jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2307644 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | NACIRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 18 décembre 2023, le 8 janvier 2024 et le 20 septembre 2024, Mme D B, représentée par Me Naciri, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 novembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
- l'arrêté a été édicté par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne le refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 25 août 2023 ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'un vice de procédure en raison de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 25 août 2023 ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour sur lequel elle se fonde ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle elle se fonde ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 25 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 9 octobre 2024.
Mme B a été admise à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Lucas, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante nigériane née le 30 juillet 1989, déclare être entrée en France le 29 novembre 2015. Elle a bénéficié d'un titre de séjour en raison de son état de santé, valable jusqu'au 2 mai 2023, dont elle a sollicité le renouvellement le 3 mai 2023. Par un arrêté du 8 novembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle serait éloignée à défaut de se conformer à cette obligation.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Par une décision du 3 avril 2024, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué :
3. Par un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars suivant au recueil des actes administratifs spécial n° 31-2023-099 de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation à Mme C A, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions défavorables au séjour, les mesures d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ". Selon son article R. 425-13 : " () Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège. () Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle ". Aux termes de l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 susvisé : " () Cet avis mentionne les éléments de procédure. / Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. / L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
5. Il ressort de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 25 août 2023 et du bordereau de transmission de cet avis, versés à l'instance par le préfet de la Haute-Garonne, que cet avis a été rendu sur la base du rapport médical d'un quatrième médecin qui, conformément aux dispositions précitées, n'a pas siégé au sein de ce collège. En outre, l'avis porte la mention " Après en avoir délibéré, le collège des médecins de l'OFII émet l'avis suivant () ", ce qui atteste de sa collégialité. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure doit donc être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. () ".
7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
8. Pour refuser de renouveler le titre de séjour dont bénéficiait Mme B en raison de son état de santé, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'avis émis le 25 août 2023 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration dont il ressort que, si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins du système de santé de son pays d'origine, y bénéficier d'un traitement approprié et peut également voyager sans risque vers ce pays.
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme B souffre notamment d'hypertension artérielle sévère, d'une occlusion de la veine centrale de la rétine, de troubles mnésiques et de la compréhension et d'un syndrome anxiodépressif sévère.
10. D'une part, la requérante soutient que l'avis rendu par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sur son état de santé le 25 août 2023 était obsolète à la date de la décision attaquée dès lors qu'elle n'avait pas encore fait l'objet d'un diagnostic précis sur les causes des troubles cognitifs dont elle souffre. S'il ressort du certificat rédigé par un médecin généraliste le 31 mai 2023, dont a pris connaissance le médecin qui a établi le rapport destiné au collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que l'origine des troubles mnésiques et de la compréhension de la requérante devait faire l'objet d'examens complémentaires qui n'avaient pas eu lieu à la date de l'avis du 25 août 2023, il ne ressort en revanche pas des pièces du dossier que cette pathologie aurait évolué entre cette date et celle de la décision en litige au point de priver cet avis de sa pertinence. Par ailleurs, si la requérante produit un certificat médical du 14 décembre 2023, également rédigé par un médecin généraliste, qui fait état de " signes évoquant une complication cardiaque débutante " de sa pathologie d'hypertension artérielle qui auraient été découverts lors d'un examen en septembre 2023, ces éléments sont insuffisamment précis pour établir que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne se serait pas prononcé au vu de son état de santé effectif.
11. D'autre part, pour remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration selon lequel elle pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, la requérante produit un certificat médical établi par un médecin généraliste le 14 décembre 2023 qui fait état des pathologies dont elle souffre et du suivi médico-social dont elle bénéficie et reprend les données du rapport " MedCoi " d'avril 2022 relatif au système de santé au Nigéria, lesquelles font état d'un manque de médecins cardiologues, psychiatres et ophtalmologues, de difficultés d'accès à certains équipements médicaux dans les structures de soin primaires de ce pays et de pénuries de certains médicaments. Toutefois, ce document, qui fait état d'éléments généraux relatifs au système de santé nigérian, ne suffit pas à établir l'indisponibilité au Nigéria du suivi médical et des traitements médicamenteux dont bénéficie personnellement la requérante. En outre, si Mme B soutient qu'elle sera dépourvue de ressources financières et ne pourra ainsi pas prendre en charge le coût de son traitement, elle n'établit pas que l'activité de commerçante ambulante qu'elle exerçait avant son entrée sur le territoire français serait proscrite sur l'ensemble du territoire nigérian, ni qu'elle serait dans l'impossibilité d'exercer une autre profession pour subvenir à ses besoins et, le cas échéant, prendre en charge certains frais médicaux afin de bénéficier effectivement d'un traitement approprié à ses pathologies. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de renouveler son titre de séjour en qualité d'étranger malade pour le motif évoqué au point 8 du présent jugement, le préfet de la Haute-Garonne a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, ce moyen doit être écarté.
12. En troisième lieu, la requérante soutient que le préfet de la Haute-Garonne a entaché sa décision d'une erreur de droit dès lors qu'il lui a opposé, pour refuser de renouveler son titre de séjour en qualité d'étranger malade, sa condamnation pour des faits de proxénétisme en 2020, laquelle n'avait pas fait obstacle à l'octroi de ses précédents titres de séjour. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne a estimé, après avoir considéré que la requérante ne remplissait pas les conditions d'octroi d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'il n'y avait pas lieu de faire usage de son pouvoir de régularisation exceptionnelle pour lui accorder un titre de séjour, en raison notamment de sa condamnation en mai 2020 à un an d'emprisonnement pour des faits de proxénétisme aggravé. Il n'a ainsi pas entaché sa décision d'une erreur de droit. Par suite, ce moyen doit être écarté.
13. En quatrième lieu, Mme B, qui se prévaut d'une ancienneté de séjour en France de huit ans à la date de la décision attaquée, est célibataire et sans charge de famille sur le territoire français et ne justifie pas avoir noué de liens d'une particulière intensité sur le territoire français. En outre, si elle a travaillé en tant qu'agent de restauration dans un lycée pendant trois mois au cours de l'année 2023, elle ne justifie pas suffisamment de son insertion au sein de la société française. Enfin, il résulte de ce qui a été énoncé au point 11 du présent jugement qu'elle ne démontre pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié de ses pathologies au Nigéria. Dans ces conditions, en refusant de renouveler son titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé au point 5 du présent jugement que le moyen tiré de l'irrégularité de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 25 août 2023 doit être écarté.
15. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été énoncé précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour, doit être écarté.
16. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable à la date de la décision attaquée : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. / () ".
17. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 11 du présent jugement que la requérante ne démontre pas qu'elle ne pourrait pas bénéficier effectivement d'un traitement approprié de ses pathologies au Nigéria. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
18. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 13 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision en litige sur la situation personnelle de la requérante doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
19. En premier lieu, l'arrêté attaqué mentionne que la requérante n'établit pas être exposés à des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au Nigéria, ce qui suffit à motiver la décision fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
20. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été énoncé précédemment que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit être écarté.
21. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
22. Si la requérante fait état d'un risque d'absence de prise en charge médicale de ses pathologies en cas de retour dans son pays d'origine, il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'elle ne démontre pas la réalité d'un tel risque. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
23. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 8 novembre 2023. Sa requête doit donc être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Naciri.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026