LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2400536

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2400536

mardi 26 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2400536
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 janvier 2024, M. D A, représenté par Me Cazanave demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour et de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir,

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil sur le fondement des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991 sur l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'autorité préfectorale s'est estimée liée par les décisions de rejet de sa demande d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mars 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec,

- les observations de Me Cazanave, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et qui produit à l'audience une attestation psychologique concernant l'intéressé établie le 7 juillet 2023 et un certificat d'un médecin légiste établi le 10 juillet 2023, dont il indique qu'ils n'ont pas été produits devant les autorités en charge de l'examen de sa demande d'asile,

- les observations de M. A, assisté de Mme B C, interprète en langue bengalie, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant bangladais, né le 21 mai 1995 à Sylhet (Bangladesh), déclare être entré sur le territoire français le 6 août 2022. Il a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile auprès de la préfecture de police de Paris. Sa demande d'asile a été enregistrée le 9 septembre 2022. Par une décision du 23 janvier 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté cette demande. La Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce rejet par une décision du 24 octobre 2023. Par un arrêté du 17 janvier 2024, le préfet du Tarn a obligé l'intéressé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. En premier lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré.

Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été entendu par les services de police le 17 janvier 2024. Il a été informé, à cette occasion, qu'il était susceptible de faire l'objet d'une décision d'éloignement vers son pays d'origine et il a été invité à formuler des observations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu doit être écarté.

5. En second lieu, il ne ressort ni des mentions figurant dans les décisions attaquées, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation personnelle de M. A avant de prononcer les décisions litigieuses. Par suite, les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

6. En l'espèce, M. A qui déclare être entré en France le 6 août 2022, n'a été admis au séjour que le temps de l'examen de sa demande d'asile, qui a été définitivement rejetée par la Cour nationale du droit d'asile le 24 octobre 2023. La circonstance que M. A bénéficie depuis le 23 décembre 2023 d'un contrat de travail à durée indéterminée avec la société SAS Novalbi en qualité d'employé polyvalent de restaurant et qu'il produit un bulletin de salaire pour le mois de décembre 2023, ne peut, à elle-seule, justifier d'une intégration sociale et professionnelle particulière sur le territoire français. Enfin l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches au Bangladesh où résident, selon ses déclarations devant les services de police, les membres de sa famille. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle emporte sur la situation du requérant. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

7. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant fixation du pays de renvoi doit être écarté.

8. En second lieu, selon l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants ". Et selon l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".

9. Le requérant soutient qu'en raison de son orientation sexuelle, il serait exposé à des traitements contraires aux stipulations et dispositions précitées en cas de retour au Bangladesh, pays qui réprime pénalement les relations entre personnes de même sexe. Il indique avoir noué une relation amoureuse avec un compatriote, en 2020, et précise qu'ils ont été surpris et que la scène a été filmée et publiée sur internet. Le requérant mentionne qu'après la révélation de son orientation sexuelle, il a été menacé et a subi des violences de la part de sa famille. Il indique également avoir été agressé physiquement en juillet 2020 par le frère de son compagnon. Enfin, M. A soutient que son compagnon a disparu le 3 février 2021 et qu'il a été accusé de meurtre. Toutefois, en produisant lors de l'audience publique une attestation établie le 7 juillet 2023 par une psychologue clinicienne indiquant l'avoir reçu deux fois en consultation et mentionnant que l'intéressé souffre d'un syndrome de stress post-traumatique sévère associé à un syndrome anxio-depressif suite à des évènements vécus dans son pays et un certificat établi le 10 juillet 2023 par un médecin légiste constatant des cicatrices sur le corps du requérant compatibles avec les faits allégués, l'intéressé n'apporte pas d'éléments permettant d'établir qu'il serait personnellement et actuellement exposé à des risques réels en cas de retour au Bangladesh, alors qu'au demeurant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de la violation des stipulations et dispositions citées au point précédent doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le préfet du Tarn, qui ne s'est pas estimé lié par les décisions de rejet de la demande d'asile de M. A, n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences que la décision emporte sur la situation personnelle du requérant. Par suite, les moyens invoqués à cet égard doivent être également écartés.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Tarn en date du 17 janvier 2024.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions relatives à l'injonction doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Cazanave la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Cazanave et au préfet du Tarn.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.

Le magistrat désigné,

B. LE FIBLEC La greffière,

L. FRANCO

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions