jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303492 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 juin et 17 octobre 2023, Mme E D et M. B A, représentés par Me Vimini, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le maire de Toulouse a délivré à la société LP Promotion Arte Fac un permis de construire valant permis de démolir pour la construction de trente logements collectifs sur un terrain situé nos 2, 4 et 6, cheminement Louis Jouvet, les arrêtés rectificatifs des 4 janvier et 24 avril 2023 et la décision du 19 avril 2023 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse et de la société LP Promotion Arte Fac le versement d'une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions contestées sont entachées d'incompétence, dès lors, d'une part, que leur signataire n'est pas compétente pour instruire et signer les décisions de rejet de recours gracieux et, d'autre part, que la délégation de signature qui lui a été consentie est en tout état de cause trop générale ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure, en l'absence de consultation du service départemental d'incendie et de secours ;
- le dossier de demande de permis de construire est insuffisant au regard de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, dès lors que la notice et les plans ne font pas mention de leurs propriétés et n'ont pas permis au service instructeur de mesurer l'importance des nuisances du projet sur celles-ci ;
- il est insuffisant au regard de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme, dès lors que le plan de masse ne mentionne ni la longueur, ni la largeur des bâtiments projetés, et que cette omission ne peut pas être couverte par d'autres éléments figurant au dossier ;
- il est insuffisant au regard des dispositions du c) et du d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, en l'absence, d'une part, d'insertion graphique ou de photographie depuis leurs propriétés, d'autre part, de vue lointaine permettant d'apprécier l'insertion du projet et de son parking aérien de 31 places sur les habitations voisines, de troisième part, de photographies permettant d'apprécier le traitement des accès envisagés sur la parcelle, et de quatrième part, de report des angles de prises de vues dans l'environnement sur le plan de masse ;
- ce plan est insuffisant en ce qu'il est taisant sur l'implantation du projet à proximité d'axes routiers classés du fait de leur caractère bruyant ;
- le projet méconnaît l'article 2 des dispositions communes du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Toulouse, faute de respecter les exigences règlementaires en matière d'isolation acoustique, et dès lors que l'implantation d'un parking aérien de 31 places est incompatible avec l'objectif de réduction du niveau sonore du quartier ;
- la prescription objet de l'arrêté rectificatif du 24 avril 2023 est illégale, dès lors qu'elle constitue en réalité une modification substantielle qui nécessitait le dépôt d'une demande de permis de construire modificatif, accompagnée d'une étude acoustique ;
- le projet méconnaît les articles 2 et 11 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse, en l'absence d'intégration harmonieuse dans le quartier et vis-à-vis de la zone naturelle de loisirs avoisinante ;
- il méconnaît l'article 3.1 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse, en raison de l'inadaptation des accès créés ;
- il méconnaît les articles 11.10 et 13.2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse et conduira à une dégradation paysagère, dès lors qu'il prévoit l'abattage de 16 arbres sur 24, qui ne sera pas compensée par la plantation de 18 arbres dont les essences ne sont pas précisées ;
- le maire de Toulouse aurait dû surseoir à statuer en application de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme dès lors que celui-ci est de nature à compromettre l'exécution du futur document d'urbanisme ;
- aucune régularisation n'est possible sur le fondement de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 juillet 2023 et 2 janvier 2024, la Société LP Promotion Arte Fac, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête, subsidiairement, à ce que le tribunal sursoie à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que, en toute hypothèse, une somme de 4 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- les éventuels vices entachant l'autorisation accordée doivent pouvoir être régularisés en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2024, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête, subsidiairement, à ce que le tribunal sursoie à statuer en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et à ce que, en toute hypothèse, une somme de 1 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour les requérants de justifier d'un intérêt suffisant à agir ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- les éventuels vices entachant l'autorisation accordée doivent pouvoir être régularisés en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme.
Par une ordonnance du 1er mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai suivant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frindel ;
- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;
- les observations de Me Vimini, représentant les requérants ;
- et les observations de Me Courrech, représentant la société LP Promotion Arte Fac, et celles de Mme H, représentant la commune de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. La société LP Promotion Arte Fac a déposé, le 13 juillet 2022, une demande de permis de construire un ensemble de trente logements répartis en quatre bâtiments en R+1, avec parking aérien, sur un terrain situé nos 2, 4 et 6, cheminement Louis Jouvet à Toulouse (31), parcelles cadastrées section AH nos 51p, 52, 54 et 91 à 96, après démolition des constructions existantes. Par arrêté du 28 décembre 2022, le maire de Toulouse a délivré le permis sollicité. Par arrêtés des 4 janvier et 24 avril 2023, il a respectivement rectifié le nom de la société pétitionnaire et a posé une prescription relative au respect de la règlementation en matière d'isolement acoustique. Le 24 février 2023, Mme D et M. A, riverains du projet, ont formé un recours gracieux contre l'arrêté du 28 décembre 2022 rectifié par arrêté du 4 janvier 2023, qui a été rejeté par une décision du 19 avril 2023. Par la présente requête, ils demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 28 décembre 2022, des arrêtés rectificatifs des 4 janvier et 24 avril 2023 et de la décision du 19 avril 2023 rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, et d'une part, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire, d'aménager ou de démolir et pour se prononcer sur un projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est : a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal ".
3. En l'espèce, par arrêté du 3 novembre 2020, le maire de Toulouse a donné délégation de fonctions à Mme G C, adjointe de quartier, et signataire des arrêtés attaqués, pour la délivrance des autorisations en matière de droit du sol et notamment des permis de construire. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de ces arrêtés ne peut qu'être écarté comme manquant en fait.
4. D'autre part, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision du 19 avril 2023 rejetant le recours gracieux de Mme D et de M. A, qui constitue un vice propre de cette décision, ne peut être utilement invoqué.
5. En deuxième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
6. Les requérants n'invoquent aucune autre disposition législative ou réglementaire qui aurait été méconnue et qui aurait rendu nécessaire la consultation du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), laquelle n'est pas exigée par les dispositions précitées. La seule circonstance que, dans son avis du 20 juillet 2022, Eau de Toulouse Métropole indique que le maître d'ouvrage doit s'assurer que son projet répond aux obligations du règlement départemental de défense extérieure contre l'incendie ainsi qu'aux obligations spécifiques définies par le SDIS ou la direction de la sécurité civile et des risques majeurs sur le territoire de la commune de Toulouse, n'est pas de nature à créer une obligation de saisine dudit service. Le moyen tiré d'un vice de procédure dont seraient entachées les décisions contestées à défaut d'avoir été précédées d'un avis du SDIS doit donc être écarté comme manquant en droit.
7. En troisième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
8. D'une part, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : () / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : () b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; () ".
9. La notice jointe à la demande de permis de construire indique que le projet attaqué s'insère dans un environnement constitué de groupements d'habitations en R+1 au nord du cheminement Louis Jouvet, d'un terrain de football au sud, du stade Canto Laouzetto à l'ouest et du chemin de Lestang à l'est. Elle précise que la composition architecturale retenue permet son insertion dans ce secteur constitué essentiellement de résidences d'habitations et d'équipements sportifs et qu'à l'image des constructions avoisinantes, au nord de la parcelle, le projet se définit par des volumes en R+1 uniquement. Outre ces éléments, les différentes pièces jointes au dossier de demande, en particulier l'extrait du plan cadastral et le plan de masse, ont permis au service instructeur d'apprécier l'implantation du projet par rapport aux habitations situées au nord du cheminement Louis Jouvet. Par suite, et alors que l'article R. 431-8 précité du code de l'urbanisme n'imposait pas de mentionner spécifiquement les propriétés des requérants, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
10. D'autre part, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu () ".
11. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, le plan de masse joint à la demande de permis de construire, à l'échelle, est coté dans les trois dimensions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté comme manquant en fait.
12. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
13. Il ressort des pièces du dossier que si la demande de permis de construire était accompagnée d'une vue d'insertion ne représentant qu'un seul des quatre bâtiments projetés, les autres pièces du dossier, en particulier le plan de masse, les plans de façade et les documents photographiques ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet, y compris son parking aérien, par rapport aux constructions avoisinantes, sans que les requérants ne puissent à cet égard utilement contester l'absence de vues d'insertion ou de cliché depuis leur domicile. Par ailleurs, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le service instructeur n'a pas été en mesure d'apprécier le traitement des accès dès lors, d'une part, que la notice mentionne que ceux-ci se feront depuis l'ouest de la parcelle et seront desservis par la rue de la Tourasse, qu'un accès piéton complémentaire sera créé sur le cheminement Louis Jouvet et qu'une plateforme 5x5 de croisement et d'attente sera réalisée devant le portail véhicules, et d'autre part, que ces accès sont représentés sur le plan de masse, ainsi que, s'agissant de l'accès piétons donnant sur le cheminement Louis Jouvet, sur la vue d'insertion sus-évoquée. Enfin, la circonstance que les points et angles des prises de vue n'apparaissent pas sur le plan de masse est en l'espèce sans incidence sur la légalité des décisions attaquées, dès lors qu'ils figurent sur le plan de situation et que le service instructeur a pu ainsi sans difficulté situer le terrain d'assiette du projet dans son environnement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit donc être écarté.
14. Enfin, si les requérants allèguent une insuffisance du dossier de demande de permis de construire faute de mentionner l'existence d'axes de circulation bruyants à proximité de l'opération projetée, ils n'invoquent la méconnaissance d'aucune disposition particulière. Le moyen tiré d'une telle insuffisance doit dont être écarté comme n'étant pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé
15. En quatrième lieu, si l'arrêté rectificatif du 24 avril 2023 dispose que le projet devra respecter les règles fixées par les articles 5 à 9 de l'arrêté ministériel du 30 mai 1996 relatif aux modalités de classement des infrastructures de transports terrestres et à l'isolement acoustique des bâtiments d'habitation dans les secteurs affectés par le bruit, cette prescription n'entraîne des modifications que sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet. Par suite, le moyen tiré de l'illégalité de cette prescription au regard de l'ampleur des modifications qu'elle apporte doit être écarté.
16. En cinquième lieu, aux termes de l'article 2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse relatives aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières : " 2.1- () La conception des projets doit résulter de la mise en œuvre d'une démarche de développement durable et de qualité environnementale visant à : () / la gestion de l'environnement sonore (). / 2.2- Les secteurs affectés par le bruit des infrastructures de transports terrestres mentionnés dans les annexes (Arrêté préfectoral du 18/01/2006) : / Les bâtiments à construire doivent présenter un isolement acoustique minimum contre les bruits extérieurs, conformément aux décret n°95-21 et 95-22 du 9 janvier 1995. / Pour les bâtiments d'habitation, l'isolement acoustique minimum est déterminé selon les articles 5 à 9 de l'arrêté du 30 mai 1996 () ".
17. D'une part, si les requérants soutiennent que le projet méconnaît ces dispositions faute de respecter les exigences règlementaires en matière d'isolation acoustique, l'arrêté rectificatif du 24 avril 2023 rappelle, ainsi qu'il a été dit, que l'opération devra respecter les règles fixées par les articles 5 à 9 de l'arrêté ministériel du 30 mai 1996 susmentionné. Par suite, la première branche du moyen doit être écartée comme inopérante.
18. D'autre part, il ressort de l'arrêté du 4 décembre 2020 du préfet de la Haute-Garonne portant classement sonore des infrastructures de transports terrestres dans ce département, et de sa carte annexée concernant la commune de Toulouse, que si le terrain d'assiette du projet est partiellement situé dans un secteur affecté par le bruit, en raison de sa proximité avec l'avenue Eisenhower et le chemin de Lestang, le parking aérien de 31 places doit s'implanter sur une partie de ce terrain extérieure audit secteur. Dès lors, les requérants ne peuvent utilement soutenir que le projet méconnaîtrait, du fait de la création de ces places de stationnement, les dispositions citées au point 16. La seconde branche du moyen doit donc également être écartée comme inopérante.
