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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2204027

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2204027

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2204027
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantCAYSSIALS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 juillet 2022, 4 juin et 9 octobre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. H Peron, désigné comme représentant unique, Mme D A, Mme G E et Mme F B, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler les délibérations nos 2022-03-07 et 2023-02-11 des 18 mai 2022 et 5 avril 2023 de la commune de Pins Justaret réglementant le droit d'expression des groupes politiques d'opposition dans le magazine municipal " Pins et Vous ", sur son site internet, sur sa page Facebook ainsi que sur l'application " city all " ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Pins Justaret d'inscrire à l'ordre du jour d'un prochain conseil municipal un projet de délibération tendant à la modification de l'article 30 du règlement intérieur afin, d'une part que le nombre de caractères reconnus au profit des groupes d'opposition dans le magazine municipal soit fixé, au minimum, à 1 500 et, d'autre part, que le droit d'expression des groupes d'opposition soit étendu à la page Facebook de la commune, à son application ainsi qu'à son site internet ;

3°) de mettre à la charge de la commune une somme de 2 200 euros en réparation du préjudice qu'ils estiment avoir subi et en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

En ce qui concerne la délibération n° 2022-03-07 du 18 mai 2022 :

- La délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure, le maire ayant méconnu leur droit d'amendement ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales et le droit d'expression des opinions politiques ;

- les modalités de mise en œuvre de la délibération méconnaissent ses propres dispositions ;

En ce qui concerne la délibération n° 2023-02-11 du 5 avril 2023 :

- la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales ;

- elle méconnaît le droit d'expression des opinions politiques.

Par des mémoires en défense enregistrés les 9 octobre et 15 novembre 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Pins Justaret, représentée par Me Cayssials, conclut au rejet de la requête et qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions dirigées contre la délibération du 18 mai 2022 ont perdu leur objet ;

- les conclusions tendant à la réparation du préjudice subi par les requérants sont irrecevables, en l'absence de demande préalable présentée à la commune ;

- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Douteaud,

- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,

- les observations de M. Peron et de Mme E,

- et les observations de Me Cayssials, représentant la commune de Pins Justaret.

Une note en délibéré présentée pour les requérants a été enregistrée le 18 octobre 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. Peron, conseiller municipal à Pins Justaret (31860), appartient au groupe d'opposition " Pins Justaret Durable ". Lors de la séance du 18 mai 2022, le conseil municipal de la commune a adopté une délibération n° 2022-03-07 portant notamment sur l'exercice du droit d'expression des élus, en accordant un espace de 400 caractères à son groupe politique au sein du magazine municipal " Pins et Vous ". Par une délibération n° 2023-02-11 du 5 avril 2023, l'organe délibérant de la commune de Pins Justaret a, d'une part augmenté cet espace d'expression en fixant le nombre de caractère octroyés au groupe " Pins Justaret Durable " à 1 100 et, d'autre part, restreint le droit d'expression des groupes d'opposition au seul magazine municipal, à l'exclusion de la page Facebook de la ville et de son compte " city all ". Par leur requête, M. Peron et autres demandent au tribunal d'annuler ces délibérations.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. "

3. Par leur mémoire en réplique enregistré le 4 juin 2023, M. Peron et autres demandent au tribunal de condamner la commune de Pins Justaret à leur verser la somme de 2 200 euros " en raison du préjudice subi ". Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les requérants auraient présenté une demande préalable d'indemnisation à la commune de Pins Justaret avant de saisir le tribunal administratif. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

4. Lorsqu'une décision administrative faisant l'objet d'un recours contentieux est retirée en cours d'instance pour être remplacée par une décision ayant la même portée, le recours doit être regardé comme tendant également à l'annulation de la nouvelle décision. Lorsque le retrait a acquis un caractère définitif, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision initiale, qui ont perdu leur objet. Le juge doit, en revanche, statuer sur les conclusions dirigées contre la nouvelle décision.

5. Il ressort des pièces du dossier que par une délibération du 5 avril 2023, intervenue en cours d'instance, le conseil municipal de Pins Justaret a défini de nouvelles modalités d'expression des élus d'opposition dans le magazine " Pins et Vous ". Toutefois, comme elle le précise d'ailleurs par des dispositions dépourvues d'ambigüité, cet acte a simplement " [abrogé] " la délibération du 18 mai 2022, laquelle est donc demeurée en vigueur jusqu'à cette date. Dès lors qu'il ne résulte d'aucune pièce du dossier que la délibération du 18 mai 2022 aurait été retirée par une délibération postérieure et devenue définitive, les conclusions de la requête formées contre elle ont conservé leur objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée en défense doit par suite être écartée.

Sur la légalité de la délibération n° 2022-03-07 du 18 mai 2022 :

6. En premier lieu, le droit d'amendement est inhérent au pouvoir délibérant des conseils municipaux. L'exercice de ce droit suppose, sous réserve que son utilisation ne puisse être regardée comme présentant un caractère abusif et dilatoire, non seulement que le conseiller auteur d'un amendement puisse soumettre à l'ensemble de l'assemblée sa proposition de modification du texte d'une délibération et présenter ses observations orales sur le bien-fondé de celle-ci, mais également que cette proposition de modification soit soumise au vote de l'assemblée.

7. Aux termes de l'article 22 du règlement intérieur du conseil municipal de Pins Justaret pour le mandat 2020-2026 : " Les amendements peuvent être proposés sur toutes affaires en discussion soumise au conseil municipal. /Ils doivent être présentés par écrit au maire. /Le conseil municipal décide si ces amendements sont mis en délibération, rejetés ou renvoyés à la commission compétente. "

8. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 18 mai 2022, que le maire de Pins Justaret a décidé seul, sans le soumettre au conseil municipal ainsi que le prévoit le règlement intérieur, de rejeter l'amendement déposé par le groupe " Pins Justaret Durable ". Dans ces conditions, le maire a porté atteinte au droit d'amendement des élus.

9. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. En l'espèce, la méconnaissance des dispositions de l'article 22 du règlement intérieur de la commune de Pins Justaret a privé les élus de la garantie que constitue le droit d'expression de leurs opinions politiques dans le cadre de leur mandat. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la délibération attaquée a été adoptée aux termes d'une procédure irrégulière.

10. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 3 500 habitants et plus, lorsque la commune diffuse, sous quelque forme que ce soit, un bulletin d'information générale sur les réalisations et la gestion du conseil municipal, un espace est réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale. Les modalités d'application de cette disposition sont définies par le règlement intérieur. " Pour l'application de ces dispositions, l'espace réservé aux conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale doit, sous le contrôle de juge, présenter un caractère suffisant et être équitablement réparti.

11. Il résulte des termes de la délibération attaquée que le conseil municipal a attribué au sein du bulletin d'information municipale " Pins et Vous " un espace de 400 caractères au groupe politique " Pins Justaret Durable ". Eu égard au caractère trimestriel de cette publication et à la circonstance qu'elle comprend en moyenne 34 pages, l'espace réservé à l'expression des conseillers appartenant à ce groupe n'est pas suffisant pour assurer une répartition équitable de l'expression politique des élus. Dès lors, les requérants sont fondés à soutenir que la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.

12. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la délibération du 18 mai 2022.

Sur la légalité de la délibération n° 2023-02-11 du 5 avril 2023 :

13. Pour l'application des dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, toute mise à disposition du public de messages d'information portant sur les réalisations et la gestion du conseil municipal doit être regardée, quelle que soit la forme qu'elle revêt, comme la diffusion d'un bulletin d'information général.

14. En premier lieu, aux termes de la délibération du 5 avril 2023, le conseil municipal de Pins Justaret a décidé : " () de répartir les espaces d'expression des groupes politiques sur les supports municipaux comme suit : / ()2) Pour le site internet de la Commune : une nouvelle rubrique Pins et L'Expression sera créée sur le site qui reprendra chaque trimestre le texte de la rubrique du magazine papier pour les trois groupes. / 3) Pour l'application city all et pour la page Facebook qui diffusent des informations factuelles sur l'activité des Associations ou sur des animations municipales, aucun espace destiné à l'expression de groupes politiques ne sera prévu pour aucun groupe sur ces supports ". Il ressort de cette disposition que la page officielle Facebook de la mairie de Pins Justaret et le compte qu'elle administre sur l'application " city all " sont exclus des outils de mise à disposition de messages d'information portant sur les réalisations et la gestion du conseil municipal.

15. Tout d'abord, il ressort des pièces du dossier que la page Facebook de la commune de Pins Justaret comporte notamment des informations relatives à la vie politique de la ville et destinées aux administrés, tels que les ordres du jour des prochains conseils municipaux. Elle contient également des communications autour d'évènements organisés par la municipalité, tels le marché gourmand, la tenue d'une session de jeux vidéo, l'organisation d'une course à pied ou d'un forum pour l'emploi. Enfin, un lien redirigeant l'internaute vers le site de la mairie figure sur la page. La page Facebook de la commune de Pins Justaret comporte ainsi des informations générales sur les réalisations et la gestion du conseil municipal. Elle doit dès lors être regardée comme constituant un bulletin d'information générale.

16. Ensuite, s'il ressort des pièces du dossier que l'équipe municipale de Pins Justaret a diffusé une invitation à une réunion publique sur son compte " city all ", ce seul élément n'est pas suffisant pour établir que cet outil numérique comporterait des informations générales sur les réalisations et la gestion du conseil municipal et constituerait ainsi un bulletin d'information générale.

