Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2303607
mercredi 5 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2303607 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2023, Mme A C, représentée par Me Puertolas, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 10 mai 2023 de la section compétente pour le traitement des situations disciplinaires de l'Institut de formation aux métiers de la santé portant exclusion de la formation pour une durée maximale de cinq ans ;
2°) d'enjoindre à l'Institut de formation aux métiers de la santé de prendre toutes mesures nécessaires à sa réintégration en troisième année de licence de soins infirmiers d'ici à la rentrée de septembre de l'année universitaire 2023/2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Institut de formation aux métiers de la santé, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
s'agissant de la condition tenant à l'urgence :
-l'urgence est satisfaite dès lors que la décision en litige a pour effet de la priver de la possibilité de poursuivre ses études et d'obtenir son diplôme d'infirmière, ce alors même qu'elle a toujours été investie dans son cursus ;
-le prêt bancaire qu'elle a contracté en septembre 2020 pour le financement de ses études, à hauteur de 6 700 euros, reflète une réelle volonté d'intégrer ce cursus et est incompatible avec le dilettantisme qui lui est reproché ;
-s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-la décision contestée est entachée d'un vice de procédure l'ayant privée d'une garantie dès lors qu'elle n'a pas été mise à même de se présenter à la séance de la section en charge des questions disciplinaires et de faire valoir ses observations, la convocation ayant été envoyée à son ancienne adresse alors que la décision contestée lui a bien été adressée à son nouveau domicile ;
-cette décision est insuffisamment motivée ;
-elle méconnaît le principe du respect des droits de la défense dès lors qu'elle s'est vu privée de toute possibilité de discuter les faits reprochés faute d'avoir été régulièrement convoquée ;
-elle est entachée d'une erreur de fait, ses absences étant justifiées par un motif médical, en lien avec l'accident de la route dont elle a été la victime le 6 octobre 2022.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2303614 enregistrée le 23 juin 2023 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aucun des moyens invoqués par Mme C à l'encontre de la décision contestée n'est manifestement de nature, au vu de la demande, à créer un doute sérieux sur la légalité de cette décision. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de cette décision et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C.
Une copie en sera adressée à l'Institut de formation aux métiers de la santé.
Fait à Toulouse, le 5 juillet 2023.
Le juge des référés,
B. B
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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