jeudi 30 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2304027 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 juillet et 10 octobre 2023, M. C B, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 avril 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou à défaut de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Laclau de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle et, en cas de refus de l'aide juridictionnelle, directement au requérant sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
En ce qui concerne l'arrêté en litige pris dans son ensemble :
- il est entaché d'un défaut de compétence de son auteur ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations du 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 2 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les stipulations du 5° de l'article 6 du même accord ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant et porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant ;
En ce qui concerne la décision fixant le délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une décision du 3 octobre 2023, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hecht,
- et les observations de Me Richard, substituant Me Laclau, représentant M. B.
Une note en délibéré, présentée pour M. B, a été enregistrée le 10 novembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 22 août 1989, déclare être entré en France en février 2015, sans toutefois en apporter la preuve. Le 21 décembre 2020, il a sollicité son admission au bénéfice de l'asile, rejeté définitivement par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA). Le 6 janvier 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour, sur le fondement du 4° de 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, en qualité de parent d'un enfant français. Par un arrêté du 27 avril 2023, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résidant en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an ; () ".
3. M. B est le père d'une ressortissante française, A B Tabarly, née le 19 mai 2021, qu'il a reconnue le 19 juin 2021. Toutefois, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité en considérant qu'il ne démontrait ni subvenir à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an, ni exercer régulièrement son droit de visite. Il est constant que la jeune A a été placée auprès des services de l'aide sociale à l'enfance de la Haute-Garonne par un jugement du tribunal pour enfants de D du 27 août 2021, puis que ce placement a été prolongé d'abord par un jugement du 21 mars 2022, qui a octroyé à M. B un droit de visite médiatisé, en mentionnant notamment le fait qu'il n'a pas été fréquemment vu seul avec sa fille, puis par un jugement du 13 octobre 2022, qui lui a donné un droit de visite encadré à exercer au moins deux fois par mois, susceptible d'évoluer en droit de visite simple. De plus, il ressort des pièces du dossier, en particulier de ce jugement du 13 octobre 2022, de l'attestation de la référente aide sociale à l'enfance en date du 9 mai 2023, des calendriers de visite et des 28 photographies de M. B et de sa fille, que M. B a exercé systématiquement son droit de visite depuis le mois de mars 2022 et qu'il lui a apporté des vêtements adaptés une fois par mois depuis cette date. Dans ces conditions, eu égard à la situation familiale de la jeune A et à la situation financière et socio-professionnelle de ses parents, et même si les allégations de M. B relatives aux cadeaux offerts à sa fille et à l'ouverture d'un compte bancaire à son bénéfice ne sont pas établies, il ressort des pièces du dossier que M. B subvient aux besoins de sa fille, de manière croissante et dans la mesure de ses moyens, depuis le mois de mars 2022, soit plus d'un an avant la date de l'arrêté en litige. Dans les circonstances particulières de l'espèce, le requérant est donc fondé à soutenir que le préfet a méconnu les stipulations précitées du 4° de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, que le refus de délivrer le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " contesté doit être annulé, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions subséquentes faisant obligation au requérant de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et de tout ce qui précède que le présent jugement, qui annule l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 27 avril 2023 implique nécessairement, eu égard à ses motifs, que cette autorité délivre à M. B le titre de séjour sollicité portant la mention " vie privée et familiale ", sous réserve d'un changement substantiel dans sa situation. Par suite, il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Laclau, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros à verser à Me Laclau en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne en date du 27 avril 2023 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. B le titre de séjour sollicité, portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à Me Laclau, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, à Me Laclau et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2023.
Le rapporteur,
S. HECHT
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026