Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Sous le n° 2207143, par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 décembre 2022, 25 et 30 janvier, 25 mars, 17 mai et 19 juin 2024, la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, représentée par Me Lauret, demande au tribunal :
1°) d’annuler la délibération n° 2022-037 du 30 juin 2022 du conseil municipal de la commune de Padirac portant adoption d’une grille tarifaire ;
2°) d’enjoindre à la commune de Padirac de retirer les horodateurs installés sur les zones à proximité du gouffre de Padirac ainsi que toute mention de l’existence d’un stationnement payant dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par semaine de retard ;
3°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 5 000 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que, d’une part, la délibération n’a pas pu être affichée le jour-même, la séance s’étant achevée à 22 heures 15, et elle n’a été transmise aux services préfectoraux que le 4 août 2022 et, d’autre part, elle justifie d’un intérêt à agir ;
- la délibération attaquée est entachée de l’incompétence de son auteur dès lors qu’aucune décision de réglementer le stationnement et de le rendre payant n’est intervenue au préalable ;
- elle méconnaît l’article L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales dès lors qu’elle ne fixe pas le tarif du forfait de post-stationnement ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 341-2 du code de l’environnement et des articles L. 111-25 et R. 111-33 du code de l’urbanisme dès lors qu’elle autorise le stationnement des camping-cars la nuit sans que le ministre chargé des sites classés n’ait accordé une dérogation après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ;
- l’installation d’horodateurs a été réalisée sans obtention d’une autorisation spéciale préalable, en méconnaissance de l’article L. 341-10 du code de l’environnement ;
- à titre subsidiaire, dans l’hypothèse où la commune de Padirac serait regardée comme ayant créé un parc de stationnement « hors voirie » en vue de l’exploiter, une telle décision méconnaît, d’une part, l’article L. 2221-14 du code général des collectivités territoriales qui impose que les régies dotées de la seule autonomie financière soient créées par délibération du conseil municipal et, d’autre part, les articles L. 2221-11 et L. 2224-1 du même code imposant la création d’un budget annexe, équilibré entre les recettes et les dépenses, ou que le conseil municipal décide explicitement d’une prise en charge au titre du budget propre de la commune, dès lors qu’aucune de ces décisions n’a été prise par délibération du conseil municipal de Padirac ;
- elle méconnaît l’article L. 224-68 du code de la consommation dès lors qu’elle ne distingue pas le stationnement pendant moins de douze heures de celui de douze heures et plus et qu’elle ne respecte pas le pas horaire maximal de quinze minutes, les tarifs étant appliqués par jour.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 mars 2023, 25 mars et 24 juin 2024, la commune de Padirac, représentée par Me Touboul, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mis à la charge de la société d’exploitations spéléologiques de Padirac au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dès lors que l’arrêté n° 07-2024 a abrogé et remplacé les arrêtés antérieurs relatifs aux règles de stationnement et de circulation sur le réseau routier relevant de la compétence du maire ;
- la requête est irrecevable dès lors que la société d’exploitations spéléologiques de Padirac ne justifie pas d’un intérêt à agir ;
- le moyen tiré de l’absence de définition d’un tarif de post-stationnement est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 août 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 15 septembre 2025 à 12 heures.
Un mémoire, présenté par la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, a été enregistré le 12 septembre 2025 et n’a pas été communiqué.
Un mémoire, présenté par la commune de Padirac, a été enregistré le 15 septembre 2025 et n’a pas été communiqué.
