lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2400737 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 7 février 2024 sous le n°2400737 et des pièces enregistrées le 14 mars 2024, M. D G, représenté par Me Soulas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de l'admettre au séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens et le versement de la somme de 2 000 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi de 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle, de lui verser cette somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code précité.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;
En ce qui concerne la décision portant sur le refus d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 7 février 2024 sous le n°2400738 et des pièces enregistrées le 14 mars 2024, Mme C F, représentée par Me Soulas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 décembre 2023 par lequel le préfet du Tarn a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de l'admettre au séjour dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens et le versement de la somme de 2 000 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi de 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle, de lui verser cette somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code précité.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;
En ce qui concerne la décision portant sur le refus d'un titre de séjour :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 425-9 et L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'incompétence négative dès lors que le préfet s'est estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Zabka, conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les observations de Me Soulas, représentant Mme F et M. G, qui conclut aux mêmes fins et aux mêmes moyens.
- les observations de Mme F et M. G, assistés de Mme I, interprète en langue arménienne, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction pour les requêtes susvisées a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme F et M. G, ressortissants russes, déclarent être entrés sur le territoire français le 23 mai 2019. Ils ont sollicité leurs admissions au bénéfice de l'asile le
21 juin 2019, demandes rejetées respectivement les 23 et 26 mars 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides statuant en procédure accélérée. Par deux décisions du 2 mai 2022 la Cour nationale du droit d'asile a confirmé les rejets de leurs demandes d'asile. Après qu'ils ont sollicité leur admission au séjour au regard de l'état de santé de leur fils mineur, B, et que l'autorité préfectorale a rejeté leurs demandes, ils ont fait l'objet de deux décisions portant obligation de quitter le territoire français en date du 9 juin 2022 et annulées par le tribunal administratif de Toulouse par un jugement du 3 octobre 2022, enjoignant de réexaminer la situation des requérants. Par deux arrêtés 14 décembre 2023, le préfet du Tarn a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi de ces mesures d'éloignement. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
2. Les requêtes n° 2400737 et n° 2400738 concernent les deux membres d'un même couple et présentent à juger les mêmes questions. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
4. Par un arrêté du 10 octobre 2023 publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs, le préfet du Tarn a donné délégation de signature à M. Sébastien Simoes, secrétaire général de la préfecture du Tarn, à l'effet de signer tous les arrêtés et documents administratifs ainsi que toutes les décisions, mesures et correspondances courantes établies en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des arrêtés contestés doivent être écartés.
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
5. En premier lieu, les arrêtés attaqués comportent les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de séjour motivé. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces des dossiers ni des termes des arrêtés attaqués que le préfet n'a pas procédé, comme il est tenu de le faire, à l'examen des situations des requérants. Par ailleurs, il ne ressort pas non plus des termes des arrêtés attaqués que le préfet du Tarn se serait estimé lié par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 19 octobre 2023. A cet égard, comme le relèvent d'ailleurs les requérants, les arrêtés en litige n'utilisent pas la locution adverbiale " dès lors ". Les moyens soulevés à ces égards doivent donc être écartés.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du même code : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ". Et aux termes de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".
8. Pour refuser de délivrer aux requérants les titres de séjour sollicités, le préfet du Tarn a, après avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 19 octobre 2023, estimé que si l'état de santé de leur fils B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, l'intéressé peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Pour contredire le motif opposé par les décisions du préfet, les requérants produisent notamment un certificat médical du Docteur E, médecin du sport, trois comptes rendus du Docteur H, du service de pédiatrie du centre hospitalier général d'Albi, une évaluation des troubles du spectre de l'autisme par le Docteur J, psychiatre au sein de la fondation Bon Sauveur d'Alby qui, tous antérieurs à l'avis du collège des médecins de l'Office du 19 octobre 2023, font état de la gravité de l'état de santé de B, sans toutefois se prononcer sur l'impossibilité pour ce dernier de bénéficier de soins adaptés en Russie. Par ailleurs, si les requérants versent au dossier deux certificats médicaux établis par les Docteurs Cheuret et E, cette fois postérieurement à l'avis du collège de médecins de l'Office, aucun ne se prononce sur la disponibilité des soins dont doit pouvoir bénéficier B en Russie. En outre, le préfet du Tarn produit en défense la liste des médicaments disponibles en Russie sur laquelle figure notamment le Lamictal et la Depakine qui sont utilisés pour le traitement de B. Ainsi, les éléments médicaux produits par les requérants ne sont pas de nature à remettre en cause les motifs des décisions contestées.
Par suite, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation dirigés contre les décisions portant refus de séjour doivent être écartés.
9. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
10. En l'espèce, les requérants font valoir qu'ils séjournent habituellement en France depuis le 23 mai 2019 que leur fils aîné, A, est scolarisé depuis son arrivée sur le territoire national à Albi et que leur fils B fait l'objet d'un suivi médical depuis son arrivée en France. Toutefois, les intéressés ne démontrent pas être dépourvus d'attaches dans leur pays d'origine, la Russie, et ne justifient pas d'une particulière intégration sur le territoire national. En outre, d'une part, les requérants n'établissent pas que leur fils A ne pourrait pas poursuivre sa scolarité en Russie, dans des conditions normales et, d'autre part, il résulte de ce qui a été dit au point 8 du présent jugement que leur fils B peut bénéficier d'un traitement médical approprié en Russie. Dès lors, et alors que rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale qu'ils forment avec leurs trois enfants se reconstitue en dehors de la France, et notamment en Russie, le préfet du Tarn n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit des requérants au respect de leur vie privée et familiale et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, les arrêtés attaqués ne sont pas entachés d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de leurs conséquences sur les situations personnelles des requérants.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que les décisions portant refus de titre de séjour ne sont pas illégales. Par suite, les moyens tirés du défaut de base légale des décisions portant obligation de quitter le territoire français doivent être écartés.
12. En deuxième lieu, les arrêtés en litige comportent les considérations de droit et de fait qui constituent les fondements des décisions portant obligations de quitter le territoire. Les moyens soulevés à cet égard doivent donc être écartés.
13. En troisième lieu, il ne ressort ni des pièces des dossiers ni des termes des décisions attaquées que le préfet n'aurait pas procédé, comme il y est tenu à l'examen des situations personnelles des requérants ou qu'il se serait cru à tort en situation de compétence liée pour édicter ces décisions. Les moyens soulevés à cet égard doivent donc être écartés.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié () "
15. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 du présent jugement, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les décisions attaquées méconnaîtraient les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées.
16. En cinquième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 du présent jugement, les décisions portant obligation de quitter le territoire ne méconnaissent pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ne sont pas entachées d'erreurs manifestes d'appréciation des situations des requérants.
En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de renvoi :
17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas illégales. Par suite, les moyens tirés du défaut de base légale des décisions portant fixation du pays de renvoi doivent être écartés.
18. En deuxième lieu, les arrêtés attaqués visent les textes dont ils font application, notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Ils précisent que les intéressés n'établissent pas être exposés à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans leur pays d'origine. Dès lors, les décisions attaquées sont suffisamment motivées.
19. En troisième et dernier lieu, les moyens soulevés par les requérants tirés de la violation de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme des libertés fondamentales ne sont pas assortis des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. Ils doivent dès lors être écartés.
20. Il résulte de ce tout qui précède que Mme F et M. G ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet du préfet du Tarn du 14 décembre 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
21. Le présent jugement rejette les conclusions à fin d'annulation et n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés aux litiges :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Soulas la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
23. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme F et M. G sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme F et M. G sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F, à
M. D G à Me Soulas et au préfet du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
Le magistrat désigné,
N. ZABKA La greffière,
V. BRIDET
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2400737, 2400738
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026