jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2301309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP D'AVOCATS SALESSE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2023, et des mémoires, enregistrés les 21 février 2024, 25 avril 2024 et 17 septembre 2024, ce dernier n'ayant pas donné lieu à communication, M. A B, représenté par Me Salva, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme du 18 janvier 2023 par lequel le maire de la commune d'Aulos-Sinsat a déclaré non-réalisable une opération de construction d'un logement sur les parcelles cadastrées section 0A n°800 et 802 ;
2°) d'enjoindre audit maire de procéder au réexamen de sa demande de certificat d'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Aulos-Sinsat une somme de 1 200 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle comporte l'exposé de moyens ; en outre, les conclusions de la requête, qui conduisent nécessairement le juge à apprécier la validité du certificat contesté, sont de celles qui peuvent lui être soumises en qualité de juge de l'excès de pouvoir ;
- le certificat d'urbanisme attaqué est entaché d'erreurs de fait et d'appréciation dès lors que le terrain d'assiette du projet se situe en zone constructible du plan local d'urbanisme de la commune et que le projet sera implanté uniquement sur les zones blanches et bleues du plan de prévention des risques naturels (PPRN) applicable sur le territoire de la commune ;
- il repose sur des erreurs de fait dès lors, d'une part, qu'il n'existe aucun bâtiment classé ou site archéologique sur le territoire communal, d'autre part, que le terrain est desservi par le réseau d'eau potable ;
- contrairement à ce que considère la commune, le terrain d'assiette du projet se situe, au regard du PPRN, dans le secteur " Monlouis et Barbié " et non pas dans celui dénommé " L'Ariège : La Birado " ;
- des parcelles voisines, qui sont classées par le PPRN, dans les mêmes zones sont construites ;
- le maire ne pouvait légalement délivrer le certificat d'urbanisme contesté dès lors que le terrain d'assiette du projet est compris, pour partie, en zone blanche du PPRN, sur laquelle la construction projetée pourra être intégralement réalisée cependant que la station de traitement autonome des eaux usées pourra être implantée en zone bleue.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 novembre 2023, 29 mars 2024 et 8 juillet 2024, la commune d'Aulos-Sinsat, représentée par Me Salesse, conclut au rejet de la requête, à titre principal, pour irrecevabilité et, à titre subsidiaire, au fond et à ce que, en toute hypothèse, soit mise à la charge du requérant une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors, d'une part, qu'elle ne comprend l'exposé d'aucun moyen et, d'autre part, que les conclusions, lesquelles ne poursuivent pas l'annulation du certificat d'urbanisme contesté mais sollicitent la délivrance d'une autorisation d'urbanisme, ne sont pas de celles qui peuvent être soumises au juge de l'excès de pouvoir ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 18 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 septembre suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Meunier-Garner ;
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;
- et les observations de Me Waller, représentant la commune d'Aulos-Sinsat.
Considérant ce qui suit :
1. Le 28 septembre 2022, M. B déposait une demande de certificat d'urbanisme, sur le fondement des dispositions du b de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme, en vue de savoir si une opération de construction d'un logement sur un terrain situé sur le territoire de la commune d'Aulos-Sinsat, parcelles cadastrées section 0A n°800 et 802, était réalisable. Par arrêté du 18 janvier 2023, le maire de ladite commune déclarait cette opération non-réalisable au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme motif pris que le terrain d'assiette du projet est situé en zone 1 du plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPRN) de la commune d'Aulos-Sinsat approuvé le 16 octobre 2006, laquelle correspond à une zone rouge à risque fort d'expansion de crue, et en zone 4, qui est une zone bleue de crue torrentielle aléa moyen au sein de laquelle sont interdites les constructions. Par la présente instance, M. B sollicite l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement des mentions figurant sur l'arrêté contesté, que, contrairement à ce que soutient le requérant, le maire d'Aulos-Sinsat a considéré que le terrain d'assiette du projet est desservi par le réseau d'eau potable. Par suite, le moyen tiré d'une erreur de fait à avoir mentionné que le terrain n'était pas desservi par un tel réseau doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, si l'arrêté attaqué mentionne, notamment, au sein de son article 2, les dispositions