jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206374 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | THIBAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 novembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Plaine de Laspiacères, représentée par Me Courrech, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 29 juillet 2022 par lequel le maire de Brax a refusé de lui délivrer un permis d'aménager portant sur la réalisation d'un lotissement comprenant treize lots maximum sur un terrain situé chemin du Cabanot, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la commune de réexaminer sa demande sur le fondement des règles de droit applicables à la date du refus, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que l'arrêté du 29 juillet 2022 est entaché d'une erreur de droit, dès lors que les dispositions du plan d'occupation des sols de la commune de Brax applicables à la zone 1NAa n'imposent pas que la demande d'autorisation couvre la totalité de cette zone, mais seulement que les occupations et utilisations du sol soient intégrées à une opération d'ensemble concernant la totalité de la zone.
Par un mémoire enregistré le 31 mai 2024, la commune de Brax, représentée par Me Thibaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SARL Plaine de Laspacières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Un mémoire, présenté par la société Plaine de Laspiacères a été enregistré le 12 juin 2024 mais n'a pas donné lieu à communication.
Par une ordonnance du 4 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 juin suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frindel ;
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;
- les observations de Me Köth, représentant la SARL Plaine de Laspiacères, et celles de Me Thibaud, représentant la commune de Brax.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 mai 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Plaine de Laspiacères a déposé une demande de permis d'aménagement pour la création d'un lotissement de treize lots maximum, dont un lot social et un lot en résidence partagée, sur un terrain situé chemin de Cabanot, à Brax (31). Par un arrêté du 29 juillet 2022, le maire de cette commune a rejeté sa demande. Le 31 octobre 2022, ce dernier a implicitement rejeté le recours gracieux formé par la société Plaine de Laspiacères contre cet arrêté. Par la présente requête, ladite société demande au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
2. Aux termes du paragraphe 2 de l'article 1 NA 1 de la section 1 des dispositions du plan d'occupation des sols de la commune de Brax applicables à la zone 1 NA, en vigueur à la date des décisions litigieuses : " Ne sont admises que les occupations et utilisations du sol ci-après : / 1 - Les lotissements et les ensembles d'habitations sous réserve des conditions fixées au paragraphe 3 ci-après. / 2 - Les constructions à usage : / - d'habitat, / - de services et de bureaux, / sous réserve des conditions fixées au paragraphe 3 ci-après. / 3 - Les constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif. / 4 - Les installations et travaux divers suivants : / - aires de jeux et de sports ouvertes au public, / - aires de stationnement ouvertes au public. / 5 - Les installations classées sous réserve des conditions fixées au paragraphe 3 ci-après. / 6 - Les aménagements et extensions des constructions existantes. / 7 - Les piscines privées en lien avec l'habitat existant ". Aux termes du paragraphe 3 du même article : " Toutefois, les occupations et utilisations du sol précédentes ne sont admises que si elles respectent les conditions ci-après : / () / 2 - Dans le secteur 1NAa, les occupations et utilisations du sol ne sont autorisées qu'à condition : / () / - d'être intégrées à une opération d'ensemble concernant la totalité de la zone () ". Il résulte de ces dispositions que, dans le secteur 1NAa (zone naturelle à urbaniser), un lotissement peut être autorisé même s'il ne porte pas sur l'intégralité de la zone, à la condition toutefois de s'intégrer au sein d'une opération d'ensemble portant sur la totalité de cette zone.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la société Plaine de Laspiacères a déposé un permis d'aménager en vue de la création d'un lotissement de 13 lots maximum sur un tènement situé en zone 1 NAa. Il est constant que le projet de lotissement porte sur l'intégralité de cette zone, à l'exception de la parcelle cadastrée section AD n°203 qui en est exclue. D'une part, si la société requérante soutient que le projet permettra la desserte de cette parcelle par la voirie ainsi que par les réseaux, lesquels seront mis en place au droit de celle-ci, il n'en demeure pas moins que ladite parcelle ne saurait être regardée comme étant intégrée au sein de l'opération d'aménagement en l'absence de tout travaux prévus sur celle-ci. D'autre part, si la société requérante fait valoir que la configuration donnée au macro lot 1 permettra, si besoin, de rattacher une fraction de celui-ci à la parcelle AD 203 pour en améliorer la fonctionnalité, ces éléments, qui sont imprécis et incertains, ne sauraient permettre de considérer que la fonctionnalité future de cette parcelle aurait été clairement définie dans le cadre d'un projet d'aménagement global et cohérent de la zone. Dans ces conditions, la société Plaine de Laspiacères n'est pas fondée à soutenir que le projet litigieux s'intègre dans une opération d'ensemble concernant la totalité de la zone 1 NAa. Par suite, le maire de Brax n'a pas entaché les décisions attaquées d'une erreur de droit en considérant que le projet de lotissement en litige méconnaissait les dispositions précitées de l'article 1 NA 1 du plan d'occupation des sols de la commune.
4. Il résulte de tout ce qui précède que la société Plaine de Laspiacères n'est pas fondée à demander l'annulation ni de l'arrêté attaqué ni, par suite, de la décision implicite rejetant le recours gracieux dirigé contre cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par la société requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Plaine de Laspiacères le versement à la commune de Brax d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Plaine de Laspiacères est rejetée.
Article 2 : La société Plaine de Laspiacères versera une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) à la commune de Brax au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée Plaine de Laspiacères et à la commune de Brax.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Meunier-Garner, présidente,
Mme Rousseau, conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
La présidente,
M.-O. MEUNIER-GARNERLa greffière,
B. RODRIGUEZ
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2206374
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026