19. En sixième lieu, aux termes de l'article 2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse relatives aux occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières : " 2.1- () La conception des projets doit résulter de la mise en œuvre d'une démarche de développement durable et de qualité environnementale visant à : () / la relation harmonieuse du bâtiment avec le quartier () ". Selon l'article 11 des dispositions communes du même document relatives à l'aspect extérieur des constructions et à l'aménagement des abords : " 11.1.1- Tout projet dans son ensemble, comme dans chacune de ses composantes (rythme, proportions, matériaux, couleurs) doit s'intégrer à la composition du quartier dans lequel il s'inscrit. Les propositions architecturales doivent contribuer à la mise en valeur pertinente des quartiers dans lesquels les projets s'inscrivent. Cette mise en valeur peut se justifier par la prise en compte soit d'une part, de références architecturales traditionnelles présentes sur le territoire toulousain, sans verser vers le façadisme ou le mimétisme, soit d'autre part, par une recherche visant à favoriser l'introduction d'une plus grande diversité architecturale cohérente avec son environnement. / En fonction des contextes rencontrés, le fractionnement des opérations au travers des propositions architecturales devra être recherché afin de faciliter l'intégration de ces opérations dans leur environnement. / 11.1.2. Les tissus urbains sont généralement hétérogènes et en évolution progressive. Il ne s'agit pas de les figer par une reproduction à l'identique, mais d'en assurer l'harmonieuse transformation. Pour bien maîtriser l'impact de la future construction dans son environnement, le projet doit s'appuyer sur une analyse des architectures avoisinantes de qualité et sur la structuration de la rue pour assurer l'insertion du futur bâtiment () ".
20. Il ressort des pièces du dossier que le projet doit s'implanter dans le quartier Bellefontaine, dans un environnement urbain dénué d'intérêt et d'unité architecturale particulière, composé à la fois de zones pavillonnaires majoritairement en R+1, de grands ensembles collectifs allant du R+7 au R+11 et d'infrastructures sportives, en l'occurrence un terrain de football et le stade Canto Laouzetto. L'opération envisagée consiste en la construction de trente logements, répartis en trois immeubles en R+1, de gabarit comparable avec celui des habitations les plus proches même si les volumes en sont moins découpés, et un quatrième bâtiment, en R+1 également, de taille plus importante que les précédents mais dont la perception est minorée par son implantation dans l'angle du cheminement Louis Jouvet et du chemin de Lestang. Les quatre bâtiments respectent par ailleurs les matériaux et coloris traditionnels de la région, avec le choix notamment de toitures en tuiles rouges et, s'agissant du bâtiment A, d'un parement de briques rouges. La circonstance que le parking aérien de 31 places prévu par le projet s'implante en face de l'habitation de Mme D et d'autres riverains, et crée des troubles de jouissance, est sans incidence sur le respect des dispositions citées au point précédent. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que la perception de ce parking sera partiellement occultée par la plantation de quatre arbres et la construction de pergolas végétalisées et, d'autre part, que plusieurs parkings aériens existent déjà à proximité du terrain d'assiette du projet, de telle sorte que l'opération en cause s'intègre dans son environnement. De même, la circonstance que le projet litigieux créera des vues sur la propriété de M. A et d'un autre riverain est sans incidence sur le respect des dispositions citées au point précédent, alors, au demeurant, que les bâtiments à construire seront en R+1 et d'une hauteur nettement moindre que les immeubles collectifs situés à proximité. Pareillement, si les requérants soutiennent que l'implantation de l'aire de présentation d'ordures ménagères en limite de propriété et d'un local de stockage d'ordures ménagères et d'encombrants sera source de nuisances olfactives et sonores pour les riverains, ces circonstances, à les supposer avérées, sont sans incidence sur l'intégration du projet à l'échelle du quartier, alors, en tout état de cause, que la direction des déchets et moyens techniques de Toulouse Métropole a émis un avis favorable à l'opération, sous réserve, s'agissant de l'aire de présentation, qu'elle soit située à sept mètres au maximum de la voie où stationnera le véhicule de collecte. Enfin, la circonstance que le projet soit visible depuis les terrains de sport situés à proximité n'est pas de nature, eu égard à la destination de ces équipements, et alors même qu'ils sont situés en zone naturelle, à nuire à son intégration dans le quartier. Il résulte de ce qui précède, et quand bien même le projet litigieux accroîtra la densité de l'habitat dans son environnement immédiat, que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
21. En septième lieu, aux termes de l'article 3 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse relatives aux conditions de desserte des terrains par les voies publiques ou privées et aux conditions d'accès aux voies ouvertes au public : " 3.1- Les caractéristiques géométriques et mécaniques des accès et voiries doivent être conformes aux législations, réglementations et prescriptions en vigueur et adaptées à la nature et à l'importance des occupations et utilisations du sol envisagées, notamment afin de faciliter la circulation et l'approche des piétons et des personnes à mobilité réduite, des moyens d'urgence et de secours et des véhicules d'intervention des services collectifs. / 3.2- Accès / 3.2.1- Pour être constructible, toute unité foncière doit avoir au moins un accès privatif à une voie, positionné et aménagé pour les véhicules, le plus perpendiculairement possible à la voie, de façon à apporter la moindre gêne et le moindre risque pour les usagers de ces voies ou accès, en prenant en compte la nature et l'intensité du trafic sur ces voies ou accès. / () / 3.2.3 - Pour toute unité foncière ayant une possibilité d'accès à plusieurs voies, l'accès sur la ou les voies supportant les trafics les moins importants ou les moins contraignants peut être exigé ".
22. Ainsi qu'il a été dit au point 13, le projet prévoit la création d'un accès piétons et d'un accès véhicules par l'impasse de la Tourasse, ainsi qu'un accès piétons complémentaire sur le cheminement Louis Jouvet. D'une part, il ressort des vues aériennes et des photographies produites par les parties que si l'accès des véhicules par la rue de la Tourasse nécessitera d'emprunter une portion de voie située dans le prolongement du parking du stade, ce parking est de taille réduite et donc insusceptible de générer un flux automobile important. Il n'est par ailleurs pas démontré que la fréquentation de l'équipement sportif conduirait régulièrement à la congestion de cette voie. En outre, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la création d'une plateforme d'attente et de croisement en amont du portail d'accès contribue à la sécurité des accès et a vocation à fluidifier le flux des véhicules. De plus, il ressort de l'avis du pôle territorial sud de Toulouse Métropole et des écritures en défense de la société pétitionnaire que des travaux d'aménagement seront réalisés dans l'impasse de la Tourasse jusqu'à la rue du même nom, à la charge du porteur de projet, afin d'améliorer les conditions de circulation. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le projet contribuera à l'accroissement du flux de circulation dans le quartier, ils n'établissent pas que les voies existantes seraient insuffisantes pour absorber une telle augmentation. En outre, compte tenu de l'importance du trafic automobile sur le chemin de Lestang, révélée par son classement comme axe bruyant dans l'arrêté préfectoral du 4 décembre 2020 précité, et de la présence d'un arrêt de bus, il n'apparaît pas, en tout état de cause, que la localisation de l'accès véhicules au droit de cet axe aurait été plus adapté. Enfin, les requérants ne peuvent utilement soutenir, à l'appui de leur moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent, lesquelles ont trait aux conditions de desserte et d'accès, que le nombre de places de stationnement prévu par le projet serait insuffisant. D'autre part, il ressort notamment du plan de cheminement joint à l'avis d'Eau de Toulouse Métropole et de la vue d'insertion relative au bâtiment A, que l'accès piéton ouvrant sur le cheminement Louis Jouvet doit être créé à proximité immédiate du passage piéton permettant de traverser cette voie et du commencement du trottoir situé à l'angle de cette rue et qui se prolonge le long du chemin de l'Estang. Dès lors, la circulation des piétons ne sera pas gênée par le stationnement des véhicules dans le cheminement Louis Jouvet. Par ailleurs, ainsi que le fait valoir la société LP Promotion Arte Fac en défense, cette localisation permet de rejoindre facilement l'un ou l'autre des arrêts de bus situés de part et d'autre du chemin de Lestang, si bien qu'elle n'apparaît pas plus contraignante, au sens des dispositions précitées, qu'un accès direct sur le trottoir gauche de cette rue. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance des articles 2 et 11 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse doit être écarté.
