jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2400338 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés 19 janvier et 22 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Sadek, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le paiement d'une somme de 1 500 euros.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision dans son ensemble
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un examen individualisé de sa situation ;
- elle n'est pas assortie d'une mesure de placement en rétention administrative ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de son enfant ;
- elle la prive d'une chance d'être régularisée au titre de son activité professionnelle ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination
- elle est insuffisamment motivée ;
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire
- le préfet de la Haute-Garonne méconnaît son droit à la dignité et aurait dû lui accorder un délai de départ volontaire supérieur à trente jours ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité qui affecte la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Pétri.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante albanaise née le 24 avril 1972, déclare être entrée en France le 23 août 2016. La demande d'asile qu'elle a formée le 26 octobre 2016 a été définitivement rejetée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 28 novembre 2017. Elle a sollicité son admission au séjour pour motif de santé le 5 octobre 2018. Par un arrêté du 28 mai 2019, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et a prononcé une obligation de quitter le territoire français. Mme B a sollicité son admission exceptionnelle au séjour le 11 mars 2020. Par un arrêté du 22 décembre 2020, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande et a prononcé une obligation de quitter le territoire français ainsi qu'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois. Mme B a sollicité une nouvelle fois son admission exceptionnelle au séjour le 8 juillet 2022. Par un arrêté du 18 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cet arrêté.
En ce qui concerne l'arrêté dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023 publié le 15 mars 2023 au recueil des actes administratifs spécial (n° 31-2023-099) de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a consenti une délégation au bénéfice de Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer les décisions de refus d'admission au séjour des étrangers, les décisions d'éloignement et les décisions les assortissant. En outre, la délégation de signature n'est pas subordonnée à l'absence ou à l'empêchement du préfet. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle n'était plus valable à la date de la décision attaquée. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit par suite être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police. ". Selon l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. La décision attaquée vise notamment les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait en outre état du parcours de Mme B depuis son entrée sur le territoire français ainsi que de sa situation personnelle. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde et, par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas réalisé un examen individualisé de sa situation.
6. En quatrième lieu, le moyen tiré de ce que la décision en litige n'est pas assortie d'une mesure de rétention administrative, au demeurant peu précis, est inopérant et doit être écarté.
7. En cinquième lieu, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Mme B se prévaut de sa présence en France depuis 2016, de la présence en France également de son époux, de son fils mineur et de ses deux filles majeures, de la scolarisation en France de son fils mineur depuis l'année scolaire 2016-2017, et de sa volonté d'insertion par le travail et une activité bénévole notamment. Il ressort des pièces du dossier que Mme B se maintient sur le territoire français de manière irrégulière depuis le 28 mai 2019, date à laquelle l'autorité préfectorale a édicté une première mesure d'éloignement à son encontre. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B n'a exécuté ni cette première mesure, ni celle édictée le 22 décembre 2020. En outre, il n'est pas contesté que son époux et l'une de ses filles majeure sont en situation irrégulière et font l'objet d'une mesure d'éloignement. La circonstance que l'une de ses filles majeures se trouve en situation régulière n'est pas de nature à lui conférer un droit au séjour. Par ailleurs, Mme B n'établit l'existence ni d'une autorisation de travail ni de ressources financières suffisantes. Enfin, Mme B n'apporte aucun élément susceptible de faire obstacle à la reconstitution de sa cellule familiale dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de 44 ans, et à la poursuite de la scolarité de son fils, compte tenu de son âge, dans ce pays. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
10. Il résulte de ce qui a été dit au point 8 que les éléments produits par la requérante ne sont pas de nature à caractériser l'intensité, l'ancienneté et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France, de même que ses conditions d'existence et son insertion dans la société française, au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
11. En septième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle de Mme B doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 8 et 10.
12. En huitième lieu, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant prévoit prévoit que : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
13. Ainsi que cela a été dit au point 8, aucun élément ne fait obstacle à ce que l'enfant mineur de Mme B, Samuel, poursuive sa scolarité en Albanie, compte tenu de son âge ainsi que de la circonstance que leur cellule familiale a vocation à se reconstituer dans ce pays. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que l'autorité préfectorale a méconnu l'intérêt supérieur de son enfant.
14. En dernier lieu, selon l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ".
15. Il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de la Haute-Garonne a examiné la régularisation de la situation de Mme B en prenant en considération sa situation professionnelle. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été privée d'une chance d'être régularisée au titre de son activité professionnelle, étant en outre précisé que par les pièces qu'elle produit, elle ne démontre l'existence ni d'une considération humanitaire ni d'un motif exceptionnel au sens et pour l'application des dispositions citées au point 14. Par ailleurs, il est constant que la requérante ne bénéficie pas d'une autorisation de travail et exerce ainsi une activité professionnelle de manière illégale. Enfin, ni les dispositions qui viennent d'être citées, ni aucune autre disposition législative ou réglementaire n'imposent au préfet saisi d'une demande de régularisation au titre d'une activité professionnelle de saisir au préalable pour avis les services du ministère de l'emploi. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
16. En premier lieu, selon l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour () ". Selon l'article L. 613-1 de ce même code : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués. ".
17. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, si elles imposent de motiver l'obligation de quitter le territoire français, elles la dispensent d'une motivation spécifique en cas de refus de titre de séjour. Dans cette hypothèse, la motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français se confond avec la motivation de la décision portant refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, dès lors que ce refus est lui-même motivé et que les dispositions législatives qui permettent d'assortir ledit refus d'une obligation de quitter le territoire français ont été rappelées, une motivation particulière.
18. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que la décision portant refus de titre de séjour doit être regardée comme étant suffisamment motivée. Compte tenu de cet élément, la décision portant obligation de quitter le territoire français doit également être regardée comme étant suffisamment motivée.
19. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 2 à 15 que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
20. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 8.
21. En quatrième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux retenus au point 13.
22. En dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux retenus aux points 9 et 15.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
23. La décision fixant le pays de destination vise notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et la circonstance que Mme B n'établit pas être exposée à des traitements contraires à de telles stipulations en cas de retour dans son pays d'origine, au vu notamment du rejet de sa demande de protection internationale. Par suite, elle est suffisamment motivée.
En ce qui concerne la décision fixant un délai de départ volontaire :
24. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. ".
25. Dès lors que le délai de trente jours constitue le délai de départ de droit commun pour l'exécution d'une obligation de quitter le territoire français et que Mme B n'apporte aucun élément probant de nature à justifier l'octroi d'un délai plus long, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a méconnu son droit à la dignité en refusant de lui accorder un tel délai.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
26. En premier lieu, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans vise les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que compte tenu des deux précédentes mesures d'éloignement prises à l'encontre de Mme B et de la nature et de l'ancienneté de ses liens en France, une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale. Elle doit par suite être regardée comme étant suffisamment motivée.
27. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 16 à 22 que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
28. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
29. Ainsi que cela a été dit aux points 8 et 10, Mme B s'est soustraite à l'exécution de deux précédentes mesures d'éloignement et ne justifient ni de l'intensité ni de l'ancienneté de ses liens avec la France. Il ressort en outre des pièces du dossier qu'elle s'est soustraite à une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de six mois prononcée le 22 décembre 2020. Dès lors, la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans n'est pas disproportionnée.
30. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Sadek et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026