LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2306438

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2306438

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2306438
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2023, Mme B A, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", " salarié " ou " travailleur temporaire " et, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat, à verser à son conseil, la somme de 2 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

- l'arrêté est entaché d'incompétence de son auteur ;

- le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation au regard de sa situation familiale et a entaché sa décision d'une erreur de fait ;

- le préfet a omis de se prononcer sur la demande de titre de séjour " salarié ", alors qu'elle a sollicité un changement de statut pendant l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour " étudiant " ;

- le préfet aurait dû l'admettre au séjour au titre de la " vie privée et familiale " ;

- la décision de refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont illégales en raison de l'illégalité de la décision de refus de séjour.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 6 septembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Carotenuto,

- et les observations de Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante ghanéenne, née le 10 septembre 1999, déclare être entrée en France, en septembre 2015 alors qu'elle était âgée de 16 ans. Par une ordonnance de placement d'un mineur en urgence du 21 septembre 2015, le procureur de la République du tribunal de grande instance de C a ordonné son placement au service de l'aide sociale à l'enfance. Par un jugement en assistance éducative du 2 novembre 2015, le juge des enfants du tribunal pour enfants de C l'a maintenue dans ce service. Le 10 juillet 2017, la requérante a sollicité son admission au séjour en France. Par un arrêté en date du 22 janvier 2018, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande, l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi. Cet arrêté a été annulé par un jugement du tribunal administratif de C du 3 septembre 2018. A la suite du réexamen de sa demande de titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne lui a délivré, en qualité d'étudiante, un titre de séjour valable du 25 octobre 2018 au 24 octobre 2019, puis une carte de séjour pluriannuelle régulièrement renouvelée jusqu'au 24 décembre 2022. Mme A a sollicité, le 26 décembre 2022, le renouvellement de son titre de séjour mention " étudiant ". Par l'arrêté contesté du 17 mars 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande au motif qu'elle n'a présenté aucune inscription dans un établissement d'enseignement au titre de l'année 2022-2023, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France en septembre 2015 alors qu'elle était encore mineure. Elle a été prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité, en 2017. Elle a été titulaire d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " valable du 25 octobre 2018 au 24 octobre 2019, puis régulièrement renouvelé jusqu'au 24 décembre 2022. Elle a obtenu, le 24 novembre 2022, un diplôme de " Responsable du développement et du pilotage commercial " à l'issue de sa scolarité au sein de l'école Ascencia Business School. En dépit de ses démarches, elle n'a pu être inscrite, au titre de l'année 2022-2023, au sein d'un établissement d'enseignement. Il ressort des pièces du dossier, que Mme A, au cours de l'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, a informé les services de la préfecture de cette absence d'inscription et indiqué, que dans l'attente d'une inscription en septembre 2023, elle travaillait pour de " courtes durées ". Elle a, d'ailleurs, conclu, le 6 mars 2023, avec la société Holding Omniphar'07, un contrat de travail à durée déterminée en qualité d'assistante administratrice des ventes. En outre, elle justifie, par la production d'un certificat de scolarité établi le 12 septembre 2023, être inscrite au sein de l'établissement C Ynov Campus au titre de l'année 2023-2024 pour y suivre un bachelor 1 " Ynov Architecture d'intérieur ". Ce certificat, postérieur à l'arrêté attaqué, témoigne du sérieux de la requérante dans la poursuite de ses études. Enfin, si Mme A est célibataire et sans charge de famille, elle expose avoir été abandonnée à la naissance par ses parents et confiée à sa grand-mère, puis au décès de cette dernière, à une amie de sa grand-mère jusqu'à sa prise en charge par les services de l'aide sociale et ne plus avoir d'attaches familiales dans son pays d'origine. Ainsi, compte tenu de la durée et de ses conditions du séjour en France, et notamment de ses efforts d'intégration et du sérieux manifesté dans le suivi de ses études, Mme A est fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle en refusant de lui délivrer un titre de séjour.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de refus de titre de séjour doit être annulée ainsi que, conséquemment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

4. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " soit délivrée à Mme A. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés à l'instance :

5. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Tercero renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Tercero d'une somme de 1 500 euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 17 mars 2023 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à Mme A un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L'Etat versera à Me Tercero, conseil de Mme A, une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de sa renonciation à percevoir la part contributive de l'Etat.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

M. Hecht, premier conseiller,

Mme Pétri, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 février 2024.

La présidente-rapporteure,

S. CAROTENUTO

L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,

S. HECHT

La greffière,

F. LE GUIELLAN

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions