vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2400292 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2024, Mme B D épouse E C, représentée par Me Ouddiz-Nakache, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 décembre 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté la demande de regroupement familial qu'elle a présentée au bénéfice de son époux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de faire droit à la demande de regroupement familial qu'elle a présentée au bénéfice de son époux sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ou à défaut, de réexaminer sa situation dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, faute d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 434-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle et celle de son époux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D épouse E C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lucas, rapporteure,
- et les observations de Me Ouddiz-Nakache, représentant Mme D épouse E C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, ressortissante algérienne née le 14 mars 1977, est titulaire d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans valable jusqu'au 7 novembre 2032. Le 26 janvier 2023, elle a sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de son époux, M. F E C. Par une décision du 18 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de faire droit à sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. S'il résulte de ce qui a été énoncé au point précédent du présent jugement que la requérante a sollicité le bénéfice du regroupement familial au profit de M. E C, né le 1er janvier 1987, qu'elle a épousé le 6 août 2022, la décision attaquée mentionne que sa demande de regroupement familial concerne M. F A, né le 3 juin 1986, dont elle est divorcée depuis 2018. Eu égard à cette erreur sur l'identité du membre de la famille de Mme D épouse E C concerné par la demande de regroupement familial, qui ne peut être regardée comme une erreur de plume, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un défaut d'examen de sa demande.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme D épouse E C est fondée à demander l'annulation de la décision du 18 décembre 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
4. Eu égard au motif d'annulation retenu par le présent jugement, il y a seulement lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer la demande de regroupement familial présentée par Mme D épouse E C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a en revanche pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à Mme D épouse E C sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de la Haute-Garonne du 18 décembre 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer la demande de regroupement familial présentée par Mme D épouse E C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme D épouse E C la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D épouse E C, au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
La rapporteure,
E. LUCAS
Le président,
P. GRIMAUD
La greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026