mardi 19 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2307645 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BALG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 18 septembre 2023 et 10 octobre 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. C B, représenté par Me Balg, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour pendant une durée d'un an ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de motivation ;
- les décisions de refus de titre de séjour et d'interdiction de retour sur le territoire sont entachées d'erreur d'appréciation ;
- les décisions de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 5 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 avril 2024.
Par une ordonnance en date du 26 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Cherrier a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant nigérien né le 22 octobre 1999, est entré en France le 5 mai 2017, selon ses déclarations. Après que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire en date du 23 octobre 2019. N'ayant pas exécuté cette mesure, il a présenté une première demande d'admission exceptionnelle au séjour le 17 décembre 2019, qui a été rejetée par un arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 20 mai 2020, portant obligation de quitter le territoire français et fixation du pays de destination. Il a alors sollicité le réexamen de sa demande d'asile, ce qui a donné lieu à une décision d'irrecevabilité, avant de former une deuxième demande d'admission exceptionnelle au séjour, le 20 décembre 2021. Par un arrêté du 15 novembre 2023, dont il demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour pendant une durée d'un an.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué, en ce qu'il porte décision de refus de séjour, vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en particulier son article L. 435-1, et mentionne les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait par ailleurs état des éléments de fait propres à la situation du requérant justifiant, selon l'administration, le rejet de sa demande. Dans ces conditions, la décision portant refus de séjour, qui comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée. En application des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français, fondée sur le 3° de l'article L. 611-1, n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision de refus de titre de séjour, dès lors que celle-ci est suffisamment motivée. Enfin, l'arrêté attaqué, qui vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du même code et précise les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, atteste de la prise en compte des critères prévus par la loi et cette décision est par suite également suffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
4. Pour refuser d'accorder à M. B un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Haute-Garonne a estimé que sa présence en France depuis cinq ans, ainsi que la production d'une promesse d'embauche pour un poste de cuisinier dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée, alors qu'il est dépourvu de visa de long séjour et ne justifie d'aucune qualification ou expérience dans cet emploi, ne permettaient pas de caractériser un motif exceptionnel ou humanitaire, ce d'autant que l'intéressé a fait l'objet de deux mesures d'éloignement qu'il n'a pas exécutées. En se bornant à faire valoir que cet emploi porte sur un poste de cuisinier spécialisé dans la préparation de plat africains, secteur dans lequel les difficultés de recrutement seraient selon lui avérées, et à produire des bulletins de salaires correspondant à un emploi à mi-temps dans un restaurant, en qualité de cuisinier, il ne conteste pas utilement le motif de la décision en litige retenu par le préfet de la Haute-Garonne tiré de ce que sa situation ne relève ni de motifs exceptionnels, ni de circonstances humanitaires, au sens des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en rejetant sa demande d'admission exceptionnelle au séjour.
5. En troisième lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. Si M. B soutient qu'il dispose " d'attaches intenses au titre de sa vie privée en France ", où il vit depuis six ans, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de refus de titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français porteraient une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaîtraient ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. " Et aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que, pour prendre la décision d'interdiction de retour en litige, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'absence d'attaches en France de M. B, célibataire et sans enfant à charge, sa présence sur le territoire depuis le mois de mai 2017 et la circonstance qu'il s'est soustrait à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement. Eu égard aux éléments ainsi relevés, non sérieusement contestés par le requérant, qui ne produit aucune pièce permettant d'apprécier la durée de son séjour en France et se borne à soutenir qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public, le préfet de la Haute-Garonne, qui a suffisamment motivé sa décision, a pu légalement prononcer la mesure d'interdiction contestée et fixer sa durée à un an.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté préfectoral du 15 novembre 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M.Cn B, à Me Balg et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 novembre 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
N. SARRAUTE
La présidente-rapporteure,
S. CHERRIERLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026