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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2303239

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2303239

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2303239
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantTOUBOUL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juin 2023, M. B A, représenté par Me Touboul, demande au tribunal :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 25 avril 2023 par laquelle la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;

3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'aucun document lui permettant de présenter ses observations ne lui a été remis, en méconnaissance des dispositions de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il était en centre de rétention au moment prévu pour son embarquement ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 mai 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2023.

Par une ordonnance du 17 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 23 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Préaud a été entendu au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan né le 16 juin 1998 à Nangarhar, a présenté une demande d'asile en France le 15 septembre 2022, enregistrée selon la procédure prévue aux articles L. 571-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et il a, le même jour, d'une part, accepté l'offre de prise en charge qui lui était proposée et, d'autre part, bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 25 avril 2023, le directeur territorial de l'Office français de protection de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis totalement fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait M. A. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 décembre 2023. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. En premier lieu, aux termes de l'article D. 551-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 23 mars 2023, la directrice territoriale de l'OFII a informé M. A de son intention de mettre totalement fin aux conditions matérielles d'accueil dont il bénéficiait et lui a indiqué qu'il disposait d'un délai de quinze jours pour présenter ses observations. Ce courrier est revenu à son expéditrice avec la mention " pli avisé et non réclamé " et l'indication d'une date de présentation, à l'adresse indiquée par le requérant dans sa demande d'asile, le 29 mars 2024 et d'une mise en instance du pli au bureau de poste " Toulouse Croix Daurade ". Dans ces conditions, M. A doit être considéré comme ayant été mis à même de présenter ses observations dans un délai de quinze jours avant l'édiction de la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants :/ () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes () ".

6. M. A soutient qu'il se trouvait en centre de rétention le 23 mars 2023 à 4h05 et qu'il ne saurait ainsi lui être reproché d'avoir refusé d'embarquer à bord de l'avion devant permettre son transfert en Autriche dans le cadre de la procédure de transfert prévue par le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Toutefois, il ressort de la note du 23 mars 2023, transmise au directeur interdépartemental de la police aux frontières de Toulouse par la brigadier-chef de police chargée de procéder à l'embarquement de M. A le même jour, que ce dernier a été présenté au commandant de bord à 5h40 et a refusé de monter à bord de l'avion en arguant de " motifs personnels ". Dans ces conditions, l'OFII n'a commis ni erreur de fait en estimant que M. A avait refusé d'embarquer, ni erreur d'appréciation en considérant que ce refus d'embarquement constituait un non-respect des exigences des autorité chargées de l'asile au sens des dispositions précitées du 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 25 avril 2023 par laquelle le directeur territorial de l'OFII a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil. Par suite, sa requête doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Viseur-Ferré, présidente,

Mme Péan, conseillère,

Mme Préaud, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.

La rapporteure,

L. PRÉAUDLa présidente,

C. VISEUR-FERRÉ

La greffière,

C. CASTRILLO

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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