LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2307014

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2307014

mardi 19 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2307014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2023, M. A B, représenté par Me Ducos-Mortreuil, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridictionnelle ou, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

- il est entaché d'un défaut de compétence de son signataire ;

- il est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- elle est entachée d'une erreur de fait puisqu'il justifie d'une formation professionnelle ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqué par M. B n'est fondé.

Par une ordonnance du 26 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 octobre suivant.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 31 octobre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Cherrier a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 7 mai 1999 à Oran, déclare être entré sur le territoire français le 13 septembre 2016, muni d'un visa cour séjour. A la suite d'une interpellation aux fins de vérification de son droit au séjour ou de circulation, il a fait l'objet le 18 mai 2021 d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour. Le 29 mars 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour l'autorisant à travailler. Par un arrêté du 5 juin 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :

2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars suivant au recueil n° 31-2023-099 des actes administratifs de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme E D, directrice des migrations et de l'intégration à l'effet de signer les décisions en matière de police des étrangers notamment relatives au refus d'admission au séjour et les mesures d'éloignement. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait.

3. En second lieu, l'arrêté contesté vise les textes et mentionne les éléments de faits caractérisant la situation du requérant sur lesquels s'est fondé le préfet pour rejeter sa demande de titre de séjour. En application de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire, prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du même code, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte. Enfin, la décision fixant le pays de destination, qui rappelle la nationalité de M. B, mentionne qu'il n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour en Algérie. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ainsi que, par voie de conséquence, celui tiré d'un défaut d'examen réel et sérieux de la situation de l'intéressé, doit être écarté.

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

4. En premier lieu, M. B, qui ne détient pas le visa long séjour requis pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour, a versé à l'appui de sa demande de titre de séjour une demande d'autorisation de travail pour un contrat à durée indéterminée en qualité de peintre en bâtiment ainsi qu'une promesse d'embauche. S'il soutient qu'il justifie d'une formation professionnelle de peintre, il ne produit que des certificats de scolarité, son relevé de notes indiquant par ailleurs qu'il n'a pas obtenu le diplôme de certificat d'aptitude professionnelle spécialité peintre-applicateur de revêtements. Par suite, c'est sans commettre d'erreur de fait que le préfet de la Haute-Garonne a considéré qu'il ne justifiait pas d'une qualification, d'un diplôme ou d'une expérience significative dans le métier de peintre en bâtiment.

5. En second lieu, aux termes du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ". Par ailleurs, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

6. M. B se prévaut de sa présence ininterrompue sur le territoire français depuis le 13 septembre 2016, de ses liens personnels avec la famille qui l'a accueilli à son arrivée, alors qu'il n'était âgé que de dix-sept ans, et de son insertion professionnelle en tant que peintre en bâtiment. S'il produit une promesse d'embauche en date du 15 mars 2022 formulée au nom de la SAS BMA Peinture, elle n'est toutefois pas signée par cette société, les deux demandes d'autorisation de travail dont il fait état, dont l'une n'est d'ailleurs que partiellement remplie, ne permettant par ailleurs pas d'établir que cette société aurait effectivement entendu le recruter. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. B est célibataire et sans charge de famille en France et qu'il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident sa mère et ses quatre frères et sœurs et où il a vécu jusqu'à l'page de dix-sept ans. Il est enfin constant qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français à la suite de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 18 mai 2021 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, assorti d'une interdiction de retour, et qu'il a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille, le 11 mars 2021, pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que la décision de refus de titre de séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée, méconnaissant ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales, violerait les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ou serait entaché d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, doivent être écartés.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, la décision portant refus de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait, par voie de conséquence, illégale doit être écarté.

8. En second lieu, pour les motifs exposés au point 6, le préfet de la Haute-Garonne n'a ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de M. B, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

9. Si M. B soutient que cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, il n'assortit pas ce moyen d'éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 5 juin 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ducos-Mortreuil et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.

L'assesseure la plus ancienne

N. SARRAUTE

La présidente-rapporteure,

S. CHERRIERLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions