est en cause semblent faire l'objet d'une activité agricole, il résulte des dispositions du règlement écrit du PLU citées au point 19 ci-dessus que ce classement en zone N n'interdit pas une telle activité.
Quant aux parcelles de M. G :
21. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des parcelles de M. G est classé en zone N, classement qui correspond aux caractéristiques physiques, géographiques et urbanistiques de ces parcelles et permet une activité agricole. Pour ces motifs et ceux visés aux points 19 et 20 du présent jugement, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Quant aux parcelles de M. A :
22. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les parcelles A25 et A490 sont classées en zone A. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que leur classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elles seraient classées en zone naturelle.
23. Si la parcelle A27supporte une construction à usage d'habitation, d'une part, l'article N-1 n'interdit pas les constructions à destination d'habitation et, d'autre part, la parcelle est majoritairement boisée. Ainsi, son classement en zone naturelle, avec l'ensemble des autres parcelles de M. A, dont les caractéristiques rappelées aux points 19 et 20 du présent jugement le permettent, n'est pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Quant aux parcelles de M. E :
24. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, les parcelles A384 et A385 sont classées en zone A. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que leur classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elles seraient classées en zone naturelle.
25. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des autres parcelles de M. E est classé en zone N, classement qui correspond aux caractéristiques physiques, géographiques et urbanistiques de ces parcelles et permet une activité agricole. Pour ces motifs et ceux visés aux points 19 et 20 du présent jugement, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
Quant aux parcelles de M. D :
26. Il ressort des pièces du dossier que contrairement à ce que soutiennent les requérants la parcelle A174 est classée en zone A. Les requérants ne sont donc pas fondés à soutenir que son classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle serait classée en zone naturelle.
27. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des autres parcelles de M. D est classé en zone N, classement qui correspond aux caractéristiques physiques, géographiques et urbanistiques de ces parcelles et permet une activité agricole. Pour ces motifs et ceux visés aux points 19 et 20 du présent jugement, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que ce classement serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation.
28. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de la délibération du 10 décembre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Merville a révisé son plan local d'urbanisme. Leur requête doit donc être rejetée y compris en ce qui concerne leurs conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
29. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme demandée par la commune de Merville sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la charge des requérants. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Merville, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de MM. A, D, E et G est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Merville sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F A, M. H D, M. C E et M. B G et à la commune de Merville.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUDLa greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026