Le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté la requête de M. A... qui demandait l'annulation de la délibération du conseil municipal de Graulhet du 30 mars 2023. Cette délibération avait pour seul objet de prendre acte de la tenue du débat d'orientation budgétaire, conformément à l'article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales. Le tribunal a jugé qu'un tel acte, qui se borne à constater la tenue d'un débat préparatoire, ne constitue pas une décision faisant grief et n'est donc pas susceptible d'un recours pour excès de pouvoir. Par conséquent, les conclusions à fin d'annulation ont été déclarées irrecevables.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2023 et deux mémoires enregistrés les 17 février et 19 décembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Tourame, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d’annuler la délibération n° 8 soumise à l’ordre du jour de la séance du conseil municipal de la commune de Graulhet du 30 mars 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Graulhet la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la délibération attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 2312-1 et L. 2121-20 du code général des collectivités territoriales ainsi que les articles 22 et 26 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune, dès lors qu’elle n’a fait l’objet d’aucun vote portant sur le débat d’orientation budgétaire ;
- cette absence de vote méconnaît la pratique et les usages du conseil municipal.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 2 février, 29 mars et 13 novembre 2024, la commune de Graulhet, représentée par Me Rouxel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu’elle contient à la fois des conclusions à fin de suspension et d’annulation, la requête en référé suspension devant être distincte de la requête au fond ;
- la requête est également irrecevable dès lors que la délibération attaquée, qui a pour unique but de formaliser la tenue du débat prescrit par la loi, ne fait pas grief ;
- la requête est également irrecevable dès lors qu’elle ne contient aucun exposé des moyens, en méconnaissance des dispositions de l’article R. 411-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 14 novembre 2024, la clôture d’instruction a été fixée en dernier lieu au 30 décembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique, à laquelle la commune de Graulhet n’était ni présente ni représentée :
- le rapport de Mme Préaud, rapporteure,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
- les observations de Me Tourame, représentant M. A....
Considérant ce qui suit :
Par une délibération du 30 mars 2023, le conseil municipal de la commune de Graulhet a pris acte de la tenue du débat sur les orientations budgétaires au titre de l’année 2023. Par la présente requête, M. A... demande l’annulation de cette délibération.
Aux termes de l’article L. 2312-1 du code général des collectivités territoriales : « Le budget de la commune est proposé par le maire et voté par le conseil municipal. / Dans les communes de 3 500 habitants et plus, le maire présente au conseil municipal, dans un délai de deux mois précédant l'examen du budget, un rapport sur les orientations budgétaires, les engagements pluriannuels envisagés ainsi que sur la structure et la gestion de la dette. Ce rapport donne lieu à un débat au conseil municipal, dans les conditions fixées par le règlement intérieur prévu à l'article L. 2121-8. Il est pris acte de ce débat par une délibération spécifique. / (…) ».
Il résulte de ces dispositions que le débat sur les orientations générales du budget a pour objet de préparer le débat budgétaire et de mettre les conseillers municipaux, en leur donnant en temps utile les informations nécessaires, à même d’exercer effectivement leur pouvoir de décision à l’occasion du vote du budget.
Il suit de là que la délibération du 30 mars 2023 par laquelle le conseil municipal de la commune de Graulhet a pris acte de ce qu’il avait pris connaissance du rapport d’orientation budgétaire relatif à l’exercice 2023 et qu’un débat s’était tenu, ne constitue pas un acte susceptible de recours mais une mesure préparatoire dont il peut seulement être excipé de l’illégalité à l’encontre de la délibération approuvant le budget. Par suite, la commune de Graulhet est fondée à soutenir que les conclusions à fin d’annulation de cette délibération, dont l’objet était uniquement de constater que le débat d’orientations budgétaires pour 2023 avait eu lieu, et ce malgré l’utilisation du verbe « voter » dans le projet de délibération, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de faire application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Graulhet sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la commune de Graulhet.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Préaud, conseillère,
M. Garrido, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2025.
La rapporteure,
L. PRÉAUD
La présidente,
C. VISEUR-FERRÉ
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
La greffière