Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2305647

lundi 25 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2305647
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2023, M. C B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet de la Haute-Garonne d'instruire sa demande de titre de séjour ;

2°) d'ordonner au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un récépissé lui permettant de justifier d'un séjour régulier sur le territoire français pendant la phase d'instruction de sa demande, dans les meilleurs délais, afin qu'il garde son emploi et puisse faire face à ses obligations de père.

Il expose que :

-au regard de la situation de saturation des mairies actuellement, il lui est impossible d'obtenir la carte d'identité de son enfant avant la date d'expiration de son titre de séjour actuel, le 31 octobre 2023 ;

-il a pris le soin d'ajouter à sa demande une lettre explicative exposant les raisons de son incapacité à joindre la carte d'identité nationale de sa fille ;

-les pièces qu'il a fournies lors de sa demande suffisaient amplement à justifier la nationalité française de son enfant sans aucune contestation possible ;

-en décidant de clôturer son dossier de demande de titre de séjour au motif qu'il ne justifie pas de la nationalité française de son enfant, le préfet a violé son droit à une vie privée familiale et porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant ;

-la décision en litige, qui a pour conséquence certaine la perte de son emploi s'il ne justifie pas dans les prochaines semaines d'un séjour régulier en France auprès de son employeur, va se traduire par la perte de revenus pour entretenir sa famille et faire face à ses obligations et va tous les placer dans une situation de précarité ;

-ils risquent de se retrouver sans possibilité de garde pour leur enfant ;

-la décision contestée porte atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant qui subira la précarité à laquelle elle expose son père.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

3.M. B, qui est étudiant d'origine béninoise séjournant régulièrement en France avec un titre de séjour portant la mention " élève-étudiant " expirant le 31 octobre 2023, est devenu père d'une enfant née à Toulouse le 10 août 2023 d'une mère Française elle-même née en France. Il a déposé en date du 21 août 2023 auprès des services du préfet de la Haute-Garonne une demande de changement de statut pour obtenir un titre de séjour mention " vie privée et familiale " en faisant valoir la nationalité française de cette enfant. Par correspondance du 15 septembre 2023, le préfet l'a informé qu'à défaut pour lui de justifier de la nationalité française de sa fille, le dossier était incomplet et ne pouvait faire l'objet d'une instruction et qu'il était en conséquence procédé à la clôture de son dossier de demande de titre de séjour. Par un recours grâcieux en date du 16 septembre 2023, l'intéressé a demandé le retrait de cette décision et que son dossier soit instruit. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet de la Haute-Garonne d'instruire sa demande de titre de séjour et de lui de lui délivrer un récépissé. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point précédent, le juge des référés saisi sur ce fondement ne peut faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, comme au cas présent, et il n'apparaît pas en l'espèce que son intervention permettrait de prévenir un péril grave. Par suite, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter la requête de M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 25 septembre 2023.

Le juge des référés,

B. A

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,