23. En huitième lieu, aux termes de l'article 11.10 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse relatives aux espaces libres : " Le traitement des espaces libres mentionnés dans les articles 13 des dispositions spécifiques des différentes zones doit s'attacher à conférer à ces espaces une fonction spécifique destinée à renforcer la pérennité et la valorisation paysagère et fonctionnelle des projets ". Aux termes de l'article 13 (UL) des dispositions spécifiques du PLU de Toulouse applicables en zone UL : " 13.1- Secteurs UL1, UL2, UL7 : / Excepté pour les constructions à destination de service public ou d'intérêt collectif, une superficie en pleine terre d'au moins 30 % de la surface de l'unité foncière doit être aménagée en espace paysager avec de la terre meuble et comporter, au moins, un arbre de haute tige par tranche de 75 m² de surface exigée en pleine terre ". Enfin, selon l'article 13.2 des dispositions communes du règlement du PLU de Toulouse relatives aux plantations hors des espaces boisés classés : " Les arbres remarquables doivent être conservés ou remplacés par des arbres de valeur équivalente ".
24. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige prévoit l'abattage de 16 des 24 arbres existants, ainsi que la plantation de 18 arbres de haute tige. Si les requérants soutiennent que le remplacement d'une partie des arbres adultes existants par des plants plus jeunes affectera temporairement la qualité paysagère du site, cette circonstance est toutefois sans incidence sur le respect des dispositions citées au point précédent. En outre, alors qu'un cèdre de l'Atlas, un marronnier et un micocoulier seront conservés, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet prévoirait la suppression d'arbres remarquables au sens des dispositions précitées. Enfin, si les requérants invoquent la méconnaissance du futur projet d'aménagement et de développement durable (PADD) débattu le 6 avril 2023 pour soutenir que le nouveau document d'urbanisme en cours d'élaboration n'opèrera plus de distinction entre les arbres remarquables et les autres, une telle argumentation est inopérante, dès lors, en tout état de cause, que ce PADD, qui n'était, au demeurant, à la date des arrêtés attaqués qu'à l'état de projet, n'est pas un document directement opposable aux autorisations d'occupation du sol.
25. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. / () / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
26. En l'espèce, et ainsi qu'il a été dit, le débat sur les orientations du futur PADD n'a eu lieu que le 6 avril 2023, soit postérieurement à la délivrance du permis de construire le 28 décembre 2022. Par suite, et dès lors qu'au moins une des conditions fixées par les dispositions précitées de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme n'était pas remplie, le maire de Toulouse ne pouvait légalement, sur ce fondement, décider de surseoir à statuer sur la demande de la société LP Promotion Arte Fac. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme doit être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Toulouse, que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D et M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulouse et de la société requérante, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes dans la présente instance, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
29. Par ailleurs, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement de ces dispositions par la commune de Toulouse, qui n'est pas représentée par un conseil et ne justifie pas des frais exposés au titre de la présente instance.
30. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D et de M. A une somme de 1 500 euros à verser à la société LP Promotion Arte Fac sur ce fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D et de M. A est rejetée.
Article 2 : Mme D et de M. A verseront à la société LP Promotion Arte Fac une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D, à M. B A, à la société LP Promotion Arte Fac et à la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Meunier-Garner, présidente,
M. Frindel, conseiller,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
T. FRINDEL
La présidente,
M.-O. MEUNIER-GARNER
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026