17. Enfin, il résulte tant des dispositions précitées de la délibération attaquée que des pièces versées au dossier que le site internet de la commune de Pins Justaret comporte un onglet " Pins et L'Expression " sur lequel sont intégralement reproduites les tribunes publiées par chacun des groupes politiques dans le dernier numéro du " Pins et Vous ".

18. Il résulte de ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir qu'en refusant d'accorder un espace d'expression aux groupes politiques sur la page Facebook de la ville, la commune de Pins Justaret a méconnu les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.

19. En second lieu, aux termes de la délibération du 5 avril 2023, le conseil municipal de Pins Justaret a décidé : " () de répartir les espaces d'expression des groupes politiques sur les supports municipaux comme suit : / 1) Pour le magazine municipal Pins et Vous, la rubrique destinée à l'expression des groupes politiques comprendra une page entière qui lui sera dédié. Cette page permettra de publier 5 000 caractères dédiés à l'expression des groupes. / Ces 5 000 caractères seront répartis comme suit:/ - 2 500 caractères pour le groupe majoritaire (). / - 2 500 caractères pour les groupes d'opposition () eux-mêmes répartis entre les groupes au prorata de leur nombre de représentants au Conseil : soit () 4/9*2500 = 1111 caractères ". Il en résulte que 1 111 caractères ont été accordés au groupe " Pins Justaret Durable ".

20. Eu égard à la périodicité de cette publication, à la circonstance qu'elle comprend en moyenne 34 pages, et compte tenu des termes de l'article 30 du règlement intérieur selon lesquels " un espace d'une demie-page du magazine municipal est réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale ", alors qu'une page comporte environ 3 750 caractères espaces compris, les requérants sont fondés à soutenir que l'espace réservé à l'expression des conseillers appartenant au groupe d'opposition " Pins Justaret Durable " est insuffisant pour assurer une répartition équitable de l'expression politique des élus. Au surplus, il ressort du mail du 21 juin 2022, par lequel le directeur général des services de Pins Justaret a demandé aux élus appartenant au groupe d'opposition " Pins Justaret Durable " de se répartir entre eux les signes réglementairement fixés, leur imposant ainsi, ce qui n'est pas le cas des conseillers du groupe majoritaire, de s'exprimer chacun individuellement à hauteur du quart de l'espace dont leur groupe bénéficie. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.

21. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, qu'il y a lieu d'annuler la délibération du 5 avril 2023 en tant, d'une part qu'elle restreint à 1 111 le nombre de caractères dont disposent les groupes politiques n'appartenant pas à la majorité et, d'autre part, qu'elle refuse de leur accorder un espace d'expression sur la page Facebook de la ville.

Sur l'injonction :

22. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. "

23. Eu égard au motif fondant l'annulation de la délibération du 5 avril 2023, l'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint au maire de la commune de Pins Justaret d'inscrire à l'ordre du jour d'un prochain conseil municipal, dans le délai de trois mois, un projet de délibération tendant, d'une part à ce que l'article 30 du règlement intérieur fixe à 1 500 le nombre de caractères dont disposent les groupes politiques n'appartenant pas à la majorité et, d'autre part, que leur soit accordé un espace d'expression sur la page Facebook de la ville.

Sur les frais liés au litige :

24. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pins Justaret la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la commune de Pins Justaret soient mises à la charge de M. Peron et autres, qui ne sont pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1er : La délibération n° 2022-03-07 du 18 mai 2022 est annulée.

Article 2 : La délibération n° 2023-02-11 du 5 avril 2023 est annulée en tant d'une part qu'elle restreint à 1 111 le nombre de caractères dont disposent les groupes politiques n'appartenant pas à la majorité et d'autre part, qu'elle refuse de leur accorder un espace d'expression sur la page Facebook de la ville.

Article 3 : Il est enjoint au maire de Pins Justaret d'inscrire à l'ordre du jour d'un prochain conseil municipal, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, un projet de délibération en vue de la modification de l'article 30 de son règlement intérieur afin d'une part, de fixer le nombre de caractères attribués aux groupes d'opposition dans le magazine municipal à 1 500 et d'autre part, de prévoir un espace réservé au droit d'expression des élus n'appartenant pas à la majorité municipale sur la page Facebook de la commune.

Article 4 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 5 : Les conclusions de la commune de Pins Justaret tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. H Peron en sa qualité de représentant unique en application des dispositions de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et à la commune de Pins Justaret.

Délibéré après l'audience du 15 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2024.

La rapporteure,

S. DOUTEAUD

La présidente,

S. CHERRIERLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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