II. Sous le n° 2302674, par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 mai 2023, 25 et 30 janvier, 17 mai et 19 juin 2024, la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, représentée par Me Lauret, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 15 février 2023 de la commune de Padirac refusant implicitement d’abroger la délibération du 30 juin 2022 de son conseil municipal ;
2°) d’enjoindre à la commune de Padirac d’abroger la délibération du 30 juin 2022 et de retirer les horodateurs installés à proximité du gouffre de Padirac ainsi que toute mention de l’existence d’un stationnement payant dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 5 000 euros à lui verser au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que, d’une part, la délibération n’a pas pu être affichée le jour-même, la séance s’étant achevée à 22 heures 15, et elle n’a été transmise aux services préfectoraux que le 4 août 2022 et, d’autre part, elle justifie d’un intérêt à agir ;
- la délibération du 30 juin 2022 dont elle a demandé l’abrogation est entachée d’incompétence de son auteur dès lors qu’aucune décision de réglementer le stationnement et de le rendre payant n’est intervenue au préalable ;
- elle méconnaît l’article L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales dès lors qu’elle ne fixe pas le tarif du forfait de post-stationnement ;
- à titre subsidiaire, une telle décision méconnaît, d’une part, l’article L. 2221-14 du code général des collectivités territoriales qui impose que les régies dotées de la seule autonomie financière soient créées par délibération du conseil municipal et, d’autre part, les articles L. 2221-11 et L. 2224-1 du même code imposant la création d’un budget annexe, équilibré entre les recettes et les dépenses, ou que le conseil municipal décide explicitement d’une prise en charge au titre du budget propre de la commune, dès lors qu’aucune de ces décisions n’a été prise par délibération du conseil municipal de Padirac ;
- elle méconnaît l’article L. 224-68 du code de la consommation dès lors qu’elle ne distingue pas le stationnement de moins de douze heures de celui de douze heures et plus, et qu’elle ne respecte pas le pas horaire maximal de quinze minutes, les tarifs étant appliqués par jour ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 341-2 du code de l’environnement et des articles L. 111-25 et R. 111-33 du code de l’urbanisme dès lors qu’elle autorise le stationnement des camping-cars la nuit sans que le ministre chargé des sites classés n’ait accordé une dérogation après avis de la commission départementale de la nature, des paysages et des sites ;
- l’installation d’horodateurs a été réalisée sans obtention d’une autorisation spéciale préalable, en méconnaissance de l’article L. 341-10 du code de l’environnement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mars et 24 juin 2024, la commune de Padirac, représentée par Me Touboul, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société d’exploitations spéléologiques de Padirac au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête dès lors que l’arrêté n° 07-2024 a abrogé et remplacé les arrêtés antérieurs relatifs aux règles de stationnement et de circulation sur le réseau routier relevant de la compétence du maire ;
- la requête est irrecevable dès lors que la société d’exploitations spéléologiques de Padirac ne justifie pas d’un intérêt à agir ;
- le moyen tiré de l’absence de définition d’un tarif de post-stationnement est inopérant ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés
Un mémoire, présenté par la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, a été enregistré le 12 septembre 2025 et n’a pas été communiqué.
Un mémoire, présenté par la commune de Padirac, a été enregistré le 15 septembre 2025 et n’a pas été communiqué.
La clôture de l’instruction est intervenue trois jours francs avant l’audience, en application des dispositions de l’article R. 613-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Lejeune,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Lauret, représentant de la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, et de Me Touboul, représentant de la commune de Padirac.
Considérant ce qui suit :
Les requêtes nos 2207143 et 2302674 ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
La société d’exploitations spéléologiques de Padirac exploite le gouffre de Padirac dont elle est propriétaire. Par délibération du 30 juin 2022, le conseil municipal de Padirac a fixé la tarification des parkings payants du gouffre de Padirac. Le 8 août 2022, la commune de Padirac a fait procéder à l’installation et la mise en fonctionnement de trois horodateurs à proximité du gouffre de Padirac, matérialisant ainsi les décisions de réglementer le stationnement et de le rendre payant. Par courrier du 12 décembre 2022, la société d’exploitations spéléologiques de Padirac a demandé l’abrogation de l’ensemble des décisions, « formalisées ou non », relatives au stationnement payant à proximité du gouffre de Padirac, révélées par l’installation et la mise en fonctionnement de trois horodateurs le 8 août 2022, y compris la délibération du 30 juin 2022. Par la présente requête, la société d’exploitations spéléologiques de Padirac demande au tribunal d’annuler l’ensemble des « décisions non formalisées » réglementant le stationnement à proximité du gouffre de Padirac et le rendant payant, ainsi que la décision du 15 février 2023 portant refus d’abroger ces décisions.
Sur l’exception de non-lieu à statuer opposée dans les deux affaires :
L’arrêté du 18 mars 2024 abroge et remplace des « arrêtés antérieurs » qui, à supposer même qu’ils soient devenus définitifs, ont reçu application pendant plus d’une année. Dès lors, les présentes requêtes n’ont pas perdu leur objet. L’exception de non-lieu à statuer est donc écartée.
Sur la requête n° 2207143 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
La délibération contestée institue la redevance relative au stationnement aux abords du gouffre de Padirac, exploité par la société d’exploitations spéléologiques de Padirac. Les visiteurs du gouffre stationnent sur les emplacements situés aux abords immédiats du site, notamment sur les places de stationnement concernées par la décision attaquée. Dans ces conditions, la délibération litigieuse, qui est directement liée à l’activité de la société d’exploitations spéléologiques de Padirac, est susceptible d’affecter les intérêts de cette dernière de manière suffisamment directe et certaine de sorte qu’elle justifie d’un intérêt à agir contre elle. Cette fin de non-recevoir opposée par la commune de Padirac est donc écartée.
En ce qui concerne la légalité de la délibération contestée :
Aux termes de l’article L. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : « Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. A l'extérieur des agglomérations, le maire exerce également la police de la circulation sur les voies du domaine public routier communal et du domaine public routier intercommunal, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation. / Les conditions dans lesquelles le maire exerce la police de la circulation sur les routes à grande circulation sont fixées par décret en Conseil d'Etat. / Par dérogation aux dispositions des deux alinéas précédents et à celles des articles L. 2213-2 et L. 2213-3, des décrets peuvent transférer, dans les attributions du représentant de l'Etat dans le département, la police de la circulation sur certaines sections des routes à grande circulation. » Aux termes de l’article L. 2213-2 de ce code : « Le maire peut, par arrêté motivé, eu égard aux nécessités de la circulation et de la protection de l'environnement : / 1° Interdire à certaines heures l'accès de certaines voies de l'agglomération ou de certaines portions de voie ou réserver cet accès, à certaines heures ou de manière permanente, à diverses catégories d'usagers ou de véhicules ; / 2° Réglementer l'arrêt et le stationnement des véhicules ou de certaines catégories d'entre eux, ainsi que la desserte des immeubles riverains ; / 3° Réserver sur la voie publique ou dans tout autre lieu de stationnement ouvert au public des emplacements de stationnement aménagés aux véhicules utilisés par les personnes titulaires de la carte “mobilité inclusion” portant la mention “stationnement pour personnes handicapées” mentionnée à l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles, aux véhicules bénéficiant d'un label “ auto-partage ”, aux véhicules bénéficiant d'un signe distinctif de covoiturage, aux véhicules des usagers des transports publics de personnes ou aux véhicules à très faibles émissions au sens de l'article L. 318-1 du code de la route. »
Dans l’exercice des pouvoirs de police qui lui sont confiés en vertu de l’article L. 2213-1 et du 2° de l’article L. 223-2 du code général des collectivités territoriales, il appartient au maire de prendre les mesures nécessaires, par arrêté motivé, pour concilier les droits de l’ensemble des usagers de la voie publique et les contraintes liées, le cas échéant, à la circulation et au stationnement de leurs véhicules.
Aux termes de l’article L. 2333-87 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au litige : « I.- Sans préjudice de l'application des articles L. 2213-2 et L. 2512-14, le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale ou du syndicat mixte compétent pour l'organisation de la mobilité au sens du titre III du livre II de la première partie du code des transports, lorsqu'il y est autorisé par ses statuts ou par une délibération prise dans les conditions de majorité prévues au II de l'article L. 5211-5, peut instituer une redevance de stationnement, compatible avec les dispositions du plan de mobilité, s'il existe. Dans le cas où le domaine public concerné relève d'une autre collectivité, l'avis de cette dernière est requis. Si elle ne s'est pas prononcée dans un délai d'un mois à compter de sa saisine, cet avis est réputé favorable. / (…) / La délibération institutive établit : / 1° Le barème tarifaire de paiement immédiat de la redevance, applicable lorsque la redevance correspondant à la totalité de la période de stationnement est réglée par le conducteur du véhicule dès le début du stationnement ; / 2° Le tarif du forfait de post-stationnement, applicable lorsque la redevance correspondant à la totalité de la période de stationnement n'est pas réglée dès le début du stationnement ou est insuffisamment réglée. Son montant ne peut être supérieur au montant de la redevance due pour la durée maximale de stationnement prévue, hors dispositifs d'abonnement, par le barème tarifaire de paiement immédiat en vigueur dans la zone considérée. / Le barème tarifaire de paiement immédiat est établi en vue de favoriser la fluidité de la circulation, la rotation du stationnement des véhicules sur voirie et l'utilisation des moyens de transport collectif ou respectueux de l'environnement, en prenant en compte un objectif d'équité sociale. Il tient compte de l'ensemble des coûts nécessaires à la collecte du produit de la redevance de stationnement. / Le barème tarifaire peut être modulé en fonction de la durée du stationnement, de la surface occupée par le véhicule ou de son impact sur la pollution atmosphérique. Il peut prévoir une tranche gratuite pour une durée déterminée ainsi qu'une tarification spécifique pour certaines catégories d'usagers, dont les résidents, et pour les véhicules bénéficiant d'un signe distinctif de covoiturage créé en application des articles L. 1231-15 ou L. 1241-1 du code des transports. Il peut être réduit en fonction du niveau du revenu des usagers, de leur statut ou du nombre de personnes vivant au sein de leur foyer, en vue de favoriser l'égalité d'accès à la mobilité des personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale. / (…). »
Il résulte de l’ensemble de ces dispositions que si le maire de la commune exerce la police de la circulation et est à ce titre compétent pour réglementer le stationnement et décider de le rendre payant, seul le conseil municipal est compétent pour instituer la redevance de stationnement.
