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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2305117

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2305117

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2305117
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantBOUIX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2023, et des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2023 et 26 janvier 2024, M. C A, représenté par Me Bouix, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de destination ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de le munir sans délai d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat ou à lui-même dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été précédées d'un examen sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les services préfectoraux ont consulté le fichier Eurodac en dehors des finalités prévues par le règlement (UE) n°603/2013, et qu'au demeurant les données inscrites dans le fichier sont recueillies de façon déclarative et comportent nécessairement des erreurs ;

- elle est entachée d'une erreur de droit en ce que les services préfectoraux ne pouvaient se fonder sur les données issues du fichier Eurodac alors que la date de naissance ne figure pas au nombre des informations qui doivent être recensées par le fichier ;

- la consultation du fichier Eurodac s'est faite en violation de ses droits à la protection des données personnelles protégés notamment par l'article 8 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que par l'article 5 du règlement (UE) 2016/679 du parlement européen et du conseil du 27 avril 2016 et cette consultation est constitutive d'un détournement de finalité du fichier ;

- son consentement n'a pas été recueilli préalablement à la consultation des données inscrites dans le fichier Eurodac, en violation de l'article 8 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et du considérant 42 du préambule au règlement européen général sur la protection des données (RGPD) ;

- il n'a jamais été informé ni de la collecte de ses empreintes dactyloscopiques aux fins de consultation du fichier Eurodac, ni de ce que le fichier Eurodac allait être consulté aux fins de comparaison de ses empreintes dactyloscopiques avec les données collectées et inscrites dans ce fichier par d'autres États membres et, une fois effectuée la comparaison de ses empreintes avec les données du fichier, il n'a pas non plus été informé de ce que des données avaient été extraites de ce fichier pour participer à l'instruction de sa demande d'admission au séjour, de sorte que son droit à l'information préalable a été méconnu ;

- il n'a pas été informé de ce qu'il disposait d'un droit d'accès aux données inscrites dans le fichier Eurodac, ni d'un droit à rectification ou effacement des données erronées enregistrées dans ce fichier, en méconnaissance des dispositions des articles 13 et 14 du RGPD ;

- le préfet l'a privé de l'opportunité de faire valoir son droit à rectification des données erronées inscrites dans le fichier Eurodac ;

- le préfet a consulté les autorités italiennes et danoises aux fins de vérifications d'identité en méconnaissance de l'article 34 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- le préfet ne peut invoquer l'adage " fraus omnia corrumpit ", qui au demeurant n'est consacré par aucun texte ou principe général de droit, alors qu'il ne fait l'objet d'aucune procédure pour usage frauduleux d'un document d'identité, de voyage ou de séjour et qu'aucun élément matériel probant n'est produit s'agissant de son enregistrement sous d'autres identités en Italie et au Danemark, pour régulariser rétroactivement la méconnaissance des garanties entourant la consultation du fichier Eurodac ;

- elle est entachée d'une erreur de droit dans l'application des articles L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, 47 du code civil et 1er du décret du 24 janvier 2015 ;

- elle est entachée d'une erreur de droit quant à la valeur probante de ses documents d'état civil ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 422-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 septembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- l'existence d'une fraude est établie par la présentation du requérant sous plusieurs identités ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 29 novembre 2023.

Par une décision du 31 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 1er mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2015-1740 du 24 décembre 2015 ;

- le code de justice administrative.

Dans cette affaire, la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa demande, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel,

- et les observations de Me Bouix, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, de nationalité guinéenne, déclare être entré en France le 1er juillet 2019. Par jugement du 6 août 2020, le tribunal pour enfants de B l'a placé auprès de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de la Haute-Garonne. Il a bénéficié de l'ouverture d'une tutelle de l'État le 11 décembre 2020. Le 12 juillet 2022, il a sollicité son admission au séjour en France en qualité d'étranger confié au service de l'ASE avant l'âge de 16 ans, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 1er août 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande et a assorti ce refus d'une obligation de quitter le territoire français. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Par décision du bureau d'aide juridictionnelle du 29 novembre 2023, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. D'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ".

4. Lorsqu'il examine une demande de titre de séjour de plein droit portant la mention " vie privée et familiale ", sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet vérifie tout d'abord que l'étranger est dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entre dans les prévisions de l'article, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il a été confié, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de seize ans, au service de l'aide sociale à l'enfance. Si ces conditions sont remplies, le préfet ne peut alors refuser la délivrance du titre qu'en raison de la situation de l'intéressé appréciée de façon globale au regard du caractère réel et sérieux du suivi de sa formation, de la nature de ses liens avec la famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil sur l'insertion de cet étranger dans la société française.

