mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2205255 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SABATTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 6 septembre 2022 et le 3 avril 2023, M. B A, représenté par Me Gutierrez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2022 par laquelle le directeur général du centre hospitalier de Toulouse a rejeté sa demande de congés bonifiés ainsi que la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Toulouse de faire droit à sa demande de congés bonifiés ou, à défaut, de réexaminer sa demande à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la requête.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986, de l'article 1er du décret du 1er juillet 1987 relatif au congé bonifié des fonctionnaires hospitaliers et de la circulaire d'application ;
- l'application par le centre hospitalier des critères d'application n'est pas homogène ;
- les décisions attaquées ont entraîné un épisode dépressif.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2023 et un mémoire enregistré le 22 mai 2023 non communiqué, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 3 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 2 juin 2023.
Un mémoire, produit pour M. A après la clôture d'instruction, a été enregistré le 22 août 2023 sans être communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 87-482 du 1er juillet 1987 ;
- la circulaire n° 2129 du 3 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Préaud,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Gutierrez, représentant M. A, et les observations de Me Sabatté, représentant le centre hospitalier de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, agent titulaire de la fonction publique hospitalière exerçant les fonctions d'infirmier au centre hospitalier universitaire de Toulouse, a présenté, le 27 février 2022, une demande de congés bonifiés pour la période du 28 novembre au 28 décembre 2022 pour se rendre en Guadeloupe. Par une décision du 27 avril 2022, le directeur du centre hospitalier de Touloue a rejeté sa demande. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 27 avril 2022 ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux contre cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 651-1 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire territorial ou le fonctionnaire hospitalier dont le centre des intérêts matériels et moraux est situé en Guadeloupe, en Guyane, à la Martinique, à Mayotte, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin ou à Saint-Pierre-et-Miquelon exerçant ses fonctions sur le territoire européen de la France bénéficie du régime de congé bonifié institué pour les fonctionnaires de l'Etat dans la même situation. " Aux termes de l'article 1 du décret n° 87-482 du 1er juillet 1987 : " Pour l'application des dispositions du deuxième alinéa du 1° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée, relatives aux congés bonifiés des fonctionnaires des établissements mentionnés à l'article 2 de ladite loi, qui, exerçant leurs fonctions sur le territoire européen de la France, ont leur résidence habituelle dans un département d'outre-mer, le lieu de la résidence habituelle s'entend de celui où se trouve le centre des intérêts moraux et matériels de l'agent. " Et aux termes de l'article 2 de ce même décret : " Les fonctionnaires mentionnés à l'article 1er bénéficient, dans les conditions prévues ci-après, de la prise en charge périodique par l'établissement où ils exercent des frais d'un voyage de congé, dit congé bonifié, à concurrence d'un aller-retour entre le territoire européen de la France où l'intéressé exerce ses fonctions et le département d'outre-mer où se situe le centre de ses intérêts moraux et matériels. "
3. Il résulte de ces dispositions que, pour apprécier la localisation du centre des intérêts matériels et moraux d'un fonctionnaire, il peut être tenu compte de son lieu de naissance, de celui de sa résidence, de celle des membres de sa famille, du lieu où le fonctionnaire est, soit propriétaire ou locataire de biens fonciers, soit titulaire de comptes bancaires de comptes d'épargne ou de comptes postaux, ainsi que d'autres éléments d'appréciation parmi lesquels le lieu du domicile civil avant l'entrée dans la fonction publique de l'agent, celui où il a réalisé sa scolarité ou ses études, mais aussi la volonté manifestée par l'agent, notamment à l'occasion de ses demandes de mutation et de ses affectations ou la localisation du centre des intérêts moraux et matériels de son conjoint ou partenaire au sein d'un pacte civil de solidarité.
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A est né en 1986 en Guadeloupe où il a obtenu son baccalauréat en 2005 et où, ayant bénéficié de congés bonifiés, il s'est rendu entre décembre 2012 et janvier 2013, en octobre 2014, entre novembre 2015 et janvier 2016, en octobre 2017 et entre janvier et mars 2019. Il est constant qu'il y est propriétaire de plusieurs biens immobiliers et que ses parents y résident. Toutefois, à l'exception d'un stage au centre médico-psychologique de Bouillante au cours de l'année universitaire 2006/2007, il a réalisé ses études sur le territoire continental où il travaille et vit depuis 2008. Par ailleurs, il n'est pas contesté que M. A n'a jamais demandé de mutation pour rejoindre la Guadeloupe. A cet égard, la liste des offres d'emplois d'infirmier proposées sur le site de Pôle emploi ne permet pas d'établir l'absence de poste correspondant aux fonctions de M. A en Guadeloupe. Il n'est pas non plus allégué qu'il serait titulaire de comptes bancaires en Guadeloupe. Dans ces conditions, M. A ne saurait être regardé, à la date des décisions attaquées, comme ayant fixé le centre de ses intérêts matériels et moraux en Guadeloupe. Si M. A fait valoir que le refus litigieux aurait provoqué chez lui un épisode dépressif, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le directeur du centre hospitalier de Toulouse dans l'application des dispositions législatives et règlementaires précitées, ainsi en tout état de cause que le moyen tiré de la méconnaissance de la circulaire du 3 janvier 2007 relative aux conditions d'attribution des congés bonifiés, ne peut qu'être rejeté.
5. En second lieu, si M. A fait valoir que le centre hospitalier de Toulouse n'appliquerait pas de façon homogène les critères d'octroi du congé bonifié précisés dans une note interne à l'établissement il ne produit aucun élément à l'appui de cette allégation et ce moyen doit donc être écarté.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Toulouse a rejeté sa demande de congés bonifiés ni de la décision implicite rejetant son recours gracieux contre cette décision. Par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction, d'astreinte et de paiement d'intérêts au taux légal doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier universitaire de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée à ce titre par M. A. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de ce dernier la somme sollicitée par le centre hospitalier sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Toulouse sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 18 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Péan, conseillère,
Mme Préaud, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
La rapporteure,
L. PRÉAUDLa présidente,
C. VISEUR-FERRÉ
La greffière,
C. CASTRILLO
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026