Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2303279

mercredi 14 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2303279
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, M. C A, représenté par

Me Joubin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2023 par lequel la préfète du Lot l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme au seul visa de l'article

L. 761-1 précité.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, car il devrait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit au regard des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du

17 décembre 1968 ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit, car le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence et s'est estimé lié par les critères des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- elle méconnait l'impératif de proportionnalité ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles

L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 juin 2023, la préfète du Lot conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec,

- les observations de Me Joubin, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. Me Joubin précise que le droit de visite des enfants du requérant n'a pas été respecté par son ancienne épouse et produit à l'audience la copie d'un courrier adressé le

26 août 2021 au juge des affaires familiales par l'association en charge de la gestion des rendez-vous médiatisés entre le requérant et ses enfants, la copie d'une plainte pour non-représentation d'enfant déposée le 21 décembre 2022 et la copie d'une main courante de gendarmerie déposée le 5 juin 2023 par laquelle l'intéressé signalait qu'il voulait retrouver ses trois enfants,

- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- la préfète du Lot n'étant ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant algérien, né le 19 mars 1983 à Alger (Algérie), a déclaré être entré sur le territoire français au cours de l'année 2007. Par un arrêté du 6 juin 2023, la préfète du Lot l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

3. Par un arrêté du 23 août 2022 publié le même jour au recueil administratif spécial n° 46-2022-081, le préfet du Lot a donné délégation à M. Nicolas Regny, secrétaire général de la préfecture du Lot, à l'effet de " signer tous actes, arrêtés, décisions, circulaires, requêtes juridictionnelles et correspondances relevant des attributions de l'Etat dans le département ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

4. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment le 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise les conditions d'entrée de M. A en France et indique qu'il a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement. Le préfet mentionne également que l'intéressé a été condamné à des peines d'emprisonnement à plusieurs reprises entre 2013 et 2021, notamment pour des faits de violences conjugales sur son ex-épouse et que son comportement constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave pour l'ordre public.

Il mentionne les principaux éléments de sa situation personnelle, et notamment qu'il est divorcé est père de trois enfants français, dont la garde a été confiée à la mère par un jugement du tribunal de grande instance d'Aurillac du 11 juin 2018, avec lesquels il n'a pas eu de contacts depuis 2019 et à l'égard desquels il n'exerce pas, même partiellement, l'autorité parentale. Par suite, l'arrêté comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles se fonde la décision contestée, qui est suffisamment motivée.

5. En deuxième lieu, si le requérant se prévaut de sa présence en France depuis 2007 et s'il est constant qu'il est père de trois enfants français, il ressort des pièces du dossier, et en particulier d'un jugement du 11 juin 2018 du tribunal de grande instance d'Aurillac prononçant le divorce de l'intéressé d'avec son épouse, que leur mère exerce seule l'autorité parentale sur leurs trois enfants. S'il ressort d'un jugement du 13 juillet 2021 du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire d'Aurillac que le requérant s'est vu reconnaître un droit de visite de ses enfants dans un lieu médiatisé chaque premier samedi du mois, durant six mois, à compter du

1er août 2021, et s'il soutient que la mère des enfants ne les a jamais présentés aux rendez-vous en produisant à l'audience la copie d'un courrier adressé le 26 août 2021 au juge des affaires familiales par l'association en charge de la gestion des rendez-vous médiatisés entre le requérant et ses enfants précisant que la mère des enfants n'a pas donné suite au rendez-vous fixé le

11 août 2021, ainsi que la copie d'une plainte pour non-représentation d'enfant qu'il a déposée le 21 décembre 2022 et la copie d'une main courante de gendarmerie qu'il a déposée le 5 juin 2023 afin de signaler qu'il voulait retrouver ses trois enfants, l'intéressé n'établit, ni même n'allègue, s'être rendu aux rendez-vous organisés par l'association. En outre, il n'est pas contesté que

M. A a fait l'objet de plusieurs condamnations prononcées entre 2013 et et 2021 à des peines d'emprisonnement, et notamment à une peine de deux ans et six mois d'emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Montpellier le 4 octobre 2017 pour des faits de violences conjugales en récidive sur son ex-épouse. Par suite, le comportement de

