mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2307659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | JOUBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces, enregistrés les 19 décembre 2023, 17 janvier, 1er mars et 19 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Joubin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, dans l'hypothèse où le requérant ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle a été introduite dans le délai de recours ; en effet, un contrat de réexpédition du courrier était en cours de validité ; il a été destinataire de l'arrêté le 5 décembre 2023 ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à sa situation et quant aux conséquences qu'elle emporte sur sa situation personnelle ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle viole les stipulations du 1° de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le délai de départ volontaire :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale ;
- elle est entachée d'erreur de droit, dès lors que le préfet de la Haute-Garonne a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et au regard de sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable pour tardiveté ;
- et que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
M. A bénéficie de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Soddu, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant Algérien, né le 27 avril 1998 à Mostaganem (Algérie) est entré en France selon ses déclarations le 27 avril 2019. Par une décision définitive du 16 septembre 2020, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Par un arrêté du 8 décembre 2020 le préfet de la Haute-Garonne a obligé M. A à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Le 26 avril 2022, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " I. Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. (). ".
3. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation (). ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de sa demande de titre de séjour datée du 15 avril 2022, M. A a indiqué à la préfecture de Haute-Garonne une adresse postale au " 51 rue de la Faouettes- appartement 47- 31 100 Toulouse ". L'arrêté attaqué du 26 octobre 2023, qui comporte la mention des délais et des voies de recours, a été notifié au requérant à l'adresse ainsi indiquée par lettre recommandée avec avis de réception présentée le 3 novembre 2023, comme en atteste le détail de l'acheminement produit en défense. Ce pli recommandé est toutefois revenu à la préfecture de la Haute-Garonne le 22 novembre 2023 avec la mention " pli avisé et non réclamé ". Il est constant que le requérant n'habitait plus à la date de décision attaquée à l'adresse indiquée, qu'il était logé chez une tierce personne au 45 rue Charles Géniaux sur Toulouse et qu'il n'a pas déclaré ce changement d'adresse à la préfecture de la Haute-Garonne. Par ailleurs, si le requérant soutient qu'il a souscrit un contrat de réexpédition auprès de la poste, ainsi que le fait valoir le préfet, il ne ressort pas des pièces du dossier que les services postaux n'ont pas respecté le contrat de réexpédition du requérant, qui n'a signalé aucune anomalie auprès de la Poste. Dès lors, nonobstant le contrat de réexpédition du courrier souscrit auprès de la Poste pour la période du 4 mai au 30 novembre 2023 et alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que le pli a été mis en instance au bureau de poste dont dépend sa nouvelle adresse, la notification de l'arrêté attaqué doit être regardée comme ayant été régulièrement effectuée le 3 novembre 2023, date de présentation du pli ayant fait courir le délai de recours de trente jours prévus par les dispositions précitées de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La circonstance que, sur demande du requérant, les services de la préfecture aient de nouveau adressé l'arrêté en litige à M. A par courrier électronique le 5 décembre 2023, n'est pas de nature à modifier la date à compter de laquelle le délai de recours contentieux a commencé à courir à l'encontre de M. A. Dans ces conditions, au 19 décembre 2023, date d'enregistrement de sa requête, le délai de trente jours prévus par les dispositions précitées de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré, ainsi que l'a relevé le préfet de la Haute-Garonne en défense. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être accueillie.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Joubin et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO.
La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026