En outre, il résulte de l’article L. 2333-87 précité du code général des collectivités territoriales que le forfait de post-stationnement constitue le montant de la redevance d’occupation du domaine public qui doit être acquittée lorsque celle-ci n’a pas été payée dès le début du stationnement.
En l’espèce, la délibération du 30 juin 2022 du conseil municipal de Padirac portant tarification des parkings payants du gouffre de Padirac institue la redevance de stationnement après que le maire de la commune a réglementé le stationnement et l’a rendu payant. La délibération du 30 juin 2022 se borne à fixer le barème de paiement immédiat de la redevance de stationnement aux abords du gouffre de Padirac. Il s’agit d’un forfait de vingt-quatre heures, payé en totalité en début de stationnement. Toutefois, la délibération contestée ne fixe pas le forfait de post-stationnement, obligatoire en vertu de l’article L. 2333-87 précité du code général des collectivités territoriales. Dès lors, la société d’exploitations spéléologiques de Padirac est fondée à soutenir que la délibération litigieuse est entachée d’erreur de droit. Par suite, cette délibération doit être annulée.
En ce qui concerne les conclusions à fin d’injonction :
L’exécution du présent jugement n’implique pas qu’une injonction soit prononcée. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la société d’exploitations spéléologiques de Padirac sont rejetées.
Sur la requête n° 2302674 :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la société d’exploitations spéléologiques de Padirac justifie d’un intérêt à agir contre la délibération du 30 juin 2022 et contre la décision refusant de l’abroger. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune de Padirac est écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision contestée :
Il résulte de ce qui précède que la délibération du 30 juin 2022 du conseil municipal de Padirac est entachée d’illégalité et est annulée. Par voie de conséquence, la décision refusant de l’abroger est illégale. Il y a donc lieu de l’annuler également.
En ce qui concerne les conclusions à fin d’injonction :
L’exécution du présent jugement n’implique pas qu’il soit enjoint à la commune de Padirac d’abroger la délibération litigieuse, ni que les mesures sollicitées soient ordonnées. Les conclusions en ce sens présentées par la société d’exploitations spéléologiques de Padirac sont rejetées.
Sur les frais de l’instance :
La société d’exploitations spéléologiques de Padirac n’étant pas la partie perdante dans le cadre de la présente instance, il n’y a pas lieu de mettre une somme à sa charge au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, il y a lieu de mettre une somme de 1 500 euros à la charge de la commune de Padirac à verser à la société d’exploitations spéléologiques de Padirac au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du 30 juin 2022 du conseil municipal de la commune de Padirac est annulée.
Article 2 : La décision du 15 février 2023 de la commune de Padirac refusant d’abroger cette délibération est annulée.
Article 3 : La commune de Padirac versera à la société d’exploitations spéléologiques de Padirac la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes nos 2207143 et 2302674 est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Padirac sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la société d’exploitations spéléologiques de Padirac et à la commune de Padirac.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
Mme Cuny, conseillère,
Mme Lejeune, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2025.
La rapporteure,
A. LEJEUNE
Le président,
CLEN
La greffière,
F. SOLANA
La République mande et ordonne à la préfète du Lot en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,