jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2203869 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BESSIERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 7 juillet 2022, le 21 avril 2023 et le 9 juin 2023, M. C B et Mme A B, représentés par Me Bessière, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Salles- Curan a opposé un sursis à statuer sur leur demande de permis de construire pour surélever un étage existant de leur maison individuelle, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Salles-Curan de réexaminer leur dossier de demande de permis de construire dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Salles-Curan une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'erreur d'appréciation au regard de la faible importance de leur projet, qui s'insère dans l'environnement existant et est compatible avec le plan d'aménagement et de développement durables du futur plan local d'urbanisme ;
- leur projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 mars 2023 et le 4 mai 2023, la commune de Salles-Curan, représentée par Me Vimini, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 500 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens n'est fondé et sollicite une substitution de motif, l'arrêté étant justifié par un motif tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme
Par ordonnance du 1er septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 31 octobre 2023.
Un mémoire présenté pour la commune de Salles-Curan et enregistré le 26 septembre 2023 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cardi, substituant Me Bessière, représentant les requérants, et de Me Vimini, représentant la commune de Salles-Curan.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B sont propriétaires d'une maison mitoyenne située sur une parcelle cadastrée sous le n°AP 224, route de Saint-Martin à Salles-Curan, en bordure du lac de Pareloup. Ils ont déposé le 7 décembre 2021 un dossier de demande de permis de construire en vue de surélever l'étage existant de leur maison. Par arrêté du 12 janvier 2022, le maire de la commune a opposé un sursis à statuer à cette demande au motif que leur projet est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté, reçu en mairie le 10 mars 2022, a été implicitement rejeté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ". L'article R. 424-5 du même code dispose : " Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée ".
3. L'arrêté vise le plan local d'urbanisme de la commune, la délibération qui prescrit l'élaboration du PLUi et le débat sur le projet d'aménagement et de développement durables. Il précise les dispositions du code de l'urbanisme qu'il applique, le classement actuel de la parcelle concernée en zone NH, ainsi que le classement en zone NL envisagé par le futur document d'urbanisme et mentionne que celui-ci interdit les surélévations. Par suite, l'arrêté, qui précise les considérations de droit et de fait sur lesquels il se fonde, est suffisamment motivé.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 151-11 du code de l'urbanisme : " () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet de plan local d'urbanisme intercommunal en cours d'élaboration à la date de la demande de permis de construire des requérants, dont le plan d'aménagement et de développement durables avait été débattu le 19 décembre 2019, prévoyait le classement de leur parcelle en zone NL du document qui, selon le motif retenu par la commune dans l'arrêté de sursis à statuer attaqué, interdirait les extensions de sorte que le projet des requérants serait de nature à compromettre l'exécution du futur plan.
6. Il ressort des pièces du dossier que le règlement écrit du futur document d'urbanisme de la zone N prévoit que toutes constructions et installations sont interdites exceptées celles prévues à l'article N1.2 qui dispose s'agissant du secteur NL, dont l'objectif est d'" assurer le respect de la règlementation des 100 m " au bord du lac de Pareloup, que " l'aménagement et la mise aux normes du bâti existant sont autorisés sous réserve de ne pas entrainer de nuisances supplémentaires à la vocation du secteur. / Les construction, installations, et aménagement de routes, nécessaires à des services publics ou à des activités économiques exigeant la proximité immédiate de l'eau, tels que prévues par le code de l'urbanisme ; sous réserve d'être compatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation, le cas échéant (ex UTN Les Vernhes) ".
7. Il ressort des orientations générales du plan d'aménagement et de développement durables du document d'urbanisme en cours d'élaboration, que la commune de Salles-Curan a pour objectifs la valorisation du lac de Pareloup et la préservation des vues sur celui-ci. Il ressort également des termes des dispositions précitées que seuls les aménagements des constructions existantes et leur mise aux normes sont autorisés. Or, en l'espèce, le projet des requérants, qui consiste en une surélévation d'1,20 mètre avec modification de la pente du toit, a pour effet de créer 44 m² de surface habitable supplémentaire, soit une augmentation de plus de 50 % de la surface existante. Un tel projet, qui constitue une extension, ne saurait être regardé comme un simple aménagement de la construction existante au sens des dispositions précitées.
8. Eu égard à l'objet même des orientations précitées, qui consistent à préserver cet espace de toute urbanisation supplémentaire et au futur classement de la parcelle assiette du projet, le maire a pu légalement estimer que le projet de M. et Mme B était de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme, indépendamment de l'importance des travaux projetés par les requérants.
9. Il suit de là que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 13 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Salles-Curan a opposé un sursis à statuer à leur demande de permis de construire pour surélever un étage existant de leur maison individuelle, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux. Leur requête doit donc être rejetée, y compris en ce qui concerne leurs conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre la somme demandée par la commune de Salles-Curan sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à la charge des requérants. Ces mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Salles-Curan, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Salles-Curan présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B et à la commune de Salles-Curan.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUDLa greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026