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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2307752

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2307752

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2307752
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPLAZOLLES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête de Mme A B, qui demandait la communication de documents par l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla et une indemnité pour atteinte à son droit de propriété. Le juge a considéré que les conclusions à fin d'injonction, présentées à titre principal, étaient manifestement irrecevables en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, le juge ne pouvant être saisi de telles demandes de manière autonome. Les conclusions indemnitaires, introduites après l'expiration du délai de recours de deux mois et non assorties de moyens, ont également été jugées irrecevables sur le fondement de l'article R. 222-1 du même code. Enfin, les demandes de frais d'instance ont été rejetées, aucune somme n'étant mise à la charge de l'association.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2023, et un mémoire, enregistré le 6 mai 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'enjoindre au président de l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla de lui communiquer, dans un délai d'un mois suivant le jugement à intervenir, et sous astreinte de 200 € par jour de retard, les procès-verbaux des assemblées générales de ladite association sur lesquels son nom figurerait en qualité d'adhérente, les convocations à ces assemblées générales, le ou les bulletins par lesquels elle aurait adhéré à cette association ainsi que les feuilles de présence à ces assemblées générales sur lesquelles figurerait sa signature ;

2°) de condamner ladite association à lui verser une somme de 1 000 € au titre de l'atteinte à son droit de propriété ;

3°) de mettre à la charge de cette même association une somme de 2 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par mémoire en défense, enregistré le 23 février 2024, la commune de Merens-les-Vals, conclut au rejet de la requête.

Par mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2024, l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla, représentée par Me Plazolles, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 3 000 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

2. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne dispose de pouvoirs d'injonction qu'à titre accessoire et ne peut, par suite, être saisi de conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal. Il s'ensuit que les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint au président de l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla de communiquer à Mme B les procès-verbaux des assemblées générales de ladite association sur lesquels son nom figurerait en qualité d'adhérente, les convocations à ces assemblées générales, le ou les bulletins par lesquels elle aurait adhéré à cette association ainsi que les feuilles de présence à ces assemblées générales sur lesquelles figurerait sa signature, lesquelles sont présentées à titre principal, sont manifestement irrecevables et doivent ainsi être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions tendant à ce que cette injonction soit assortie d'une astreinte.

Sur les conclusions indemnitaires :

4. Dans le cadre de sa requête introductive d'instance, enregistrée le 20 décembre 2023, Mme B se bornait à présenter les conclusions à fin d'injonction évoquées au point précédent. Si, par mémoire, enregistré 6 mai 2024, elle a également sollicité la condamnation de l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla à lui verser une somme de 1 000 € au titre de l'atteinte à son droit de propriété, ces conclusions constituent des conclusions nouvelles présentées au-delà du délai de recours contentieux, lequel, d'une durée de deux mois, a commencé à courir, au plus tard, à la date d'enregistrement de sa requête. Par suite, elles sont manifestement irrecevables. Au surplus, alors que les dispositions de l'article R. 411-1 exigent, à peine d'irrecevabilité, qu'une requête contienne, notamment, l'exposé de moyens, Mme B n'a développé aucun moyen au soutien de ses conclusions indemnitaires. Pour ce second motif, ces conclusions sont également manifestement irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de la requête doivent être rejetées sur le fondement des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Sur les frais d'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association foncière pastorale défenderesse la somme demandée, à ce titre, par la requérante. En outre, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par ladite association.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'association foncière pastorale de Merens Les Vals-Le Souleilla sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à la commune de Mérens-les-Vals et à l'association foncière pastorale de Merens Les Vals- Le Souleilla.

Fait à Toulouse le 2 décembre 2024.

La présidente de la 6ème chambre,

M-O. MEUNIER-GARNER

La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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