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ". Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 24 décembre 2015 relatif aux modalités de vérification d'un acte de l'état-civil étranger : " Lorsque, en cas de doute sur l'authenticité ou l'exactitude d'un acte de l'état civil étranger, l'autorité administrative saisie d'une demande d'établissement ou de délivrance d'un acte ou de titre procède ou fait procéder, en application de l'article 47 du code civil, aux vérifications utiles auprès de l'autorité étrangère compétente, le silence gardé pendant huit mois vaut décision de rejet. Dans le délai prévu à l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, l'autorité administrative informe par tout moyen l'intéressé de l'engagement de ces vérifications ".

6. L'article 47 du code civil précité pose une présomption de validité des actes d'état civil établis par une autorité étrangère dans les formes usitées dans ce pays. Il résulte également de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.

7. A la condition que l'acte d'état civil étranger soumis à l'obligation de légalisation et produit à titre de preuve devant l'autorité administrative ou devant le juge présente des garanties suffisantes d'authenticité, l'absence ou l'irrégularité de sa légalisation ne fait pas obstacle à ce que puissent être prises en considération les énonciations qu'il contient. En particulier, lorsqu'elle est saisie d'une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité administrative d'y répondre, sous le contrôle du juge, au vu de tous les éléments disponibles, dont les évaluations des services départementaux et les mesures d'assistance éducative prononcées, le cas échéant, par le juge judiciaire, sans exclure, au motif qu'ils ne seraient pas légalisés dans les formes requises, les actes d'état civil étrangers justifiant de l'identité et de l'âge du demandeur.

8. En l'espèce, pour refuser d'admettre M. A au séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Haute-Garonne a estimé que l'intéressé n'établissait pas avoir été confié à l'ASE avant l'âge de seize ans. Il s'est notamment fondé sur la circonstance que, selon les analyses réalisées par la direction interdépartementale de la police aux frontières, l'authenticité des actes d'état civil produits par le requérant à l'appui de sa demande de titre de séjour n'était pas établie dès lors que ces documents ne comportent pas de sécurités de base, comme l'utilisation de papier fiduciaire ou l'impression offset, que le jugement supplétif du 8 août 2019 avait été rendu le même jour que la requête sans qu'aient pu être réalisées une réelle vérification et une enquête préalable, et que la délivrance d'un jugement supplétif en Guinée est très aisée par contournement de la loi. Or, la circonstance que la requête et le jugement supplétif soient datés du même jour, alors, au demeurant, qu'il ressort des mentions de ce dernier qu'il a été rendu au vu de pièces versées au dossier et après enquête réalisée à la barre, notamment l'audition de deux témoins majeurs, ne permet pas de démontrer que le jugement supplétif n'est pas authentique. De plus, aucune disposition du droit guinéen n'exige que les jugements supplétifs et les extraits d'acte de naissance soient imprimés sur un support particulier et selon un procédé d'impression déterminé. Par suite, et alors même que la légalisation de ces documents ne serait pas régulière, ils présentent des garanties suffisantes d'authenticité. Dès lors, si des données issues de la consultation du fichier Eurodac ont fait apparaître que le requérant était connu des autorités italiennes et danoises sous différentes identités et avec des dates de naissance différentes, le préfet de la Haute-Garonne ne peut être regardé, sur la base de ces seules informations, comme renversant la présomption de validité de l'article 47 du code civil et ne pouvait en conséquence légalement rejeter la demande de titre de séjour présentée par M. A en considérant qu'il ne justifiait pas avoir été confié aux services de l'ASE avant l'âge de seize ans.

9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 1er août 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination, privées de base légale, doivent également être annulées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

10. Compte tenu du motif d'annulation retenu, et dès lors qu'il n'est pas contesté que M. A satisfait aux autres conditions posées par l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le présent jugement implique nécessairement que le préfet de la Haute-Garonne fasse droit à sa demande de titre de séjour. Il y a lieu, par suite, de lui enjoindre de délivrer à M. A le titre de séjour sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir sans délai d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bouix d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour Me Bouix de renoncer à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de M. A.

Article 2 : L'arrêté attaqué du 1er août 2023 pris par le préfet de la Haute-Garonne est annulé.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. A une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et, dans l'attente, de le munir sans délai d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Article 4 : L'Etat versera à Me Bouix une somme de 1 500 euros (mille cinq cents euros) en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bouix renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle confiée.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Bouix et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 18 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Meunier-Garner, présidente,

M. Frindel, conseiller,

Mme Lucas, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

M-O. MEUNIER-GARNER La greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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