jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2204452 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HIRTZLIN-PINÇON OLIVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 août 2022, M. A B, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 juin 2022 par laquelle le maire de Toulouse a refusé l'alimentation de son compte épargne-temps à hauteur de trente-quatre jours ;
2°) d'enjoindre au maire de Toulouse de reconstituer sa carrière et de créditer à son compte épargne temps les jours décomptées au 31 décembre 2021 dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'auteur de l'acte est incompétent faute de délégation de signature ;
- l'acte est dépourvu de cachet et la signature de son auteur est illisible ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- l'acte procède au retrait d'une décision antérieure lui reconnaissant le décompte de jours de congé dont il bénéficiait, arrêté au 31 décembre 2021, dans des conditions irrégulières au regard des dispositions de l'article L. 242-1 et de l'article L. 242-2 du code des relations entre le public et l'administration.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 mai 2023, la commune de Toulouse, représentée par Me Seban, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés sont infondés.
Un mémoire présenté pour M. B et enregistré le 22 juin 2023 n'a pas été communiqué.
Par ordonnance du 22 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 22 juin 2023 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2004-878 du 26 août 2004 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Grimaud, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,
- et les observations de M. B, requérant et de Me Le Douarin, représentant la commune de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, fonctionnaire de la commune de Toulouse, a, le 7 avril 2022, demandé le versement sur son compte épargne-temps de trente-quatre jours de congés annuels qu'il n'avait pas posés au cours de l'année 2021. Par une décision du 17 juin 2022, la commune a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". En vertu de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes des dispositions de l'article 3 du décret du 26 août 2004 : " Le compte épargne-temps est alimenté par le report de jours de réduction du temps de travail et par le report de congés annuels tels que prévus par le décret du 26 novembre 1985 susvisé, sans que le nombre de jours de congés annuels pris dans l'année puisse être inférieur à vingt. () ". Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle l'autorité territoriale refuse à un fonctionnaire l'autorisation de transférer les congés non pris sur le compte épargne temps est au nombre des décisions individuelles refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir.
3. En l'espèce, la décision du 17 juin 2022 ne comporte aucune mention relative à la base légale sur laquelle elle se fonde, la circonstance que le formulaire de demande de versement des jours de congé sur le compte épargne temps vise le décret du 26 août 2004 s'agissant des demandes d'ouverture de compte épargne temps ne pouvant être regardé comme constituant une motivation anticipée de la décision attaquée. M. B est par suite fondé à soutenir que celle-ci est insuffisamment motivée en droit.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés par M. B, que celui-ci est fondé à demander l'annulation de la décision du 17 juin 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 de ce code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé () ".
6. Eu égard au motif pour lequel il décide l'annulation de la décision du 17 juin 2022, l'exécution du présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la commune de Toulouse de réexaminer la situation de M. B dans le délai de trois mois. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais relatifs au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par la commune de Toulouse à l'encontre de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas davantage lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Toulouse la somme demandée par M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du maire de Toulouse du 17 juin 2022 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au maire de Toulouse de réexaminer la situation de M. B dans le délai de trois mois.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le président, rapporteur,
P. GRIMAUD
L'assesseur le plus ancien,
A. LEQUEUXLa greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
Le greffier en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026