mercredi 10 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2206720 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 novembre 2022, M. C B, représenté par Me Laspalles, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 novembre 2022 par lequel le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de procéder sans délai à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens de l'instance ainsi que la somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement combiné de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît le principe général du droit de l'Union européenne qui exige que toute personne soit entendue avant l'édiction d'une décision défavorable ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de la Haute-Garonne s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- la décision est insuffisamment motivée en fait ;
- elle a été édictée par une autorité incompétente dès lors qu'il réside en Haute-Garonne et que par suite, le préfet de la Gironde n'était pas compétent ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit faute d'examen de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet de la Haute-Garonne s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il présente des garanties de représentation ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure faute de mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît son droit à être entendu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de sa durée de séjour en France et des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 février 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 29 juin 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume de Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lucas, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain né le 12 juin 1999, est entré en France le 29 août 2017 muni de son passeport revêtu d'un visa. Il a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étudiant, dont le dernier était valable jusqu'au 14 octobre 2020. M. B, qui n'a pas sollicité le renouvellement de ce titre, a été interpellé par les services de police le 19 novembre 2022 et, par un arrêté du même jour, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il serait éloigné à défaut de se conformer à cette obligation et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Par une décision du 3 mai 2023, postérieure à l'introduction de la requête, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que soit prononcée l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle du requérant sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".
4. La décision en litige mentionne les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et décrit de manière suffisamment précise les conditions d'entrée et de séjour en France du requérant ainsi que les éléments relatifs à sa vie privée et familiale sur le territoire français. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et est, par suite, suffisamment motivée. Le moyen doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des dispositions précitées de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français et lui accorde un délai de départ volontaire. Dès lors, si M. B soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ce moyen ne saurait être utilement invoqué à l'encontre de cette décision.
6. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il n'a pas été invité à formuler ses observations sur l'éventualité d'un éloignement et que son droit à être entendu au sens du principe général du droit de l'Union européenne tel qu'il est notamment exprimé au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne a été méconnu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de son audition en date du 19 novembre 2022 qu'il a été entendu sur ce point par les services de police après son interpellation et a pu faire état d'éléments relatifs à sa vie privée et familiale et à son état de santé. Par suite, ce moyen doit être écarté comme manquant en fait.
7. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant qui a, au contraire, été explicitement décrite dans l'arrêté attaqué.
8. En cinquième lieu, il ne résulte pas des termes de la décision que le préfet de la Haute-Garonne se serait estimé en situation de compétence liée pour prononcer une obligation de quitter le territoire français à l'encontre du requérant.
9. En sixième lieu, les dispositions précitées du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne font pas obstacle à l'éloignement d'un ressortissant étranger ne représentant pas une menace pour l'ordre public, dès lors que celui-ci s'est maintenu sur le territoire français sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur d'appréciation dans l'application de ces dispositions.
10. En septième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France en août 2017 et était donc présent sur le territoire français depuis plus de cinq ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, le requérant est célibataire et sans charge de famille en France, et il ressort de ses propres déclarations lors de son audition par les services de police que toute sa famille réside au Maroc. Par ailleurs, il n'établit pas avoir noué de liens personnels d'une particulière intensité sur le territoire français. Dans ces conditions, la décision en litige ne méconnaît pas les stipulations ci-dessus reproduites de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de cette décision sur la situation personnelle de M. B.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
12. En premier lieu, la décision en litige a été édictée par le préfet de la Haute-Garonne. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle aurait été prise par une autorité incompétente au motif qu'elle aurait été édictée par le préfet de la Gironde manque en fait et ne peut qu'être écarté.
13. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. "
14. La décision attaquée mentionne les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le motif de refus de délai de départ volontaire, qui tient à la circonstance qu'il existe un risque de soustraction de M. B à la mesure d'éloignement prise à son encontre. Elle est ainsi suffisamment motivée et le moyen ainsi soulevé doit donc être écarté.
15. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision en litige serait illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde doit être écarté.
16. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant qui a, au contraire, été explicitement décrite dans l'arrêté attaqué.
17. En cinquième lieu, il ne résulte pas des termes de la décision que le préfet de la Haute Garonne se serait estimé en situation de compétence liée pour refuser d'octroyer au requérant un délai de départ volontaire.
18. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5 ".
19. Il ressort des pièces du dossier que M. B s'est maintenu sur le territoire français plus de deux ans après l'expiration de son titre de séjour en qualité d'étudiant sans en avoir demandé le renouvellement et qu'il ne dispose d'aucun domicile fixe. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en considérant comme établi le risque de soustraction à la mesure d'éloignement.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
21. La décision en litige mentionne l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et comporte les considérations de fait sur lesquelles la décision d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an prononcée à l'encontre du requérant est fondée, au regard des critères prévus par la loi.
22. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 5 et 6 du présent jugement que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et du droit du requérant à être entendu doivent être écartés.
23. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant qui a, au contraire, été explicitement décrite dans l'arrêté attaqué.
24. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". Selon l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
25. Il ressort des pièces du dossier que si M. B était présent en France depuis plus de cinq ans à la date de la décision en litige, il est célibataire et sans charge de famille en France et ne fait état d'aucune circonstance humanitaire particulière. Dans ces conditions, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et le moyen invoqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
26. En premier lieu, l'arrêté en litige cite l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et mentionne le fait que M. B n'allègue pas être exposé à des peines ou traitements contraires à cette convention en cas de retour au Maroc. La décision attaquée est ainsi suffisamment motivée et le moyen soulevé doit être écarté.
27. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne se serait abstenu de procéder à un examen réel et sérieux de la situation du requérant.
28. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
29. Si M. B se prévaut de risques en cas de retour dans son pays d'origine, il n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
30. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 novembre 2022. Sa requête doit donc être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dépens et des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à son admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Laspalles.
Délibéré après l'audience du 8 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 janvier 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026