de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme en vertu desquelles un projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation et ses caractéristiques, à compromettre la conservation ou la mise en valeur d'un site ou de vestiges archéologiques, une telle référence ne vise pas à opposer au projet la présence d'un bâtiment classé ou d'un site archéologique mais se borne à préciser que cet article est applicable sur le terrain d'assiette du projet, ainsi que cela résulte d'ailleurs des dispositions de l'article R. 111-1 du même code. Il s'ensuit que le moyen tiré d'une erreur de fait à avoir opposé la présence d'un bâtiment classé ou d'un site archéologique ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le maire d'Aulos-Sinsat a considéré que le terrain d'assiette du projet se situe, d'une part, en zone UB du PLU et, d'autre part, en zones 1 du PPRN, zone rouge à risque fort d'expansion de crue, où sont, notamment, interdites toutes constructions, à l'exception de certaines au titre desquelles ne figurent pas les logements, et 4 de ce même plan, zone bleue à risques moyens ou faibles, au sein de laquelle ne sont autorisés, au titre des logements, et sous certaines conditions, que les annexes aux habitations et l'aménagement ou l'extension des habitations existantes. En revanche, et contrairement à ce que soutient le requérant, le maire n'a pas mentionné au sein de l'arrêté attaqué que le terrain d'assiette du projet se situerait dans le secteur dénommé " L'Ariège : La Birado ". Par ailleurs, s'il ressort de la cartographie du PPRN applicable sur le territoire de la commune d'Aulos-Sinsat, que le terrain d'assiette du projet se situe, majoritairement, en zones rouge et bleue du PPRN, il est exact que, ainsi que le fait valoir le requérant, une partie de celui-ci se situe également en zone blanche. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que cette dernière zone ne représente qu'une infime partie du terrain d'assiette du projet, laquelle, d'une surface d'un peu moins de 27 m² et qui se situe sur une étroite bande de terrain, de forme triangulaire, qui longe les limites parcellaires ouest, ne saurait accueillir le projet litigieux de forme rectangulaire et dont la surface est très largement supérieure à celle de cette bande de terrain. Ainsi, dès lors que la construction projetée ne pouvait s'implanter sur cette zone blanche, la circonstance que le maire d'Aulos-Sinsat a commis une erreur de fait en ne précisant pas que le terrain d'assiette du projet se situait en partie en zone blanche du PPRN est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
5. En quatrième lieu, dès lors que, ainsi qu'il a été dit précédemment, le projet litigieux ne peut être implanté sur la partie du terrain d'assiette situé en zone blanche du PPRN, le moyen tiré d'une erreur de droit à avoir déclaré l'opération projetée non-réalisable doit être écarté.
6. En cinquième lieu, s'il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux pourra être intégralement implanté en zone bleue du PPRN, ce que ne conteste pas l'arrêté attaqué, il ressort toutefois des pièces du dossier que ce projet vise à réaliser une construction nouvelle à destination d'habitation, laquelle n'est pas de celles autorisées au sein de cette zone par les dispositions des articles I.2.3.2.1 et I.2.3.2.2 du PPRN applicable au sein de la commune d'Aulos-Sinsat. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le maire de cette commune a considéré, par l'arrêté attaqué, que l'opération projetée n'était pas réalisable.
7. En sixième et dernier lieu, à supposer que, ainsi que le fait valoir le requérant, des parcelles voisines, qui sont classées par le PPRN dans les mêmes zones de ce plan, soient construites, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué dès lors que le principe d'égalité ne saurait être invoqué en vue d'obtenir le bénéfice d'un avantage illégal.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2023 par lequel le maire d'Aulos-Sinsat a déclaré non-réalisable une opération de construction d'un logement sur les parcelles cadastrées section 0A n°800 et 802.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Aulos-Sinsat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme demandée par M. B au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 € à verser à ladite commune.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune d'Aulos-Sinsat une somme de 1 500 € (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune d'Aulos-Sinsat.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Meunier-Garner, présidente,
Mme Bouisset, première conseillère,
M. Frindel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2025.
La présidente-rapporteure,
M.-O. MEUNIER-GARNER
L'assesseure la plus ancienne,
K. BOUISSET
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026