mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2302956 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 mai 2023, Mme D E et M. B F, agissant en leur qualité de représentants légaux de leur fille, représentés par Me Brel, demandent au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision implicite du 17 mai 2023 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté le recours préalable obligatoire formé contre la décision du 20 janvier 2023 par laquelle cette même autorité a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à leur fille ;
3°) d'enjoindre à l'OFII d'accorder les conditions matérielles d'accueil à leur fille et de procéder au versement de l'allocation pour demandeur d'asile, dans un délai de sept jours suivant la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis à l'aide juridictionnelle, sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de tenue d'un entretien de vulnérabilité préalablement à son édiction ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur de droit pour méconnaissance de l'étendue de sa compétence dans la mesure où l'OFII s'est borné à constater que les requérants sollicitaient en réalité un réexamen de leur précédente demande d'asile sans tenir compte de la composition familiale et de leur vulnérabilité ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur leur situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 juin 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
La requérante a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Douteaud a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E et M. F, ressortissants nigérians, sont respectivement entrés en France en février 2018 et avril 2019 et ont déposé des demandes d'asile les 12 mars 2018 et 3 mai 2019, rejetées par décisions de la Cour nationale du droit d'asile les 16 juillet 2019 et 10 février 2022. Ayant donné naissance, le 9 octobre 2021, à A F, ils ont déposé, le 29 août 2022, une demande d'asile au bénéfice de leur fille auprès de la préfecture de la Haute-Garonne, laquelle a été enregistrée en procédure normale. Par une décision du 23 novembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à cet enfant. Mme E et M. F ont exercé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision le 17 mars 2023 qui a été implicitement rejeté le 17 mai 2023. Par leur requête, ils demandent l'annulation de cette décision implicite de rejet.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 27 septembre 2023, Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée en son nom est devenue sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'institution par les dispositions précitées d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'Office français de l'immigration et de l'intégration le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue nécessairement à la décision initiale et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge de la légalité. L'exercice d'un tel recours a pour but de permettre à l'autorité administrative, dans la limite de ses compétences, de remédier aux illégalités dont pourrait être entachée la décision initiale, sans attendre l'intervention du juge. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par courrier du 30 mars 2023 reçu le 12 avril suivant, l'OFII a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé par Mme E et M. F contre la décision initiale du 20 janvier 2023. Par suite, les conclusions de la requête doivent être regardés comme dirigées contre la décision du 30 mars 2023.
4. En premier lieu, aux termes de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-15 est écrite, motivée et prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle prend effet à compter de sa signature. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII a évalué la vulnérabilité de l'enfant A F lors d'un entretien, organisé le 29 août 2022. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () / 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur ". Aux termes de l'article L. 531-41 du même code : " Constitue une demande de réexamen une demande d'asile présentée après qu'une décision définitive a été prise sur une demande antérieure () ".
7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à l'étranger présent sur le territoire français et souhaitant demander l'asile de présenter une demande en son nom et, le cas échéant, en celui de ses enfants mineurs qui l'accompagnent. En cas de naissance ou d'entrée en France d'un enfant mineur postérieurement à l'enregistrement de sa demande, l'étranger est tenu, tant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou, en cas de recours, la Cour nationale du droit d'asile, ne s'est pas prononcé, d'en informer cette autorité administrative ou cette juridiction. La décision rendue par l'office ou, en cas de recours, par la Cour nationale du droit d'asile, est réputée l'être à l'égard du demandeur et de ses enfants mineurs, sauf dans le cas où le mineur établit que la personne qui a présenté la demande n'était pas en droit de le faire.
8. Ces dispositions ne font pas obstacle à ce que les parents d'un enfant né après l'enregistrement de leur demande d'asile présentent, postérieurement au rejet définitif de leur propre demande, une demande au nom de leur enfant. Il résulte toutefois de ce qui a été dit au point précédent que la demande ainsi présentée au nom du mineur doit alors être regardée, dans tous les cas, comme une demande de réexamen au sens de l'article L. 531-41 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil est alors refusé à la famille, totalement ou partiellement, conformément aux dispositions de l'article L. 551-15, sous réserve d'un examen au cas par cas tenant notamment compte de la présence au sein de la famille du mineur concerné.
9. Il ressort des pièces du dossier que les demandes d'asile formées par Mme E et M. F ont été définitivement rejetées par deux décisions de la CNDA datées respectivement des 16 juillet 2019 et 10 février 2022. Ces derniers ont formulé des demandes de réexamen le 13 août 2020 s'agissant de Mme E et le 3 avril 2023, s'agissant de M. F. Par suite, la demande d'asile qu'ils ont conjointement introduite le 29 août 2022, au nom de leur fille A, née le 9 octobre 2021, qui s'inscrit dans le cadre du réexamen de leurs propres demandes d'asile, dont l'OFPRA n'avait d'ailleurs, à cette date, et concernant M. F, pas encore été saisie, doit être regardée comme une demande réexamen, et non comme une première demande. Au cours de l'entretien de vulnérabilité qui s'est tenu le 29 août 2022, Mme E et M. F ont indiqué être hébergés avec leur fille et son frère par les services du 115 depuis l'année 2020 et n'ont par ailleurs pas sollicité l'avis du médecin de zone de l'OFII pour attester de l'état de santé de A. Au vu de ces éléments, le directeur de l'OFII a pu légalement refuser les conditions matérielles d'accueil en se fondant sur les dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation de la jeune A.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme E et M. F à fin d'annulation de la décision attaquée, ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction sous astreinte et les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée par Mme E et M. F.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et M. B F, à Me Brel et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
La rapporteure,
S. DOUTEAUD
La présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026