M. A doit être regardé comme constituant une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète du Lot n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant et de ses conséquences sur sa situation. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

6. En troisième et dernier lieu, le requérant, qui soutient que la décision attaquée méconnaît les stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, doit être regardé comme soutenant qu'il entre dans les catégories d'étrangers ayant droit à un titre de séjour au visa de ces stipulations et comme soutenant que le préfet a commis une erreur de droit en prononçant une mesure d'éloignement à son encontre alors qu'il justifie d'un droit au séjour de plein droit sur leur fondement. A cet égard, indépendamment de l'énumération faite par l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile des catégories d'étrangers qui ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, l'autorité administrative ne saurait légalement prendre une telle mesure à l'encontre d'un étranger que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

7. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 4. Au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ".

8. Si l'accord franco-algérien susmentionné ne subordonne pas la délivrance d'un certificat de résidence aux ressortissants algériens à l'absence de menace à l'ordre public, les stipulations de cet accord, qui ont pour seul objet de définir les conditions particulières que les intéressés doivent remplir lorsqu'ils demandent à séjourner en France, ne privent pas l'administration du pouvoir qui lui appartient, en application de la réglementation générale en vigueur relative à l'entrée et au séjour des étrangers en France, de refuser l'admission au séjour à un ressortissant algérien en se fondant sur des motifs tenant à l'ordre public.

9. En l'espèce, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que M. A ne remplit pas les conditions posées par le 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien pour obtenir un titre de séjour en tant que parent d'un enfant français. En tout état de cause, sa présence sur le territoire français constitue, une menace réelle et actuelle pour l'ordre public et fait obstacle à la délivrance d'un certificat de résidence algérien à quelque titre que ce soit. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur de droit en raison de ce que le requérant pouvait se voir délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'article de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :

10. En premier lieu, la décision litigieuse vise l'article L. 612-2 et le 5° de l'article

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle précise les raisons pour lesquelles il existe un risque que le requérant se soustraie à la mesure d'éloignement. Dès lors, la décision portant refus de délai de départ volontaire est suffisamment motivée.

11. En deuxième lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ volontaire serait illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

12. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants () / ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; ().

13. Il résulte de l'arrêté attaqué que pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. A, la préfète du Lot s'est fondée sur les dispositions précitées du 5° de l'article

L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement en 2019, 2021 et 2022, qu'il n'a pas exécutées. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, le préfet, a pu légalement refuser d'accorder à M. A un délai de départ volontaire. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation dont serait entachée la décision contestée doit donc être écarté. Pour les mêmes motifs, les moyens tirés de ce que le préfet aurait commis une erreur de droit en raison de ce qu'il se serait cru lié par les critères des articles

L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant et de ce que la décision attaquée méconnaitrait l'impératif de proportionnalité doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.

15. En second lieu, la décision attaquée vise les stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales et précise que le requérant n'établit, ni même n'allègue, avoir des craintes en cas de retour dans son pays d'origine et qu'il ne produit aucun justificatif de nature à la faire regarder comme craignant pour sa vie en cas de retour en Algérie. L'arrêté comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refusant le délai de départ volontaire.

17. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de fait retenus par la préfète pour édicter à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par suite, la décision attaquée est suffisamment motivée.

18. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".

19. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que si M. A se prévaut d'une présence en France depuis 2007, il ne justifie pas de liens d'une particulière intensité sur le territoire français et a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement. En outre, sa présence sur le territoire français représente une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstances humanitaires, la préfète du Lot n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant doit être également écarté.

20. Il résulte de toute ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète du Lot en date du 6 juin 2023.

Sur les frais d'instance :

21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Joubin la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Joubin et à la préfète du Lot.

Lu en audience publique le 14 juin 2023.

Le magistrat désigné,

B. LE FIBLEC La greffière,

A. BACH

La République mande et ordonne à la préfète du Lot, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,